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  • Drappier faisait déjà du champagne rosé en 1964

    Cette année-là, Brejnev remplaçait Khrouchtchev, sur les écrans sortait le Docteur Folamour et Montand chantait La Vie en Rose. Bref, c'était un autre siècle.

    Et on l'a bel et bien enterré ce bon vieux XXe siècle. Pourtant, il faut se rappeler qu'il a été capable de produire des pépites qui ont traversé le changement de millénaire et qui se goûtent avec intérêt 50 ans plus tard. Ainsi ce champagne rosé de chez Drappier vendange 1964 débouché pour entrer de bon pied dans cette année 2013. Dégorgé en 2011, il a conquis les palais chanceux grâce à un nez frais et épicé et surtout grâce à ce joli coté cognac, très plaisant, encore très frais. Le 31 décembre, on ne mange rien pour l'accompagner, on le boit en apéro pour lui seul et sans attendre minuit.

    photo.JPGMais ces notes de dégustation ont relativement peu d'importance. Ce qui nous intéresse, c'est la raison pour laquelle cette bouteille s'est retrouvée sur notre table un demi-siècle après sa production. C'est entendu, aujourd'hui la mode est au champagne rosé ; mais était-ce déjà le cas en 1964 ? N'y a-t-il pas eu une certaine audace de produire ce flacon à l'époque ? Et le champagne rosé n'est-il pas comme le rosé tranquille un vin à boire rapidement ? Nous avons posé la question à Michel Drappier, qui avait 5 ans en 1964 et qui dirige le domaine désormais.

    "J'ai de vagues souvenirs d'une belle vendange ensoleillée en culottes courtes, donc c'est mon père qui m'a donné les éléments de réponse. Il y avait effectivement peu de rosés dans les années 1960 et c'est en 1968 que notre rosé, baptisé Val Demoiselle, est sorti de nos caves. C'est ma mère, Micheline, décédée en 2006 qui a eu l'idée d'un champagne rosé.

    Compte-tenu de la très belle saison végétative de 1964, mon père (86 ans et toujours présent au domaine) a eu l'idée d'essayer ce rosé de saignée, corrigé avec du blanc, le tout en pinot noir. L'état sanitaire des raisins était parfait, une acidité totale assez élevée. Nous avions conservé un millier de bouteilles seulement. Il n'en reste que quelques dizaines dans l'œnothèque. Les bouteilles ont été remuées vers 1968 et conservées sur pointe, ce qui ralentit le vieillissement et dans l'obscurité car le problème numéro un avec une bouteille blanche, c'est l'oxydation lumineuse. La bouteille transparente était l'idée de maman pour une question esthétique et commerciale mais inadaptée à une longue conservation. Nous ne le savions pas à l'époque. La maturation s'est bien déroulée puisque nous n'avons eu aucun goût de lumière. Les vins sont dégorgés au fur et à mesure des sorties et la date figure sur l'étiquette. Ce rosé est donc un coup d'essai dont nous avons voulu étudier le vieillissement."

    Sébastien Lapaque dans son salvateur ouvrage Petit Lapaque des vins de copains insiste sur le fait que la maison Drappier n'en finit pas de nous étonner. Après cette bouteille, le prochain défi s'annonce particulièrement complexe à relever.

    (Enfin, un grand merci à Olivier qui a cassé sa tirelire pour l'achat de cette sensationnelle bouteille).

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  • Deux repas arrosés ce dimanche

    A midi, un coup de champagne classe. La dernière bouteille de Grande Sendrée 2000, la cuvée qui n'a jamais été aussi fine.

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    Avec l'estomac de cochon farci, le saint-émilion naturel du Château Meylet année 1990. Un peu éteint au début mais qui se revigore par la suite, il devient un vin de grande classe, digeste et dégraissant. Le prototype du "vin fin", vocable qu'utilisaient à l'époque les bonnes épiceries.

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    Question digestifs, on a sorti trois jolies et sacrées bouteilles. La poire de la distillerie Maucourt en Moselle (on en reparlera) et celle de chez Manguin à Avignon. Si désormais je connais bien la première, j'avoue que la seconde est une très belle surprise. Jamais entendu parler de Manguin malgré mes séjours dans ce coin de la France. C'est incroyablement fruité et acéré, sans avoir le feu de l'alcool. A côté, le roi du cognac, celui de la famille Estève toujours aussi caressant. 

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    Le soir même, Thomas apporte un petit bourgogne qui coule vraiment très bien (bourgogne La Taupe 2008 de Hubert Chavy). Un cran au-dessus évidemment (mais pas de photo), ce fut le volnay 2007 de Rebourgeon-Mure qui me semble maintenant bien mûr.

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    En guide de dessert, les pruneaux à l'armagnac de Dartigalongue dont j'ai expliqué ici la prouesse gustative, à base de vrai sirop, de vrai armagnac et de vrais pruneaux. Effectivement, ça change tout. Facilité du sucre, amerture du pruneau gorgé et acidité apportée par l'alcool : c'est incroyable...

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  • Joyeux vinniversaire !

    Lorsqu'un blogueur déboule à la maison pour une dégustation et qu'il fête son anniversaire le jour même, on prend le soin de mettre au frais un champagne Drappier Carte d'Or certes, mais millésimé 1995. Elevage de 15 ans (dégorgé en février 2010) qui n'est pas du tout intrusif, le jus est bien vivace. Les réactions ont été très positives parmi les connaisseurs. Déjà à l'époque...

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    Autre bouteille assez inconnue, ce vin blanc du Portugal Mux Branco 2009 du domaine Muxagat Vinhos do Douro. Elle nous a été offerte par Raphaël Gonzalez (Clos des Cîmes) car le producteur portugais fait partie de sa belle association Jeunes vignerons d'Europe. Raphaël m'avait laissé un moyen mnémotechnique pour retenir le nom du cépage : "il suffit de se souvenir de Rabbi Jacob : le cépage, c'est le rabigato". C'est puissant mais enveloppant, pas du tout sucré. Moi, j'ai beaucoup aimé ce blanc ensoleillé pas putassier ni trop amer. Goûté deux jours plus tard, il est assagi, comme un miel sans sucre selon le mot du Bicéphale Buveur qui l'a déjà goûté.

