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jérusalem

  • Ze’ev Dunie, le prophète du chenin israélien

    “Je laisse le raisin dessiner le vin. Je l’écoute et je fais ce qu’il veut”. Dans les vignes et au chai, Ze’ev Dunie intervient le moins possible. "Ce n’est pas une religion. C’est une décision simple qui provient d’une question philosophique très complexe : est-ce que l’on contrôle vraiment notre vie et notre environnement ? Moi, je ne le pense pas”.

    Alors, pourquoi vouloir tout contrôler pour le vin ?

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    Dans une première vie, Ze'ev était prof de cinéma à Jérusalem. Après avoir tourné un documentaire sur le vin, il se convertit. Au cœur des montagnes de Judée, dans ce paysage biblique, très sec, au sud de Jérusalem, il plante ses premières vignes en 2002. Syrah, grenache, mourvèdre... Ze’ev ne cache pas son amour pour les côtes-du-rhône. “Je plante et je travaille les cépages que j’aime boire”. C'est si simple. Et les cuvées portent des prénoms ou des noms d’artistes : Antoine (pour Saint-Exupéry), Gaudi, Lennon, Camus, Fellini… “C’est une manière de remercier les personnes extraordinaires qui m’ont donné des heures et des heures de plaisir”. Quant au fait d’avoir baptisé son domaine “SeaHorse”, ce qui signifie “Hippocampe”, “il n’y a pas d’explication logique. J’étais fasciné par cette petite créature qui semble étrangère à notre monde”.

    En 2007, alors qu'il ne vinifie que du rouge, survient le choc. En voyage en Afrique du Sud, il goûte du chenin pour la première fois et tombe amoureux. Le travailler en Israël l'obsède. Pourtant, à cette époque, ce cépage y est inconnu : aucun vigneron ne le fait pousser, aucun caviste n'en importe. Plus près de la côte, à Gedera, près d’Ashdod, il tombe sur une petite parcelle de 40 ans, une vieille vigne en Israël. Ze'ev arrive à convaincre le propriétaire de ne pas l’arracher. Baisse des rendements, récolte à maturité, élevage en fûts de bois jamais neufs… Encore une fois, il répète sa recette : écouter le raisin, être doux, ne pas manipuler. Dans le verre, la cuvée James (pour Ronnie James, un des précurseurs du vin israélien) est un chenin du sud, scintillant, sans aucune lourdeur. “Il me semble que le chenin aime les climats chauds” ajoute modestement Zeev. Le succès est immédiat ; il produit 10 fois plus de bouteilles aujourd’hui que lors du premier millésime.

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    Au total, chaque année sortent 25 000 bouteilles de son chai. Pour l’instant, Ze’ev vend très peu à l’étranger. Il est cantonné à Israël où des curieux passent le voir, où les restaurants achètent son vin. Les Israéliens commencent à apprécier des vins peu communs dans le pays… même si la mode est encore aux blancs très boisés.

    Le petit village de Bar-Giyora se trouve à 20 kilomètres de Jérusalem, à 70 de Gaza.  Comment Ze’ev vit-il les soubresauts du conflit israélo-palestinien ? “Les guerres ne sont propices qu’au commerce des armes. Et nuisibles à tout le reste, notamment la gastronomie et le tourisme”.

    Retrouvez Ze'ev Dunie dans Tronches de vin 2 !

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    ENGLISH VERSION Ze'ev Dunie, the prophet of chenin in Israel

    "Grape make wine itself and I let it live. I listen and I do what it wants". In the vineyards and in the winery, Ze'ev Dunie intervenes as little as possible. "It's not a matter of religion but a simple decision that comes from a very complex philosophical question : do we really control our lives and our environment I? No, I do not think so."

    So, why would you like to control everything for the wine?

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  • Le vin naturel nous vient-il de la Torah et de la tradition juive ?

    Le cerveau de Joseph Ergas et le mien ne fonctionnent pas avec le même logiciel. Je ne partage pas sa vision du monde ou de la religion. Ce qui ne m'empêche pas d'aller lui rendre visite, d'apprécier ses vins et, pourquoi pas, de nous trouver des points communs. 

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    Si sa famille est d'origine italienne, Joseph est né à Jérusalem et a passé sa vie en Israël"Mon travail ? C'est étudier la Torah". Il fabrique aussi des tefilin, ces phylactères utilisés pour la prière. Pour sûr, Joseph est un juif très pratiquant. Est-il pour autant un ultra-religieux ? Sans doute. Mais le monde du judaïsme ultra-orthodoxe est très complexe, il embrasse plusieurs traditions, des écoles de pensée différentes, des convictions politiques variables : certains juifs ultras sont même pro-Palestiniens...

