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fleurie

  • Vendredis du Vin n°40 : une fleur fleurit à Fleurie

    "Tu as bien fait de passer, Debedeux, tu vas refleurir." C'est en ces termes fleuris que toute la clique du Café du Pauvre accueille Debedeux, l'un des dirigeants de la Bang-Bang Aéronautique, qui n'en peut plus de sa vie de cadre encostardé. C'est le début du Beaujolais nouveau est arrivé, dont le vigneron s'appelle René Fallet (celui à qui j'ai aussi volé l'expression "du morgon dans les veines"). Ce beaujolais-là se déguste aussi mais c'est plutôt en tournant les pages qu'en vidant les verres. Quoique, pour l'instant, personne ne nous empêche de boire un coup en lisant...

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    Le beaujolais, ça sert à ça : à refleurir. A donner le sourire, ce n'est pas ici qu'on viendra dire le contraire. Pour Olif, j'ai révisé mes Gammes en Beaujolais : j'ai cherché une bouteille pour refleurir en automne. J'aurais pu choisir la partition morgon, cela aurait été plutôt facile. Le 2001 de notre regretté Marcel en magnum ouvert par Jérémy (lors du dernier repas à la Cave de l'Insolite canal historique), le 2007 en mag aussi, le 2008 avec une raclette, le 2009 avec ou sans soufre, le 2010 bu récemment, les plus vieux sifflés avant ce blog, la cuvée éponyme au Troquet... Bon cela aurait été un peu trop attendu.

    On va ouvrir autre chose. Un régnié ? Le 2007 de Descombes ouvert la semaine dernière était particulièrement savoureux. Le chiroubles de Karim Vionnet ? Le moulin-à-vent d'Isa et Bruno Perraud ? Le brouilly de Descombes encore ? Le côte-de-brouilly de Pacalet ? Un saint-amour ou un juliénas plus difficiles à trouver au naturel ? Un "simple" village comme celui de Métras ? Ou encore le primeur de P-U-R bu l'année dernière quelques jours avant la date officielle ? Tout ça pour dire qu'ici, on en boit du beaujolpif. Mais dis donc, il manque un cru à cette énumération joyeuse...

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    C'est au contact de la vigne que l'ancienne parisienne Julie Balagny refleurit. Avant Fleurie, ce fut dans le Gard (avec Terre des Chardons). Puis vient l'incroyable année 2009 et son arrivée au pied des pieds de gamay, le plus beau cépage qui soit. On est à mille lieux des clichés. Biodynamie, intense travail à la pioche dans la vigne, respect du raisin en vinif avec pour résultat le fleurie En Rémont 2009, grand vin de terroir qui démonte toutes les idées reçues sur le beaujolpif. S'il est déjà très accessible sur des arômes de fruits croquants et épicés, il faudrait pouvoir l'attendre encore un peu afin d'apercevoir cette grande classe du gamay un peu vieilli ; celui-là en a tout le potentiel. D'ordinaire coquelicot ou pivoine, le beaujolais se fait ici rose pourpre qui continue à fleurir. 

    "Beaujol dit qu'il est fier d'être né en France. Une boutanche pareille, c'est kif-kif la Joconde ou la Victoire de Samothrace." (René Fallet)

  • Le Bistroy Les Papilles : questions sur le prix du vin

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    Sous l'affiche de La Grande Bouffe, film anticonsumériste, on s'attable au Bistroy les Papilles. Un midi de l'année dernière, nous avions très bien mangé. Menu du marché (31 euros). Ouvrons une bouteille de Fleurie 2008 de Jean Foillard. Complètement à côté de la plaque, on ne ressent rien. C'est marrant avec Foillard : parfois c'est terrible, parfois effacé.

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    Velouté de patate douce, très bien réussi. Et en plus, il y a le cérémonial.

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    Passons à la suite. Crozes-hermitage 2009 d'Emmanuel Darnaud. Concentré mais sur le fruit tout de même, il se dégage plus d'entrain de cette bouteille là.

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    Tiens, tiens, ce plat ressemble vraiment à celui qu'on avait manger l'an dernier. Paleron braisé aux petits légumes. Encore une fois, il y a un très joli travail.

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    Dans le menu, on a même droit à un petit morceau de fourme d'Ambert avec son pruneau au vin rouge. Miam.