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    Autre blanc que j'aime particulièrement, Les Moyens du Bord, de La Grange Aux Belles. Autour de la table, le débat s'est enflammé sur ce nez de pomme verte caractéristique de pas mal de vins blancs naturels. Moi, j'avoue que cela ne me dérange pas : c'est vif, propre, parfumé et effectivement assez particulier. A 17 euros le magnum chez Morapio y Papeo, c'est un vin de copain des plus sympathiques. Goûté deux jours plus tard, lui aussi s'est calmé sur sa pomme verte mais subsiste le caractère pointu du chenin. Me reste à ouvrir le petit frère en rouge.

    N'oublions pas un côte-roannaise 2005 d'un de mes chouchous, Lapandéry. Tout à la fois croquant et complexe, il n'a pas convaincu que moi... On est totalement dans le vin anti bling-bling. A quand la verticale 2009, 2008, 2007, 2006, 2005 ? Et d'ailleurs, j'y ajouterai une surprise !

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    Et sinon, côté dégustation proprement dite, y avait ça...

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  • Champagne et rosé

    Un soir d'août, deux bouteilles insolites. Le champagne Drappier 1995, dégorgé en 2010. Terriblement beurré, incroyablement fin, encore tout plein de vie. Bien meilleur que lors du premier débouchage l'an dernier.

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    Pomponette, le rosé d'Anthony Tortul (La Sorga). Vin un peu léger ce jour-là : manque de fruit et de complexité en général. On le goûtera à nouveau parce que c'est un domaine que j'affectionne particulièrement.

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  • Trente ans et toutes ses quilles

    Pour le trentième anniversaire d'Olivier, c'est durant tout un week-end que nous avons descendu maintes et maintes quilles, au hasard et souvent. Ou comment Vernon a vu arriver une escadrille de vins naturels (on aurait pu ouvrir une cave). Petite revue des troupes.

    Olivier et moi avons fait livrer une vingtaine de quilles de chez Drappier, ça va donc défiler. Normal donc de commencer le défilé ce vendredi soir avec le Général. Si Jules Chauvet lui fournissait son beaujolais ordinaire, c'est Drappier qui l'approvisionnait en bulles. En hommage, une cuvée Charles de Gaulle (80 % pinot noir, 20 % chardonnay, ici en version 2006) qui existe depuis 1990 : j'ai déjà dit que ce n'était pas du tout une cuvée marketing. Par contre, il parait moins citronné que les autres fois, comme s'il venait d'être dégorgé il n'y a pas si longtemps. Il faudra attendre que les autres bouteilles prennent leurs marques.

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    Un magnum de Au Hasard et Souvent, de Jean-Christophe Comor dont j'ai déjà dit beaucoup de bien ici, tout en expliquant ce que c'était. Servi à bonne température, c'est encore plus terrible que la première fois... Comme si la vigne se levait et pressait elle-même son raisin, avec ses petits bras musclés. Quoi ? Je délire ?

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    Le lendemain midi, pour se remettre les papilles en place, on ressort les vieux dossiers. Voici l'une des bouteilles qui m'a irrésistiblement attiré vers le vin naturel. Le bourgogne à Ligoter (tirage de printemps, 2010) des De Moor. On pourrait le croire parent pauvre des autres grands blancs de la région : non, ça m'excite plus que d'autres bouteilles plus chères et déjà mortes. Indice de torchabilité extrême, mais avec une bouteille pour 10 personnes, ça devient tout de suite plus compliqué...

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    Ce samedi midi, on est vraiment gâté. Le morgon 2007 de Marcel Lapierre, en magnum. Unanimité intergénérationnelle autour de la table. Ai-je encore besoin d'ajouter quelque chose ?

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    Du fin fond de la cave du père d'Olivier, nous avons remonté un roussillon rouge, Mas Crémat 1995. Franchement, on s'attendait à un truc mort de chez mort mais non, ça pulse encore. Plus raide évidemment que les bouteilles débouchées depuis le début du séjour, mais franchement, bonne surprise.

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    Vu qu'on est raisonnable, on est parti se balader. Mais bon, voilà, vers 19h il manque un coup de Drappier. Là on est désormais 15 à table, il faut bien deux magnums de Brut Nature tout simple. Je l'avoue : je le bois depuis au moins cinq ans, dans toutes les occasions, par tous les temps, dans toutes les positions... Jamais il ne m'a semblé aussi fin que ce soir là.

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    Arrive l'une des raretés du week-end. L'Anglore aux Foulards rouges 2005, dégoté tout au fond de la cave du Verre Volé (45 euros le magnum). Si j'ai bien compris, c'est le grenache de l'un qui va chez l'autre pour être vinifié. C'est incroyablement épicé, sur le poivre, le poivron. C'est fin et ça coule dans tout le gosier. Une bouteille bue à son apogée sans doute. Par contre, le gecko fait peur aux filles.

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    Côté digestif, nous retrouvons le Golden Arak de Ramallah en Cisjordanie, même si notre coeur penche plutôt pour l'arak Sabat de Bethléem. Mais ce dernier étant encore plus rare de la Romanée-Conti par nos contrées, on a sorti le cousin. On en reparlera.

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    Avec les cigares du Nicaragua (marque Cumpay, module de taille modeste : je ne suis qu'un débutant) trouvés via Guillaume Tesson, sortons un cognac de la famille Estève. Le Très Vieux Cognac de la Propriété, c'est un assemblage de cognacs de 1950, 1968 et 1970. Je tiens tout cela, bouteilles et conseils, de la bouche de Jacques Estève, rencontré à Paris il y a quelques mois. Un cognac hors du temps, rond, apaisant... Un moment d'exception et ce n'est pas Christian Bétourné qui devrait dire le contraire (enfin, j'espère...)

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    La nuit fut douce. Le lendemain midi, réveil au Quattuor de Drappier. Je pourrais faire mon chieur et asséner la même critique que sur le De Gaulle : on aurait dû l'attendre un peu. Mais on est déjà sur un truc grandiose. Pareil, j'en ai déjà beaucoup parlé : pour plus de détails, c'est ici.