    Bienvenue au Proche-Orient, cette école de la complexité.

    Et je n'aime pas trop coller des étiquettes sur les gens. Joseph non plus. "Vous ne pouvez pas me définir par vous-même, parce que la plupart des définitions modernes sont artificielles. Les gens d'aujourd'hui sont habitués aux catégorisations et la Torah dit qu'il ne peut y avoir de catégorisations, de représentations... Etre juif n'est pas une religion même si la plupart des gens vous jureraient que c'est une religion : les juifs sont une nation qui a été choisie par le Créateur pour Le servir. Et chaque juif le fait avec plus ou moins d'intensité. J'essaie de faire tout mon possible pour remplir cette tâche et donner un sens à ma vie - car j'ai eu cette chance de naître en tant que représentant de la nation juive".

    Le vin naturel, c'est pas facile tous les jours.

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    Nous sommes dans le village de Tirosh qui, ça tombe bien, signifie "jus de raisin" en hébreu. Ici, à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest de Jérusalem, nous sommes en Israël. Joseph a acheté le terrain en 1999 et y a planté 2 hectares et demi de vignes : cabernet-sauvignon, merlot, syrah, nebbiolo, barbera, riesling et vernaccia. On y retrouve bien ses origines italiennes. Un an plus tard, il construit tout seul un grand chai qui arrive à garder une température fraîche malgré la chaleur de la région. 

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    Au départ, Joseph voulait faire un potager bio et vendre les légumes. Mais il comprend que c'est un travail acharné, qu'il faut vendre très vite le produit qui se fane très vite et qu'il ne veut pas avoir à affaire avec la grande distribution. "C'est mieux de faire du vin, de le laisser vieillir. La cave, c'est comme de l'argent dans une banque". Mais en réalité, il vend peu de vin. Les quilles partent dans des supermarchés bios à Jérusalem (rue Agrippas, face au marché Mahané Yehouda) et dans une colonie israélienne au sud de Bethléem (pas de nom, je ne vais pas leur faire de la pub non plus).

    Alors, il lui reste de vieux millésimes sur les bras. Il l'avoue en riant : "les vieux vins, ce sont des vins qu'on n'est pas arrivé à vendre". Oh, pas que ce soit vraiment difficile de les vendre mais entre l'étude de la Torah, les tefilin, la production de vin, il reste peu de place pour se pencher sur le marketing, la communication, les techniques de vente. D'ailleurs, c'est pas vraiment le genre de la maison. Ce qu'il désire Joseph, c'est faire du vin et apprendre à en faire. 

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    Car avouons-le, on n'est pas bien loin d'un certain amateurisme, Joseph le dit lui-même. Mais ni Rome, ni Jérusalem ne se sont faites en un jour.

    Ainsi, la barbera lui cause quelques soucis : refermentation en bouteille, bouchons qui sautent, jus qui se répand sur le sol. Il est preneur de conseils... En général, il a beaucoup de soucis avec le gaz carbonique. Si quelqu'un veut étudier son cas, je ferai suivre. 

    Par contre, évitez de lui recommander d'utiliser du soufre, ni aucun autre adjuvant. Son vin, il le veut ultra-naturel. "Je laisse la vigne et le vin trouver leur chemin propre". 

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    Dans le verre, les canons désarçonnent. On retrouve nos vins libres mais il manque un savoir-faire, une expérience, une signature. Mais comme nous aimons ce qui désarçonne, ils sont plutôt à notre goût, loin du reste de la production israélienne, engoncée dans le conformisme pinardier.

    Regardez cet incroyable vin orange, un vrai jus de carotte, longue macération sur peaux de cépages blancs : riesling et de vernaccia. Oui, c'est déjà quelque chose de totalement incongru par chez nous, alors imaginez en Israël... Imaginez ça dans un pays qui pour l'instant a du mal à se défaire des cépages et des goûts internationaux. Joseph est un ovni et ça fait du bien.

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    Joseph en est convaincu : il fait du vin comme à l'époque du Second Temple. Du vin comme il y a 2000 ans. Ce Temple, lieu le plus sacré du judaïsme, qui abritait l'Arche d'Alliance, qui elle-même conservait les Tables de la Loi offertes par Dieu à Moïse, a été détruit par les Romains en 70 ap J.C. N'en reste aujourd'hui que le mur occidental (dit mur des Lamentations). Pas mal d'autres trucs auraient eu lieu ici, depuis Adam, jusqu'à Abraham, mais je vais éviter de rentrer dans le détail, j'en aurais pour la journée.

    Reste que cette montagne est aussi sacrée pour les musulmans, et même le troisième lieu saint de l'islam. Il y a près de 15 siècles, le calife Omar y a fait construire une splendeur architecturale, l'un des monuments les plus célèbres au monde : le Dôme du Rocher.

