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francesco guccione

  • Francesco Guccione mélange ses vins, à l'image de la Sicile qui a vu plusieurs peuples se mélanger

    La Sicile est ouverte sur 3 mers, au carrefour des routes politiques, guerrières et commerciales. Elle en a connu des invasions. Grecs, Carthaginois, Byzantins, Musulmans, Normands, Angevins, Espagnols et quelques Italiens tout de même. La nourriture et l'architecture sont ainsi les témoins de ce mélange.

    J'extrapole en écrivant que Francesco Guccione met à l'œuvre ce melting-pot dans ses quilles.

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    Bien sûr, il fait des rouges et des blancs mono-cépages. Et encore... Son trebbiano 2014 a été aromatisé avec un peu de malvoisie. Mais avant tout, la touche de folie et le talent de Francesco, on les décèle dans ses assemblages, ses hommages inconscients au passé de la Sicile.

    1213 ne correspond pas à un millésime du Moyen-Âge mais très simplement à une réunion de deux millésimes de trebbiano. L'idée est de trouver un équilibre entre 2012, année chaude, et 2013, année plus froide. Pas con. Quand on le goûte, on est encore plus convaincu. Une fois encore, on avoue que Francesco réussit superbement ses blancs. D'ailleurs tous les vignerons siciliens que j'ai rencontrés me l'ont exprimé, parfois avec un peu de jalousie...

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    La cuvée Machado mélange carrément rouge et blanc, moitié/moitié. Dans un fût de 500 litres, Francesco place les raisins rouges de nerello mascalese et perricone avant d'ajouter le jus blanc de trebbiano déjà pressé. Une courte macération et il presse à nouveau. En sort un jus fluet, ni rosé, ni rouge, plutôt un rouge-rosé au fruit croquant, à la torchabilité extrême. À l'instar d'un tavel d'Eric Pfifferling.

    Parfois, à l'image d'autres vignerons, Francesco laisse les peaux du raisin blanc catarratto mariner avec le jus durant 15 jours (pour ce qui est de 2012). Cette cuvée de macération se goûte encore franchement même sur une bouteille ouverte depuis 4 mois ! Aucune lourdeur et toujours cette belle palette aromatique.

    Ces vins originaux ne se laissent pas dénicher facilement, ils sont rares. Et j'ajoute que les buveurs n'ont pas toujours la curiosité requise pour aller vers elles, pour se les faire expliquer. Francesco explique que c'est au Japon qu'il vend le plus. "Les Japonais ne sont pas seulement intéressés par le fait de boire, mais aussi par rencontrer et comprendre un vigneron. Ordinairement, qui dit Sicile dit nero d'avola. Point barre. Mais les Japonais n'ont pas peur de goûter autre chose quand je le leur présente".

    (L'ami Patrick parle aussi très bien de Francesco dans Tronches de Vin 2 ou sur son blog).

    ***

    ENGLISH VERSION Francesco Guccione blends its wines, as Sicily mix people

    Sicily is open on three seas, at the intersection of three roads : politics, war and trade. It has experienced invasions. Greeks, Carthaginians, Byzantines, Muslims, Normans, Angevins, Spanish and some Italian nonetheless. The food and architecture are witness to this mix. I extrapolate when I say that Francesco Guccione puts this melting pot in his bottles.

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