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    Arbalète et Coquelicots, le petit dernier de Jean-Baptiste Sénat (le vigneron naturel qui vient de gagner un 94 chez Parker...). 70 % grenache, 30 % cinsault et une mise en bouteilles un jour "fruit" donnent justement un jus de fruit relevé. A près de 15 autour de la table, ça part vite, vite, vite... (le saumur-champigny en arrière-plan, on ne l'a pas ouvert).

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    Voici un des poids lourds de ce week-end. Quelqu'un l'a-t-il reconnu sur la photo ? Une chose est sûre : c'est du vin naturel (vignes conduites en bio, non filtré, non collé, peu de soufre) mais ça, je ne l'ai appris que le mois dernier. Le producteur ne communique pas trop là-dessus, il préfère parler de l'élevage de 7 ans. Cette bouteille, dans un millésime plus ancien (1997) m'a fait comprendre il y a de cela 9 ans que le vin pouvait être terriblement bon. Etudiants à Toulouse avec Thomas et Olivier, nous sifflions très raisonnablement les cochonneries de Nicolas ou de la supérette d'en-bas. Raisonnablement, car ce n'était pas très bon, on en convenait déjà un peu et donc pas besoin d'en boire des litres. Jusqu'à cette bouteille apportée un soir par Olivier. Tous les trois étions sur le cul et, à partir de ce moment, nous n'avons plus regardé le vin de la même façon.

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    Pour nous c'est un mythe mais c'est aussi un mythe pour beaucoup d'autres buveurs. C'est le Château Musar, ici en version 1999. Oui, il y a 9 ans, c'est un vin libanais qui m'a fait comprendre combien le jus de raisin fermenté pouvait être grandiose. Pour rendre la pareille à Olivier, je lui ai retrouvé une bouteille de Musar. C'est d'ailleurs assez difficile à dénicher, si quelqu'un a des pistes pour en acheter d'autres... Le 1999 est incroyablement frais, le bois n'est pas envahissant, les tannins fondus, la bouche ample, même s'il est plutôt court (ce n'est pas forcément un défaut). C'est un domaine rare.

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    Difficile de passer sur autre chose, alors allons faire un tour de vélo. Jusqu'à l'apéro du dimanche soir et le rully 1er Cru les Margotés (domaine de Bussière) dans sa version 1987. Lui aussi est loin d'être mort, il n'a aucun défaut radical même si évidemment, il a pris un coup de vieux. Servi un peu frais aussi au départ pour voir s'il avait du répondant ensuite : réponse positive.

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    Allez, une beauté. Le tavel 2009 d'Eric Pfifferling apportée par Nico. Autant le dire tout de suite, je considère que c'est l'un des meilleurs vins au monde. Est-il vraiment raisonnable de l'ouvrir quand on est autant à table ? Pourquoi ne pas se la garder pour soi ? Comment ça, faut partager ?

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    Enfin, pour clore le week-end et mes parties de ping-pong perdues, retentons le Quattuor de Drappier. Il est bien plus ouvert qu'à midi, on lui a laissé le temps de se reposer après l'ouverture, ça joue beaucoup. L'un des meilleurs champagnes qui existent.

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  • Collioure : sur la plage abandonnée

    A partir de 23 heures, il suffit de dépasser un restaurant haut perché, Le Neptune, et d'aller se planquer dans une petite crique. Il n'y a plus personne, il fait nuit noire. Héléne a fait les yeux doux à Cocoliberis pour qu'ils nous prêtent un seau avec des glaçons. Laissons quelques minutes au Quattuor de Drappier (quatre cépages blancs dont trois oubliés) pour se refroidir et on embraye.

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    Jamais cette bouteille ne nous a fait tant d'effet. Face à nous, Collioure a entendu des refrains d'Adamo expliquant que la neige qui tombe est synonyme de tragédie ou des couplets d'Eddy Mitchell vantant les grandes prairies. Ne comprenant pas le sens caché des choses, quelques voisins ont gueulé.

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  • Le dimanche, c'est maki-jaja

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    Quelques makis pour faire passer le blues du dimanche soir. Et quelques quilles pour les accompagner. Le Brut Nature de Drappier : valeur sûre, l'un des meilleurs accords possibles avec les sushis même sans poisson. Le mâcon-cruzille 2009 de Guillot-Broux : un domaine que je connaissais sur le bout des doigts il y a quelques années et qui fait toujours de belles bouteilles. Le Vin est une Fête 2009 d'Elian Da Ros : jolie petite bouteille, pleine, présente, cacaotée.

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  • Stop à l'inflation sur les prix des vins au verre !

    Les mecs qui surfent sur la vague du vin naturel pour s'en mettre plein les fouilles, ça me met dans une colère noire... En me baladant hier dans mon arrondissement chéri, je tombe sur un bar à vin récemment ouvert, en lieu et place d'un rade bien dans son jus que j'aimais beaucoup. Bon déjà, ça me met en rogne. Ils ont renouvelé la carte, devenue nature et tout et tout, genre Drappier, Landron, Hours, etc. Qui va s'en plaindre ? Pas moi. Bon, je me calme un peu. Et pourtant, en y regardant de plus près, on décèle vite le foutage de gueule.

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    Oui vous lisez bien :

    - 6 euros le verre de muscadet amphibolite nature de Jo Landron (11-12 euros la bouteille chez un bon caviste),

    - 4,50 euros le saumur-champigny de Bourdin (7,50 euros la bouteille aux Caves Augé)

    - et le pompon est décroché par les 8 euros que coûte un verre, un seul verre, du jurançon sec (cuvée Marie) de Charles Hours. Au Bon Marché, chez les riches, c'est 11 euros les 75 cl... Le verre correspond presque au prix TTC de la bouteille.

    Evidemment, je n'ai pas poussé la porte et je n'ai rien dépensé. Et ça se veut nature, proche des gens, du bon vin, des valeurs d'amitié, de solidarité... S'ils voulaient chasser les gens des bistros, ils ne s'y prendraient pas autrement.