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    L'Esplanade des Mosquées/Mont du Temple est source de conflits passés et futurs, c'est entendu. Mais j'ai pire dans ma besace, car ici on trouve toujours plus extrémiste. Certains juifs voudraient construire le Troisième Temple au même endroit que les précédents. Et on fait quoi du Dôme du Rocher, les mecs ? A Jérusalem, on m'a répondu en y croyant dur comme fer : "Cela arrivera quand ce sera la volonté de Dieu". Certes...

    Certains religieux messianiques se retrouvent dans une sorte d'association, l'Institut du Temple. Ici on prépare l'avenir, on recrée les conditions pratiques de l'avènement du Troisième Temple : on refabrique le mobilier, on reproduit les uniformes des prêtres, on recrée les accessoires du culte. Bref, tout sera prêt quand on aura viré le Dôme et quand on aura reconstruit. Voici ce à quoi ressemble leur rêve.

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    Joseph Ergas est totalement dans cet esprit. Lui, sur son lopin, dit vouloir faire du vin pour ce Troisième Temple à venir. Lors de ma visite de l'Institut, je n'ai rien vu de particulier sur le vin, sinon la reproduction de calices. Alors, notre homme, dans son coin, dit œuvrer dans ce but.

    On n'est pas rendu.

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    Joseph est persuadé que ce vin du Second Temple est naturel. Il est évident que les produits chimiques il y a 2000 ans étaient peu répandus... C'est pourquoi il ne veut que du raisin dans ses bouteilles.

    De la Torah et de ses commentaires, il a tiré une manière de produire du vin naturel. Déjà, l'absence de chimie à la vigne et au chai ainsi que Joseph, un juif, aux manettes sont les deux conditions pour obtenir un vin naturel certifié kasher. Mais quid de la production ? Il dit respecter un "shabbat agricole" appliqué à la vigne : il la laisse reposer tous les 7 ans. L'année du shabbat, soit il ne récolte rien, soit il récolte et fait du vin mais ne le vend pas. Idem, il ne travaille pas durant les nombreuses fêtes religieuses juives ce qui peut poser problème lors des vendanges, car Rosh Hashana, Yom Kippour et Souccot s'étalent sur les mois de septembre et d'octobre.

    Enfin, il livre un message plus universel. Le shabbat, du vendredi soir au samedi soir, est bien sûr constitué d'interdits religieux. "Mais c'est très important de comprendre qu'il s'agit aussi d'une façon de penser, c'est-à-dire qu'il faut respecter le shabbat mais aussi comprendre pourquoi on le respecte".

    Selon Joseph, le shabbat aurait vocation à nous rendre la vie meilleure. Il serait ainsi une solution contre la pollution : si le monde entier suivait le shabbat (si, durant une journée, nous arrêtions de travailler, de prendre notre voiture, d'avoir un contact avec l'électricité...), nous économiserions une journée de pollution... Soit 1/7e de la pollution mondiale en moins ! Et de conclure : "la Torah ce n'est pas que pour les religieux, c'est pour tous ceux qui aiment la vie". Et les vins vivants, aurait-il pu ajouter.

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    ENGLISH VERSION Does natural wine come from Torah and Jewish tradition?

    Joseph Ergas' brain and mine do not work with the same software. I do not share his worldview or religion. This does not prevent me from going to visit him, appreciating its wines and, why not, finding common grounds.

    From a Italian-origin family, Joseph was born in Jerusalem and has spent his life in Israel. "My work? Learning Torah." He also manufactures tefillin, those phylacteries used for prayer. For sure, Joseph is an observant Jew. Is he an ultra-religious Jew? Without any doubt. But the world of ultra-Orthodox Judaism is very complex with many traditions, different schools and political ideas : some ultra Jews are even pro-Palestinian activists...

    Welcome to the Middle East, where you learn complexity of things.

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  • Jérusalem : le meilleur sandwich falafel de la ville

    On se répète, Jérusalem n'est pas la ville où on mange le mieux sur Terre. Il faut trouver les pépites, comme l'échoppe d'Hissam. C'est à Ras Al-Amud, Jérusalem-Est, pile face au Panorama Hotel. C'est-à-dire là où les touristes ne vont pas. Grand mal leur fasse.

    Hissam fait sans contestation possible les meilleurs falafels de toute la ville. Dieu, s'il existe, est témoin que j'en ai testé un bon paquet, mes kilos supplémentaires faisant foi. Chacun a son adresse favorite, plus ou moins connue, plus ou moins recommandable. La mienne est complètement hors des sentiers battus.