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    Panna cotta à l'ananas et émulsion de caramel, un peu plus décevante en bouche : on dirait qu'elle se cherche. Même si encore, la réalisation est parfaite.

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    Bilan : un très bon repas. Bon d'accord, le fait que le plat soit le même que l'année précédente relève sans doute du hasard.

    Mon gros souci est ailleurs : le prix du vin. 40 euros chaque bouteille : rien de très scandaleux si on compare avec les coefficients multiplicateurs dans d'autres restos (2, 3 voire plus). Mais ici on n'a pas de coefficient, on a un droit de bouchon puisque la boutique fait caviste-épicerie. Ce qui fait : 33 euros la bouteille + 7 de droits de bouchon. 33 euros le Fleurie de Foillard à emporter ? Pas donné. A en croire les étiquettes, le rosé de Peyrus est 6 euros plus cher que chez Augé (sur une quille à 18 euros, c'est un sacré pourcentage...) et la Cuvée Marie de Charles Hours (Jurançon) dépasse 20 euros (11 et des brouettes au Bon Marché) : ces prix sont-ils bien ceux que je paie pour ramener les bouteilles chez moi ? Hé beh... Bref, c'est vraiment une belle adresse pour manger mais le prix du vin est incompréhensible.

  • Café Cartouche : du vin à Bercy

    Bercy n'est pas qu'un ministère austère. Bercy n'est pas qu'un palais omnibeauf. Avant 1850, ce quartier voyait arriver les vins en vrac non soumis aux taxes de l'époque. On déchargeait, on mettait en bouteille, on envoyait dans la capitale : c'était un genre de grand Rungis du pinard. Pas forcément de la grande qualité, mais il y avait une histoire et une ambiance. Autour, on festoyait et régnait l'ivresse, vite surnommée "la fièvre de Bercy". De cette époque, il ne reste que quelques noms de rue, comme celle de Pommard aujourd'hui défigurée.

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    C'est dans la parallèle, que Rodolphe Paquin, le proprio du Repaire de Cartouche dans le XIe, a ouvert son petit bistrot bien planqué. Je voulais y aller depuis longtemps, je n'ai pas été déçu. C'est le seul endroit du coin qui fasse encore un peu vivre cette tradition vinicole. Ce soir-là, une semaine avant le beaujolais nouveau, j'avais choisi un Fleurie d'Yvon Métras version 2008. A ouvrir une demi-heure avant la dégustation. Une force tranquille, à la fois fin et puissant, fruité et présent. Un de mes vins préférés (32 euros sur table, une vingtaine chez les bons cavistes).

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    J'ai pris la totale, EPD, entrée plat dessert. 6 + 15 + 6 euros. On s'en sort encore bien : pour un petit bistro comme celui-ci, la cuisine est d'un sacré niveau. Notamment pour les entrées. Un nougat de poulet, une terrine de cerf. Rodolphe Paquin, roi des terrines : ça c'est un titre qui ne rigole pas... Si je ne m'abuse, il les vend même au Verre Volé.

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    En plat, paleron et chou farci à la grouse. Pour une fois, j'ai gagné : la grouse, un genre de coq sauvage chassé en Ecosse, me laisse une forte impression. L'un des meilleurs plats de l'année. Un chou merveilleusement cuit : ferme, fondant, brûlé sur la tranche, sur lequel s'appuie une farce de porc et grouse enfermé dans une crépine. Finesse.

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    Question dessert, un ton en-dessous comme souvent. Petit macaron de grosses fraises alors que ce n'est plus vraiment la saison et un sablé tatin plutôt intéressant mais qui ne faisait pas grimper au rideau.

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    Café Cartouche, 4 rue Bercy, 75 012 Paris, 01 40 19 09 95.

  • Yvon Métras, le maitre-étalon du beaujolpif

    La catégorie "Beaujolais joli" n'a jamais aussi bien porté son nom. J'adore les vins d'Yvon Métras. Que dire ? Je les adule. J'en boierais matin, midi et soir. Et entre les repas. C'est  ce côté léger, discret, présent, fruité qui rend les choses envoûtantes. Son fleurie bu la semaine dernière est un rêve éveillé. Son "vulgaire" beaujolais est fait de soie. Avec une pizza qui se respecte, celle d'Al Taglio dont j'ai déjà dit tout le bien que j'en pense, c'est un repas heureux.

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