  • Le champagne des hommes et des dieux

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    J'avais mis une grosse chaussette à ski sur la bouteille pour tenter de piéger Olivier : "D'accord, c'est du champagne. Bon déjà une chose est sûre, ce n'est pas du Drappier car on connaît tout chez eux..." Perdu. C'est la Cuvée de Clairvaux élaborée par Drappier avec, comme toujours, une majorité de pinot noir. J'avoue l'avoir trouvé moins brut que d'autres champagnes de la maison mais j'ai réfléchi deux minutes : question bulles, mon palais est tellement habitué au Brut Nature Zéro Dosage donc tout autre me parait "sucré".

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    Fanatiques de cette maison de champagne, nous n'avions jamais entendu parler de cette cuvée, pas même lors de nos visites à Urville. J'ai mené ma petite enquête, voici l'histoire.

    Drappier possède un superbe réseau de caves très anciennes dont une partie a été construite au XIIe siècle par les moines cisterciens de Clairvaux à 10 kilomètres d'Urville. Aujourd'hui, c'est l'Association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux qui s'occupe de restaurer l'abbaye de Saint-Bernard et d'y animer la vie culturelle. L'Etat et les collectivités territoriales ont traîné les pieds mais elles commencent à jouer leur rôle. Cependant, il est toujours nécessaire de trouver un peu d'argent. Michel Drappier a accepté de produire une cuvée dédiée pour aider l'association à financer ses projets tout en rendant hommage à l'histoire, aux hommes et aux dieux. Pour les chercheurs d'insolite et les amoureux des abbayes, nulle autre solution que de se déplacer dans l'Aube et de visiter les lieux pour pouvoir acheter cette cuvée. Mais allez, je donne notre bon plan, car heureusement pour notre quotidien il faut dire que Paris est magique et le Comptoir des Abbayes bien achalandé... J'y suis passé par hasard l'autre jour et bingo !

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    Le Comptoir des Abbayes, 4 rue Fléchier, 75 009 Paris, 01 48 78 49 25. Et une boutique à Strasbourg.
  • Un peu de champagne tout de même pour le réveillon

    Pour ce réveillon du 31, si nous avons choisi de boire de la bière à table, c'est parce que nous avions dans nos valises quelques bouteilles de champagne pour l'after.

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    * Ultra Brut du Comte Hugues de La Bourdonnaye dégoté chez Michel aux Caves de l'Insolite. Une belle bouteille florale (23 euros) qui envoie.

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    * Brut Nature de Drappier, la fameuse cuvée 100 % pinot noir et sans liqueur d'expédition ajoutée. Devenu un peu le mètre-étalon de nos champagnes.

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    * Grande Sendrée 2004 de Drappier encore. Et toujours aussi envoûtant, même si on l'a déjà bue et rebue. Mais tout le monde m'a semblé d'accord désormais pour lui préférer la cuvée Quattuor.

    * Pas de photos du pétillant de Loire de Jean-Pierre Robinot, cuvée L'opéra des Vins en 2009 si je ne m'abuse (Coteaux-du-Loir). Difficile de passer après de si gros champagnes mais il n'a pas eu peur et a offert sa grande buvabilité à tous. Un peu comme une tisane avant de se coucher : il était 4 heures du matin et jamais nous n'avions été si frais un 1er janvier.

  • Les vins de raclette

    Ça se passe comme ça, une soirée raclette chez Thomas. Le même anjou qu'hier pour se rincer la bouche et en attendant les retardataires. Je crois que son côté droit mais gras, fruité mais fin, nous a encore plus ravi qu'hier. Ce que c'est bon qu'un bon ch'nin...

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    Pour le vrai apéro, Thomas a sorti la Grande Sendrée 2002 de chez Drappier, un vin déjà bu chez lui. Toujours un must même si maintenant je crois qu'on lui préfère Quattuor... Mais je ne sais pas ce qu'ont les champagnes Drappier en ce moment : toutes les bouteilles débouchées moussent comme dans une discothèque de province.

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    Attaquons la raclette avec le marestel de Dupasquier 2007. Encore lui. Tout le monde a apprécié. "Dis donc ça change de la roussette qu'on boit d'habitude !" Tu m'étonnes, John...

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    Suit le chardonnay 2008 dit En Paradis vieilles vignes de Jean Rijckaert. Nous avions déjà bu une bouteille de ce vigneron l'été dernier : oui c'est bon, tendu pas trop oxydé mais tout de même typé Jura. Mais dès qu'il s'agit de cette région, mes pensées se tournent vers Ludwig Bindernagel et le couple Overnoy-Houillon et je me dis qu'à 16 euros prix caviste, cette bouteille n'est pas donnée.

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    Muscat 2005 Hinterburg de chez Binner, une des très belles surprises de la soirée. Comment cette bouteille a-t-elle pu me passer sous le nez alors que nous étions tous à Ammerschwihr l'été dernier ? Un nez typique de muscat, presque confituré qui annonce un vin doux. Pas du tout : vinifié en sec, il a une très grande tenue et une sacrée acidité. J'adore mais c’eut été encore mieux si on l'avait carafé deux heures.

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    Tout finit toujours par des bulles. Pour le Millésime Exception 2002 de Drappier, j'avoue que ma mémoire fait défaut. Etait-il plus rustique ou plus ouvert que la Grande Sendrée ? On aurait dû les ouvrir en même temps et comparer. Le palais farci de fromage fondu et de pancetta, ça n'aide pas...

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    En fait, ce soir tout ne finit pas par des bulles. Olivier a eu la folie d'ouvrir son whisky et nous avons eu la sagesse de ne pas trop en boire. C'est à mon avis l'une des bouteilles de l'année. Whisky Michel Couvreur Overaged. Rien que l'ouverture avec un tire-bouchon et son bouchon en liège, ça te pose le bonhomme. C'est un révolutionnaire : selon lui, le terroir est insignifiant. Ce qui est important, c'est l'élevage. Distillé en Ecosse, le whisky est vieilli dans des fûts sélectionnés à côté de Beaune. Sans doute Michel Couvreur passe-t-il pour un fou auprès des amateurs de whisky... Personnellement, je n'y connais pas grand-chose, lui préférant le whiskey irlandais. Mais cette bouteille est d'une finesse hors norme, d'un volume incroyable et d'une buvabilité extrême. Un genre de vin naturel fait avec des grains... à plus de 40° évidemment.