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    Notre homme cuit ses pois chiches lui-même et les assaisonne. Il forme les boulettes et les fait frire presque à la demande. Trois ou quatre dans un pain pita, avec du tahiné, quelques légumes, des condiments, un peu de piment. Dans la bouche, ça croque, ça craque, c'est chaud, c'est froid, c'est magique.

    10 NIS le sandwich (2 euros), c'est plus cher qu'à Hébron mais moins cher que dans la vieille ville. Il suffit de redescendre vers la porte des Lions à pied, joli panorama (d'où le nom de l'hôtel).

    Et puis pour Ramadan, on a droit à la taille supérieure, fourrée à la Vache Qui Rit. Certes, ce n'est pas du saint-nectaire fermier, mais on n'est pas chez les bobos ici.

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    ENGLISH VERSION The best falafel sandwich in Jerusalem

    Once again I can tell you that Jerusalem is not the perfect "food city". You have to find the hidden gems such as Hissam's shop. It's located in Ras Al-Amud area, East Jerusalem in front of the Panorama Hotel. That is to say, where tourists do not go. Pity. 

    Hissam is unquestionably the best falafel man in the whole city. God if he exists, is witness that I have tasted many of them. Everyone has his favorite address, more or less known, more or less interestinge. Mine is off the beaten tracks.

    Our man cooks chickpeas himself. He forms balls and fries them almost on demand. Three or four in a pita with tahini, some vegetables, pickles, a bit of chili. In the mouth, it crunches, it cracks, it's hot, it's cold, it's magic.

    10 NIS for a sandwich (2 euros) : it's more expensive than in Hebron but cheaper than in the Old City of JLem. Then, you can go down towards Lions Gate with this nice view (hence the hotel's name).

    And during Ramadan we eat the larger size, filled with Laughing Cow cheese. Of course it's not a wonderful French saint-nectaire cheese, but here we are not with the Bobos.

  • Jérusalem : les gaufres de Babette

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    L'affaire est située dans un quartier passant mais elle ne jouit pas de la réputation méritée. Sans doute parce que 5 euros la gaufre c'est un peu cher, mais qu'est-ce qui n'est pas cher dans cette ville ? Jérusalem n'est pas réputée pour ses grands talents culinaires, sauf certaines pépites comme ici.

    BabetteShamai St 16, Jerusalem,+972 2 625 7004

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    ENGLISH VERSION Babette's waffles in Jerusalem 

    This place is located in a crowdy neighborhood but has not the deserved reputation. Probably because waffles (5 euros each) are a bit expensive, but what is cheap in this town? Jerusalem is not known for its great culinary talents, except some hidden gems like here.

  • Jérusalem : une première addiction, le rogalah

    On le trouve partout ce petit croissant bien gras fourré au chocolat. Parfois, on devine de la cannelle. Souvent, on a tort. Mais c'est vraiment addictif.

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    ENGLISH VERSION mini-croissants addiction in Jerusalem

    It can be found everywhere. This is a choco-stuffed mini croissant. Sometimes we guess there is cinnamon. But often we are wrong. Belive me, it's really addictive.

  • Jérusalem : des pois chiches au cumin... sucrés !

    Laissons tremper les pois chiches une nuit. Puis dans l'eau frémissante autour d'une heure, tout dépend de la variété. Gardons les encore un peu croquants. Laissons la peau, ajoutons  du cumin et du sucre. C'est la friandise d'un de nos cuisiniers palestiniens pour le goûter.

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    ENGLISH VERSION Sweet chickpeas with cumin in Jerusalem

    Let soak the chickpeas overnight. Cook them around an hour in large amount of water, time depending on chickpeas variety. Keep them still a bit crunchy. Don't remove the skins, add cumin and salt. This is the magic treat of one of our Palestinian chefs.

  • L'exemple typique d'un restaurant palestinien

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    La cuisine, c'est le partage. On commande du poulet, des "salades" et des frites pour le côté mondialisé. Et les assiettes valsent. Le concept d'entrée plat dessert n'existe pas, ni même celui du "je-prends-un-plat-pour-moi-tu-en-prends-un-pour-toi". C'est pareil dans d'autres pays arabes ou en Asie. Cette table décomplexée est réjouissante pour un Parisien.

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    Et sur la table pas d'alcool. Hormis quelques villages chrétiens et quelques individus qui tournent le dos à la religion un peu rigoriste (par exemple à Naplouse), on ne trouve pas d'alcools dans les villes de Cisjordanie. 

    Ce restaurant se trouve sur la place principale de Jéricho, face à la mairie. On dit souvent que la cuisine palestinienne est moins percutante que la libanaise ; c'est certain, mais il ne faut pas oublier où vous êtes. Et comme partout, il y a des adresses moyennes, comme celle dont je parle ici, et des pépites... Bien sûr, on en reparlera.