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  • Un feu d'anniversaire

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    Bien sûr on n'a pas le droit de faire du feu en forêt, même en décembre. Même si tout est mouillé, même si la neige s'étend au loin, vers Courcelles. Mais personne ne nous a arrêté et surtout personne râlé. On l'a enfin mangé ce lard grillé. Du feu, des piques en bois glanés dans la forêt, du lard et du pain. Et du vin.

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    Auparavant et toujours lors de cette réunion en forêt pour l'anniversaire de Gex, j'ai sorti deux quilles assez insolites. Tout d'abord un banyuls 1950 du domaine Laetitia à Collioure. Plein de finesse, tanins envolées, sucre pas trop présent : tout le monde en redemandait. A coups de 2 cl par 2 cl, les verres des 20 personnes présentes se remplissent assez régulièrement.

    Je ne suis pas un fana des vieux vins et je ne connaissais pas ce domaine, mais il fallait marquer le coup. Un vin doux naturel se conserve bien mieux, il y a peu de surprise. Jamais je n'aurais pris un vieux bordeaux ou un bourgogne : trop peur qu'il soit devenu vinaigre. Avec le banyuls aucun souci. Pour le trouver (et pour la première fois), j'ai fait confiance à Idealwine et je n'ai pas été déçu : le vin est en parfaite santé.

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    Autre bouteille de choix : le jéroboam de champagne Drappier Millésime Exception 2000. J'avais demandé à Michel Drappier s'il y avait une technique particulière pour l'ouvrir et ne pas en mettre partout. Pour ne pas copier les pilotes de Formule1. Il m'a répondu qu'un jéroboam s'ouvre comme une bouteille classique mais qu'il faut une sacrée poigne. Le vigneron a d'ailleurs ajouté : "la seule précaution est de ne pas avoir trop soif car le flacon est vite vide". On ne peut pas dire qu'il ait tort.

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  • Un repas d'anniversaire

    Pour Gex, on n'avait pas lésiné. Déjà mon petit foie gras maison. Comme toujours, pas assez salé. Mais sa légèreté (par rapport à ceux du commerce) lui a valu un franc succès.

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    Et avec ça, un joli Quattuor de Drappier, la fameuse cuvée blanc de blancs (avec chardonnay et des cépages oubliés en Champagne : petit meslier, arbane, pinot gris). Un must acheté l'été dernier chez Drappier à Urville. Une bouche d'une finesse incroyable, tout comme les bulles. Un vin de très très grande classe qui surpasse nombre de champagnes plus chers.

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    On continue avec la superbe tourte lorraine de Eric Humbert, charcutier de génie à Metz. J'en reparlerai vite. Toute la tablée a été soufflée par la qualité du plat. Jamais nous n'avions mangé une tourte aussi extraordinaire (18 euros le kilo). Juste à réchauffer au four. Ce qui est génial, ce qui montre bien que la tourte est fraîche, c'est que sa farce n'est pas amalgamée : on pourrait tout décortiquer (morceaux de viande, le liant crème-oeuf...)

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    Et avec ça le faugères cuvée Valinière de Léon Barral version 2007.  A 80 % mourvèdre et 20 % syrah (et non 100 % syrah) à carafer une heure. Un nez très pur, sur le fruit. Une bouche pas du tout tendue, les tannins semblent déjà fondus. Le vin est assez dense et éclate tout de suite en bouche. Mais il m'a semblé manquer de longueur (40 euros chez un caviste messin). Surtout ses 14° nous ont vraiment foutu un coup à tous. Assurément un grand vin, mais je pense que nous n'avons pas su le prendre aujourd'hui ; un joli gibier lui irait mieux.

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    Un munster-géromé bien puant affiné par Schuster à Obey (68) et déniché chez ConradMetz, 8 euros le demi). Sensationnel, encore une fois jamais nous n'avions mangé un munster comme celui-ci. Et petite info : le munster s'appelle géromé côté lorrain, on peut donc dire munster ou munster-géromé. Car en utilisant seulement géromé, personne ne comprendrait...

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    Le dessert tout chocolat guanaja de Franck Fresson est un cran au-dessus de ce que j'ai pu goûter de ce pâtissier. Le laquage chocolaté est réussi mais l'ensemble est un peu trop uniforme (30 euros pour 6).

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  • La bande des Quatre ne boit que du Drappier

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    La Grande Sendrée de Drappier est un peu le leitmotiv des douze derniers mois. On en a bu pas mal, des 2004 comme ici pour le diplôme de Manu ou des 2002, des 2000. Ici on reste à nouveau sur 2000, une année assez extra. Un champagne très fin, très vineux mais encore accessible : pour ceux qui n'aime pas le blanc de noirs (cuvée Brut Nature), on n'est pas encore dans le tout vineux.

    Evidemment le 2000 plus reposé que le 2004 s'ouvre plus facilement. Malheureusement, il faut absolument les acheter directement à Urville car une telle bouteille atteint désormais presque 50 euros chez Lavinia.

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    D'ailleurs, la visite chez Drappier, à Urville était programmée pour cet été... Et nous y sommes bien allés le 13 août dernier : nous en reparlerons bientôt dans le détail.
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    Verdict de la bande des Quatre, conquise avant même d'ouvrir la bouteille : encore !

  • Pour changer, la bande des Quatre boit du Drappier

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août... Et avec ce petit post, on arrive à la fin du catalogue.

    Notre petite virée chez Drappier s'est terminée par plein d'achats, dont deux bouteilles pour notre week-end. Deux cuvées peu courantes, il faut savoir les débusquer chez cette maison de champagne de l'Aube.

    Le Brut Nature (que l'on commence à trouver partout à Paris) est pourtant une cuvée assez restreinte ; sa version Sans ajout de soufre est totalement marginale. 100 % pinot noir comme sa grande soeur, il faut s'entourer de précaution pour la conserver (30 euros chez les cavistes, 10 de moins à Urville). Quel délice ! la bulle nette s'efface relativement vite. Aucune odeur désagréable d'oxydation, de réduction comme sur certains vins sans soufre. Le jus de la champagne à l'état pur. Nous nous sommes tous forcés à ne pas le boire trop vite.

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    Seconde micro-cuvée bue en apéritif, le Carte d'Or millésime 1995, récemment dégorgé. Carte d'Or correspond à l'entrée de gamme de Drappier et cette cuvée était millésimée dans les années 1990. Aujourd'hui, avec la Grande Sendrée, Charles de Gaulle, Millésime Exception, la panoplie s'est enrichie et Carte d'Or est devenue exclusivement BSA comme disent les puristes (brut sans année).

    Le jus est frais puisqu'il vient d'être dégorgé en 2010. Il n'a donc pas été embouteillé puis dégorgé en 1995, comme un vin qu'on aurait simplement laissé vieillir sans plus du tout y toucher. Une belle vivacité, un régal de complexité pour une "petite" bouteille vieillie et travaillée (aux alentours de 30 euros, départ cave).

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  • Urville : le melchisedech chez Drappier, un champagne XXXXXXXL

    Lors de notre visite chez Drappier à Urville, chacun remarque ces immenses caisses de bois à côté des cartons de 6, des caisses de jéroboams ou nabuchodonosors... C'est quoi ? Des cercueils ?

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    Remontés dans la salle de dégustation de Drappier, la réponse trône contre un pan de mur. Devant nous 30 litres et 58 kilos accueillent l'équivalent de 40 bouteilles de champagne. Son nom : melchisedech ("roi de justice") du nom d'un pesonnage de la Bible. Cet énorme contenant, le plus gros de la Champagne, est uniquement produit par Drappier.

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    Le vigneron ne travaille pas ce contenant de manière classique. Déjà, la prise de mousse se fait directement dans la bouteille qui est ensuite remuée et dégorgée à la main. Ou avec une grue ?

    Un autre souci maintenant : le prix. Sachant que cet obus n'est évidemment pas produit en série comme les 75 cl. Que sa forme et l'épaisseur du verre sont évidemment étudiées pour résister à la pression du champagne (forcément plus importante que dans une bouteille classique). Prix départ cave : autour de 3 000 euros, avec l'entrée de gamme (Carte d'Or) inside. Facture déjà grevée par le coût de production de la bouteille qui s'élève à elle seule à 1 500 euros.

    Alors attribut bling-bling ou véritable oeuvre d'art ? Peut-être un peu des deux. Une vingtaine est vendue chaque année. Pour mariages, anniversaires, événements d'entreprises ou des baptêmes de bateaux.

  • Urville : une visite chez Drappier

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    Drappier, c'est la marque de champagne qui monte. Le Figaroscope l'avait décrétée "nouveau snobisme" il y a un an. Facile à dire. Ce qui est vrai c'est qu'à Paris (en province ça commence aussi) tout caviste sérieux en propose une ou deux quilles. Nous en buvons depuis pas mal de temps maintenant et ce samedi d'août fut notre seconde visite dans cette maison, à Urville.

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    Pas besoin d'expliquer qu'ici, à quelques kilomètres de Bar-sur-Aube, on est dans la côte des... Bar. Y règne le pinot noir qui rend les champagnes vineux. Ce qui n'empêche pas de trouver quelques perles sans pinot noir, nous y reviendrons. Les grandes maisons de champagne viennent ici chercher de beaux raisins qui maquillent leurs cuvées. Ou pire encore, qui font office de médicaments pour les grains sabotés plus au nord. Ici le raisin est souvent mieux travaillé et aussi moins cher. Car ce terroir est moins connu et par là, le champagne plus accessible.

    Chez Drappier, on reste dans une petite maison qui se transmet de génération en génération. Un million et demi de bouteilles par an. Sept fois plus pour Veuve Cliquot. A mon sens, le champagne est mieux construit qu'ailleurs, la gamme plus diversifiée peut encore nous surprendre.

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    Les prix commencent à 20 euros l'entrée de gamme (Carte d'Or) et ne montent pas très vite. Les plus grosses cuvées (hors bouteilles vieillies) doivent se chiffrer à 35-40 euros.

    Les cavistes proposent souvent le Brut Nature (100 % pinot noir) : extra-brut, sans cette liqueur d'expédition qui adoucit le champagne.

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    Le seul souci, c'est qu'il faut venir ici à Urville (ou aux caves Augé à Paris) pour se procurer des bouteilles inédites. Le régal du Brut Nature Sans ajout de soufre, la cuvée Quattuor (blanc de blancs, avec chardonnay et cépages originaux : petit meslier, arbane, pinot gris), le blanc de blancs millésimé, les gros contenants à petits prix (110 euros le jéroboam de millésime 2000)...

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    Je ne vais pas revenir ici sur chaque bouteille goûtée ni sur chaque bouteille achetée. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler souvent et nous en reparlerons à chaque fois qu'un bouchon sautera. Le mieux est de suivre le tag pour se donner une idée de la gamme de Drappier dans le verre.

  • Conticini, le roi de la pâtisserie. Champagne !

    J'adore les mecs qui travaillent des années sur la texture d'une tarte au citron.

    Alors quand il y a quelque chose à fêter, direction le VIIe arrondissement et Philippe Conticini. Mais c'est tellement à la mode désormais (les gens ne sont pas si cons que ça en fait), qu'il faut souvent se contenter de ce qui est disponible.

    La tarte à l'orange confine au sublime, mais celle aux framboises est assez complexe avec sa base de chocolat blanc. A bien y réfléchir, c'est l'un des meilleurs trucs que nous ayons mangé cette année. Même si mon coeur me porte naturellement vers les vrais desserts français, comme le paris-brest. Ici avec son caramel liquide dans chaque chou.

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    A boire avec un champagne Grande Sendrée 2000 de chez Drappier. Et que demander de plus ? Ben, justement il faut retourner chez Drappier cet été pour refaire le stock...