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    ENGLISH VERSION A typical Palestinian menu

    Cooking is to be shared. We order chicken, "salads" and French fries. And plates came. Here nothing like Starter-Main-Dessert concept, nor even that of the "I-take-something-for-me-you-take-something-for-you". It's the same thing in any other Arab countries and Asia. This uninhibited table is overwhelming for a Parisian man.

    And on the table there is no alcohol. Apart from some Christian villages and a few individuals who turn their backs on religion (ie Nablus), we do not find alcohol in West Bank.

    This restaurant is located on the main square of Jericho, opposite Municipality. It is often said that the Palestinian cuisine is less powerful than the Lebanese; sure, but do not forget where you are. And as everywhere, there are average places, like here and there are hidden gems too... Of course, we'll talk about them.

  • Sous la douche, tu es plutôt chardonnay ou merlot ?

    J'y crois pas !! Y a un mec qui a oublié sa bouteille de blanc sous la douche...

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    À y regarder de près, il ne s'agit pas de vin. Mais de savon... aromatisé au vin ! Un savon au vin... Euh, au chardonnay, soyons précis. Si, si c'est écrit en hébreu, en anglais : "aromatic soap chardonnay wine". Le tout accompagné d'un joli paysage de vignes. C'est fabriqué par Life, une boîte israélienne qui fait dans les produits d'hygiène un peu bas de gamme.

    Pour ceux qui préfèrent le rouge, une parapharmacie de Jérusalem (côté Ouest) propose aussi la version au merlot. 15 shekels, soit 3 euros les 70 ml.

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    Côté ingrédients, on a connu des savons plus "naturels". Dans ce qui suit, un charabia pour chimiste, je ne retrouve pas la mention du chardonnay. J'imagine qu'il est caché sous le terme de "fragrance". Ah zut, moi qui pensais que c'était produit avec les moûts d'un joli meursault...

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    Et sous la douche, ça sent bon ? Mouais... C'est vert, un peu aigre même. Comme un raisin récolté bien avant la maturité. À ce prix-là, ça n'allait pas sentir le Roulot.

  • Aujourd'hui, le mur de séparation israélien empêcherait la naissance de Jésus à Bethléem

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    En ce 25 décembre 2013, Marie accoucherait sans doute au checkpoint de Gilo300, entre Jérusalem et Bethléem.

    Venue de Nazareth (dans le nord d'Israël) avec Joseph, la Vierge se verrait aujourd'hui arrêtée par le mur qui sépare Israël de la Palestine. L'artiste britannique Banksy a affolé les réseaux sociaux avec sa carte de vœux qui illustre bien l'affaire.

    Plus réelle est cette crèche en bois d'olivier imaginée par la famille Anastas qu'elle vend dans son magasin de souvenirs, à Bethléem. L'image s'avère forcément traditionnelle mais l'idée géniale, c'est d'ajouter un mur de séparation amovible qui sépare (ou non) le petit Jésus des Rois Mages. 

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    Il faut dire que Johnny et Claire Anastas vivent dans une maison entourée des trois côtés par le mur de séparation. Forcément, ça donne des idées.

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    Israël désire ardemment "protéger" la Tombe de Rachel. D'où ce dédale. Chez les Anastas, l'accueil est souriant malgré tout. Quel meilleur endroit pour parler des conséquences de l'occupation sur le quotidien des Palestiniens ? Ici, on fait aussi chambres d'hôtes. Pour y accéder, c'est toujours tout droit par rapport à la sortie "piétons" du checkpoint.

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    Joyeux Noël quand même.

  • Jérusalem : Ezra Kedem, le Passard israélien

    Ezra Kadem cultive son jardin. Comme Voltaire, comme Alain Passard. Des monts de Judée provient plus de la moitié des légumes (cultivés en biodynamie) servis dans son restaurant Arcadia, dans le centre-ville de Jérusalem-Ouest. Le reste, il l'achète à des paysans avec qui il entretient une relation on ne peut plus régulière. Alors qu'Israël, malgré ses richesses naturelles, subit de plein fouet la malbouffe, ici les légumes ont un goût de reviens-y. Pour preuve ce carpaccio d'aubergine, plat désormais mythique de mon Panthéon culinaire.

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    Ezra Kadem est avant tout un homme facile d'accès. Comme sa cuisine pourrait-on dire. D'ordinaire, en septembre et en octobre, le restaurant est fermé. Mais c'est vrai que j'ai un peu insisté et surtout, j'ai eu de la chance : il ouvrait pour un dîner privé, un anniversaire pour une tablée d'une demi-douzaine de personnes. Il a accepté ce jour-là que nous venions à deux manger au restaurant, nous aussi. Moment magique s'il en est : le fleuron de la gastronomie israélienne (quasi) privatisée. Une soirée au calme et comme serveur, le chef lui-même. Il vient s'enquérir de notre avis sur le vin, sur chaque plat avant d'apporter là une assiette supplémentaire, là un entremets en plus. Dès la fin de l'entrée, l'estomac crie assez.
     
    Mais revenons au début. À côté de l'aubergine, quelques coupelles avec une huile d'olive de belle naissance, quelques épices et surtout ce houmous sur la gauche, la deuxième claque de la soirée. Le chef nous livre son secret : en fait ce n'est pas du houmous, car il n'y a pas de pois chiche. Certes le goût prononcé du tahiné nous a induit en erreur ; l'ingrédient principal, c'est du fromage blanc battu. Additionné d'un peu d'huile de curcuma, il donne un antipasto de haut vol. Avec un pain maison à se damner... ce qui à Jérusalem est un comble. 
     
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    A côté, les gnocchis aux crevettes et différents tartares de poisson (mérou, bar...).
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    La viande du moment, c'était l'agneau. En côtes ou en selle cuite amoureusement en cocotte, c'est déjà beaucoup trop pour nos deux estomacs. Bien sûr, c'est parfaitement cuit mais surtout la petite salade chaude de pois chiche/féculents/légumes verts confine au merveilleux.

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    En dessert aussi, nous avons eu droit à du rab. 

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     Pour couronner le repas, une infusion du jardin à tomber à la renverse de fraîcheur et d'équilibre.

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    J'allais en oublier le vin. C'était aussi une belle surprise même si évidemment on reste dans le classique. La carte de vins israéliens est somme toute longue même si on reste très souvent sur un travail avec des levures exogènes et une belle tripotée de soufre. La Sea Horse Winery produit un très joli chenin (cuvée James) qui scintille parfaitement avec tout le repas. Aucune lourdeur, une sacrée classe.
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    Arcadia, Agripas 10, Jérusalem-Ouest. Les photos sombres ne rendent pas hommage au travail du chef. Encore une fois, pour se faire une idée, il faudra venir sur place...
  • Un dîner à l'American Colony Hotel, le palace de Jérusalem-Est

    Peut-on vraiment utiliser le mot de palace, ici à Jérusalem-Est ? Avec la chambre qui commence à 300 dollars, on répond oui. Le lieu est en tout cas un havre de paix (au sens propre comme au figuré, ce qui est rare dans le coin) que les hautes sociétés palestinienne, israélienne, étrangère fréquentent régulièrement. La presse internationale, les responsables d'O.N.G. et les experts de tout poil ont fait du petit patio leur QG officieux. Voire officiel tel Tony Blair qui, lorsqu'il était médiateur pour le conflit, avait loué tout un étage. Plus poétiquement, Chagall, Le Carré, Mandela avaient leurs habitudes ici. C'est tout de même plus joli que le massif King David Hotel, son homologue à Jérusalem-Ouest.
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    La cuisine palestinienne est remarquable. Les assiettes commencent à 20 euros tout de même, mais rappelons que partout en ville, les prix n'ont rien à envier à ceux de Paris. Depuis quelques années, plutôt que les bombes, ce sont les tarifs des restaurants qui ont explosé.

    On rigole moins quand on a ces légumes fourrés au riz dans l'assiette. C'est l'un des plats palestiniens les plus répandus, le premier qui m'ait été donné de manger dans une famille de Jérusalem il y a plusieurs années. Ici il est magnifié. Les légumes (courgettes, aubergines, feuille de vignes - nous sommes mi-septembre) ont le goût de légumes, la sauce tomate apporte une remarquable acidité.

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    En dessert, une tarte aux pommes bien troussée pour le prix d'un mauvais dessert à Paris (7 euros). 
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    Le havre de paix est aussi culinaire : enfin, une adresse paradoxalement assez simple et loin de la malbouffe. Et comme la Taybeh à la pression n'est pas plus chère qu'ailleurs...

    Arabesque, restaurant de l'American Colony Hotel, 1 Louis Vincent Street, Jérusalem-Est.

  • Jérusalem : la cuisine des femmes palestiniennes

    Le centre Melia aide les femmes palestiniennes depuis 1926. En haut du quartier chrétien, dans Frères Street, une boutique propose des broderies réalisées dans les villages de Cisjordanie. A côté, l'association gère aussi le restaurant Bint-al-Balad ("la fille du pays"). Chaque matin, des femmes cuisinent pour le repas du midi, l'endroit étant fermé le soir comme beaucoup d'autres dans la vieille ville.