  • Le champagne du général

    Le grand Charles avait du goût pour les vins de l'Est. Le beaujolais de Jules Chauvet, j'en ferais bien mon ordinaire. C'était un autre siècle. Question champagne, la Boisserie se fournissait chez Drappier, une maison que connaissait bien son aide de camp, le colonel De Bonneval.

    Petit hommage donc que ces rares bouteilles de Drappier pour un vin baptisé simplement Cuvée Charles de Gaulle. Je crois que c'est à Colombey-les-Deux-Eglises qu'il s'en vend le plus, tellement elle est introuvable ailleurs. Sauf à Urville.

    Aussi incroyable que ça puisse paraître, c'est bon, c'est très bon. Drappier n'est pas là pour amuser la galerie ou surfer sur une vague. Assemblage de pinot noir et chardonnay, c'est un vin fin et élégant. On n'est peut-être pas dans la Grande Sendrée, mais c'est une des meilleures cuvées de la maison.

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    Pour l'accompagner, on a sorti un joli jeu : un bon pain de campagne, du caviar d'oursin Kaspia assez extra et un pâté aux truffes Maison de la Truffe bien moins excitant.

    Avec un before comme ça, on pouvait gaiement finir la soirée chez Alfred. Ce sera à lire juste au-dessus.

  • Bonne nouvelle, Grande Sendrée

    Manu a fêté son diplôme à verres de Grande Sendrée 2004 de chez Drappier. S'il n'y avait pas assez de lumière pour prendre les photos, il y en avait bien assez pour admirer la couleur du champagne et le boire.

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    La cuvée tient son nom d'une parcelle recouverte de cendres après un incendie qui ravagea le bon village d'Urville en 1838. Une faute d'orthographe sur le cadastre plus tard, elle nacquit Sendrée. Cuvée supérieure de Drappier à base de pinot noir et de chardonnay (un poil plus du premier que du second), elle est surtout confidentielle. Ce qui explique son prix (autour de 45 euros chez Lavinia) mais surtout sa finesse. Le vin parfait pour les grandes occasions : on en reparlera en juillet et décembre prochains, mois d'anniversaires tout ronds.

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  • Au Cambodge, du champagne Drappier à 10 000 km d'Urville

    Après un petit mois d'absence du à un beau voyage au Cambodge, c'est enfin le retour du Morgon. On va d'ailleurs parler un peu de ce pays ces jours-ci...

    ***

    Le Cambodge recèle de surprises gastronomiques. Ainsi cette bouteille de mon bien-aimé Drappier à la carte d'un restaurant de Siem Reap, la grande ville à côté des temples d'Angkor. Un Carte d'Or à 68 dollars, un Rosé à 85. Bien sûr il y a l'export, la douane, l'inflation... mais cela reste peu excessif. Sauf à considérer que c'est un smic de Cambodgien...

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    Au vu de son nom qui trône partout, ce restaurant L'Escale des Arts et des Sens semble tenu par un chef français Didier Corlou. Une petite recherche en aval montre qu'il en est simplement le "consultant" car il possède un restaurant à Hanoi, au Vietnam, à près de 1 000 kilomètres. Passons.

    Hormis Drappier, la carte des vins fait pâle figure. Aucun pinard ne semble buvable et d'ailleurs je n'ai retenu aucun nom. Cap sur la bière, le bilan carbone sera moins lourd et le porte-monnaie encore fourni.

    Côté carte, c'est bien mieux. En apparence. Le boeuf cuisiné de sept façons différentes, à la manière de ce qui se faisait pour le tigre, est tout à fait appréciable et peu commun. Goûtu et coloré.

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    Le dessert est déjà plus sur la réserve. Pourtant l'intitulé me parlait. Glace au sésame et mousse de thé. Si, si, c'est le genre de choses que j'apprécie. Mais pourquoi encore et encore (et Angkor) des verrines ? Ici gelée d'orange, de coco, de passion. Stop. Entre le plat compartimenté et le dessert je n'en peux plus, j'ai l'impression d'avoir les doigts qui rétrécissent.

    C'est bizarre ces "grands" restaurants d'un pays étranger chez qui on réserve une table. Entre la volonté de se croire riche, de revenir à une nourriture un peu connnue ou tout simplement d'éviter les microbes, on en arrive à ingurgiter une nourriture snob et bling-bling donc sans rapport avec la réalité du pays. L'étape en trop.

  • Avec Aurélia, on déguste sur le web

    Aurélia aime bien le vin naturel. Comme le Morgon aime bien Aurélia et les vins naturels, nous lui faisons un peu de pub avec un petit extrait made in Drappier, notre champagne star ! Le reste, c'est sur Bu sur le Web.

    Juste une petite critique. Quand on s'appelle Bu sur le Web et que le vin est bon, le mieux encore, c'est de boire non ?

  • Ispahan-sur-Loire

    Dîner avec Olivier et Thomas, chez Olivier. J'ai oublié de prendre les photos du champagne Drappier et du Cheverny de Michel Gendrier. D'un autre côté, les valeurs sûres n'ont pas besoin de clichés.

    J'ai même oublié de prendre des photos de l'Ispahan. Le gâteau signé Pierre Hermé (c'est d'ailleurs bizarre de signer ses propres gâteaux... D'un autre côté, l'Ispahan est tellement copié) a rapidement quitté les assiettes pour les estomacs.

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    D'ailleurs le problème de l'Ispahan, c'est qu'il est si furtif sur la table qu'on n'a jamais le temps de le prendre en photo. Un peu pareil avec ce qu'on buvait à ce moment-là. La photo est donc assez rare car on voit encore des fonds de Pow Blop Wizz traînant dans les verres. Un pétillant rosé (ah bon ? ça se voit tant que ça ?) de Loire en hommage à Gainsbourg (10 euros au Verre Volé).

    Olivier Lemasson, des Vins Contés à Candé-sur-Beauvron (41), n'a pas mis de fraises Tagada dans ses cuves. Ni de colorant, ni de sirop de glucose. Juste du raisin, promis. Une sucrosité légère pour un fruité intense. Dans le milieu, on l'appelle le "bonbon du Loir-et-Cher".