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    Kubbeh (fameuses croquettes à la viande), feuilles de vigne farcies au riz, plats du jour... Tout est réalisé à la main, puis congelé quand il y a du surplus. Bref, on est à la maison et ici à Jérusalem, ça n'a pas de prix. Loin des fast-foods débitant de la bouffe industrielle à la tonne, c'est l'un des restaurants-révélation du séjour.

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    L'addition ? Encore une fois, ce n'est pas donné mais à part une assiette de houmous, rien n'est donné dans cette ville. Seulement, on se répète, ici la bouffe ne sort pas du Métro israélien et l'argent n'est pas dépensé en vain.
     
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    Bint al Balad, Frères Street, quartier chrétien, vers la Porte Neuve.
  • Jérusalem : un apéro avec la jeunesse palestinienne

    En remontant de la porte de Damas, tout le monde s'arrête au Jerusalem Hotel. C'est normal : il est dans tous les guides, le patio est agréable, la bière palestinienne Taybeh à la pression et la nourriture correcte. C'est l'endroit parfait pour rencontrer des membres d'ONG ou les journalistes que l'on ne croise pas à l'American Colony. C'est-à-dire qu'on n'y rencontre pas les chefs, mais les sous-chefs. Le problème, c'est que pour un papotage avec l'autochtone, on fait mieux. Et mieux, c'est un tout petit peu plus loin dans Nablus Road, à l'étage d'une vieille maison ottomane datant de 1905. 

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    Ancien siège du Parti communiste local, Al-Mihbash a perdu cette vocation politique pour devenir un hôtel-restaurant. Ici, très peu voire pas du tout d'étrangers. Seule la jeunesse palestinienne aussi dorée que le Dôme du Rocher se paie du bon temps. Déjà, elle a la chance d'habiter à Jérusalem, ce qui est bien plus simple pour trouver du travail. Ensuite, à voir les consommation et les narguilés se succéder, on soupçonne qu'elle n'est pas à plaindre.
     
    La carte brasserie fait la part belle à la cuisine palestinienne. Et c'est étonnement frais, notamment ce taboulé à la libanaise ou les pizzas au zaatar. Dans le verre, Taybeh à la pression aussi (on ne redira jamais assez que c'est là qu'elle est la meilleure) ou le vin des moines de Crémisan, à côté de Bethléem.

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    Al Mihbash, 1 Nablus Road, Jérusalem-Est.
  • Jérusalem : ah bon, ça ne voyage pas le vin naturel ?

    A pied jusqu'au métro. Puis RER. Puis la navette Orly-Val. Puis à pied jusqu'au comptoir d'enregistrement. Puis tapis roulant. Puis, confiée à la compagnie Pegasus Airlines, je l'imagine transbahutée d'un chariot à un tapis roulant avant de voyager en soute. Puis rebelote, car escale à Istanbul. Récupérée à l'aéroport Ben-Gourion à Tel Aviv, elle est revenue sur mon dos. Puis taxi collectif jusqu'à la porte de Jaffa à Jérusalem. Puis à pied à travers la vieille ville pour un premier coucou de nuit au mur des Lamentations et au Dôme du Rocher. Puis taxi privé pour rejoindre mon hébergement. Dans la chambre, elle s'est reposée 3 jours à température ambiante (il faisait 33 degrés dehors, pas beaucoup moins dedans, avec une forte amplitude thermique la nuit).

    Tout ça pour dire qu'elle a bien bourlingué la boutanche de Noëlla Morantin. C'est le gamay 2012 baptisé Mon Cher que j'ai apporté à Jérusalem (coquelicot sur un rocher, comme disait l'autre - ok, c'est plutôt des roses sur l'étiquette). C'était ma seule concession à la saine obligation de boire local ; je voulais voir si le cœur de Mon Cher allait s'accorder avec mon amour pour cette ville.

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    Émerveillée d'être offerte à un paysage si différent des bords de Loire, elle n'avait même pas pris le temps de se refroidir. Malgré les 23 degrés de ce début de soirée, les verres moutarde n'ont pas suffit à banaliser les splendides arômes de fruits rouges. Certes, ça bubullait un peu au début, mais c'est parfois le cas à Paris.

    Son fabuleux voyage, les différences de pression, de température, d'altitude (Jérusalem se trouve à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer dans les monts de Judée)... Rien n'a entaché le potentiel de ce vin. C'était ma foi fort glouglou et tempérait le côté fumé du houmous. Le lendemain matin, j'ai refait la photo collector avec la bouteille bien vide.

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    Cette petite parenthèse ligérienne entre le houmous et l'arak est maintenant terminée.