    Mon Olivier a lui soumis sa rigoureuse interprétation des débats actuels touchant au vin. "Moi je préfère le terme de vin naturel, car il renvoie à la notion de patrimoine viticole et donc historique de la France". Comment être en désaccord ?

    Devant tout ce raffinement, le trajet du retour en métro paraît bien vulgaire. Comme ces affiches. Non pas pour les dessins marrants rajoutés au crayon, mais pour leurs affreux titres et jeux de mots balourds. C'est ça le théâtre aujourd'hui ? Buvons un coup pour oublier.

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  • Selosse, c'est le boss

    La journée a extraordinairement bien continué. Olivier est arrivé à la maison, Jacques Selosse sous le bras. On l'avait acheté après la dégustation de champagne aux Caves Augé et la rencontre avec Anselme Selosse, aujourd'hui aux commandes du domaine.

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    C'était l'apéro d'avant-Comptoir du Relais. Le before. En réalité, le pré-before car on est allé boire un petit blanc au vrai Avant-Comptoir. A lire dans la note juste au-dessus.

    Anselme Selosse est le boss du chardonnay, dans la côte des Blancs, juste en-dessous de Reims. La figure devenue incontournable. Rien qu'au nez on comprend pourquoi. On dirait un Puligny-Montrachet, un grand vin de Bourgogne. Ce n'est plus du champagne, c'est un grand cru bourguignon.

    Aux Caves Augé, nous avons opté pour l'extra-brut, la cuvée V.O. pour version originale (plus de 70 euros). Une bulle tellement fine qu'elle semble s'évaporer dans ses grands verres. Verres à bourgogne d'ailleurs, on en est si proche des grands blancs.

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    Drappier garde évidemment nos faveurs pour ses fantastiques jus de pinot noir ; c'est vraiment ce que nous aimons. Mais après Selosse, on rend les armes. On ne boit plus de champagne. Peut-être qu'on ne boit plus rien du tout d'ailleurs. C'est hors catégorie, du genre à ne faire ça qu'une fois par an, et encore. Pour garder ce côté rare. Sinon le reste parait trop fade. Un moment d'exception qui doit le rester.

  • Selosse, le boss et Drappier, mon préféré

    Bien sûr, on avait les pieds gelés.

    Bien sûr, le champagne était trop frais.

    Bien sûr, on s'est (re)tapé la verticale Drappier. Avec Charline, aussi pétillante que les vins de de son papa.

    Bien sûr, on s'est tapé la verticale Vouette et Sorbée. Avec Bertrand Gautherot qui racontait son percheron qu'il a choisi polonais.

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    Bien sûr, on s'est tapé la verticale Selosse. Enfin, ce qui était dispo. Anselme Selosse a sorti le VO, l'Initial, le millésimé 1999 et l'extraordinaire liqueur de champagne qu'il ne vend pas aux particuliers.

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    Bien sûr, c'était aux caves Augé.

    Euh... ah oui, on a aussi goûté le champagne Beaufort. Mieux vaut attendre un peu avant de le boire pour le 2005. Et un vrai régal en réserve 2006. C'est d'ailleurs lui que j'ai choisi. Déjà pour son rapport qualité/prix inégalable (23 euros). Et pour son caractère inédit, tellement loin des pétillants à la "Moët-et-Glandon", comme dirait Gautherot. J'en ai pris trois et n'attends que de le regoûter.

    Euh... en fait, Olivier sera d'accord j'en suis sûr, je crois qu'il y a aussi tous les Selosse que je rêve de regoûter.

  • INFO EXCLUSIVE MORGON : Michel Drappier et Sébastien Lapaque chez Lavinia

    En passant chez Lavinia ce jour, j'ai dégoté mon premier scoop, ma première INFO MORGON. Vu que je ne l'ai vue nulle part ailleurs, je considère que c'est un scoop ok ?

    Bref, en tout cas c'est une bonne nouvelle : l'un des plus grands écrivains français, Sébastien Lapaque, accompagné de l'un des plus grands vignerons français, Michel Drappier (des champagnes du même nom) seront présents pour une rencontre dédicace chez Lavinia à Paris le samedi 19 décembre, de 15h à 19h.

    Sébastien Lapaque dédicacera sa nouvelle édition du Petit Lapaque des vins de copains et son roman Les Identités remarquables chez Actes Sud.

    Et Michel Drappier... euh... il dédicacera ses bouteilles ?

    Bon, toutes les infos seront logiquement postées sur le site www.lavinia.fr

  • Les deux bouteilles du dimanche soir

    Comme nous étions quatre, comme c'était la saison, l'idée : le risotto aux girolles. Alors pour tout dire, soit les champignons n'étaient pas à la hauteur, soit il vaut mieux le faire avec des cèpes, en tout cas c'était un peu fadasse. Et ce n'est pas ma belle huile de noisettes de l'Huilerie Beaujolaise qui dira le contraire.

    Par contre, question jaja, que du pinard qui tape. Une bouteille bien sombre mais qui se rallume une fois débouchée. Un Drappier Millésime Exception 2002. Heu, c'est du champagne, mais c'est pas non plus du champagne. Oubliée cette sensation de brûlure d'estomac. Avec une betterave crapaudine crue, et une petite crème de lentille, ce fut parfait (pour un dimanche soir).

    Fréd Cossard et son Combe-Bazin 2005 (30 euros chez Lavinia). Au goulot déjà plus clair. C'est comme cela qu'on l'aime la Bourgogne et le bourgogne. Fruité, brut, incisif, tranchant. C'est donc du blanc, AOC Saint-Romain. Mais ça on a presque oublié. Il tend vraiment vers quelque chose de génial ce domaine de Chassorney, à quelques encablures de Meursault et des vignes de Montrachet. Du vin de raisin. Du vin de raison, aussi. Le risotto, même aux girolles, n'était pas à la hauteur.

    Et si je me rappelle bien d'une bouteille ouverte il y a deux ans, peut-être même que sa cuvée Bigotes à quelques euros de moins lui était supérieur : privilège des grands domaines de réussir mieux les petites cuvées.

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