  • Jérusalem : une assiette en céramique arménienne

    Il y a ce qu'on met dans l'assiette et il y a l'assiette elle-même. J'ai vraiment eu un coup de foudre pour le magasin de céramiques Sandrouni. Le patron parle joliment français et fait visiter le petit atelier où tout est fait à la main. C'est forcément un peu plus cher que tout ce qui est vendu dans la vieille ville, mais là on ne sait pas vraiment d'où ça vient.

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    Sandrouni, Rue du Patriarcat arménien, face à la cathédrale arménienne Saint-Jacques.

  • Jérusalem : l'arak, le médicament palestinien

    L'arak résulte d'un subtil travail du raisin. On distille des jus blancs avec trois ou quatre passages dans l'alambic avant d'ajouter quelques graines d'anis pour parfumer. Si certains peuvent penser que son goût est similaire à celui de notre pastis, force est de constater que le processus de production de l'arak est bien différent, notre Ricard n'étant qu'une macération/distillation de pneus d'herbes aromatiques plus ou moins bien maîtrisée selon les producteurs. Dans l'arak, c'est du raisin, comme le cognac ou l'armagnac.

    Comme pour tout bon digestif, on peut le boire en apéro : allongé avec de l'eau, sa transparence en fait un liquide tout blanc que l'on surnomme "lait de lion" dans le Croissant fertile. Et en tant que digestif, bu pur, il soigne tout : maux de ventre, bactéries, rhumatismes, conflit israélo-palestinien...

    Qu'on l'appelle raki en Turquie, ouzo en Grèce ou arak au Liban-Syrie-Jordanie-Palestine, on évite là aussi de disserter sur qui l'a inventé. Israël aussi suit le mouvement et en produit un peu mais le pays reste à la traîne, préférant les alcools importés. Ce qui est sûr, pour en avoir goûté un peu partout dans la région, c'est que celui des arabes chrétiens de Bethléem, l'Arack Sabat Extra, est le plus fin. Ne cherchez pas chez votre caviste en ligne, ça n'existe pas. On ne peut se procurer son shoot que dans les échoppes autour de la Porte Neuve, à Jérusalem.

    Mes amis disent souvent que Jésus en buvait déjà à son époque. Peut-être. En tout cas, ils disent ça après en avoir eux-mêmes un peu abusé...

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  • Jérusalem : boire une bière contre l'occupation israélienne

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    A Paris, on se repère grâce aux stations de métro. A Jérusalem, on se repère grâce aux stations du chemin de croix. 

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    Ce café arménien se situe juste entre les IIIe et IVe station du chemin de croix. Devant l'entrée, Jésus est tombé pour la première fois. Puis, dans ces hauts murs se cache l'humble chapelle commémorant la rencontre avec sa mère. 

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    Bien à l'écart du tumulte de la rue Al Wad qui descend de la Porte de Damas au mur des Lamentations, ce petit café est le lieu parfait pour une pause, un biscuit, une bière palestinienne Taybeh.

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    Cette bière est produite à Taybeh dans un village chrétien de Cisjordanie, à quelques kilomètres de Ramallah, un village que Jésus a aussi visité selon Saint-Jean. Sa saveur incomparable alterne les amers et les acides. C'est évidemment à la pression qu'elle donne le meilleur d'elle-même (au Jerusalem Hotel, à l'American Colony, chez Al Mihbash...). Elle surpasse de très loin les infâmes pisses israéliennes, danoises, néerlandaises dont le pays est abreuvé. Son slogan "The finest beer in the Middle East" n'est pas usurpé. 

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    Chaque année, la brasserie s'amuse à faire sa propre Oktoberfest qui attire des soiffards venus du monde entier. Et forcément ça ne plait pas des masses à une Cisjordanie assez rigoriste même si la teuf a bien eu lieu en 2013.

    La Taybeh sort des frontières de Cisjordanie pour être vendue en Israël, mais on ne la trouve pas partout - c'est-à-dire qu'il faut viser les cafés chrétiens. Ailleurs, elle est disponible en Belgique ou en Allemagne, mais c'est une licence concédée par la brasserie palestinienne. Elle n'est donc pas brassée en Cisjordanie, elle n'a pas tout à fait la même saveur. 

    De manière plus générale et tout à fait sérieuse, la bière peut à elle seule illustrer la complexité de Jérusalem. J'avais déjà consacré un article à cette "géopolitique de la bière".

  • Jérusalem : comment reconnaître une bonne limonade ?

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    Si le houmous est le plat national (mais au fait, de quelle nation parle-t-on ?), la limonade est son équivalent liquide. C'est la boisson que l'on retrouve partout, chez les Israéliens ET chez les Palestiniens, notamment dans les endroits où on ne sert pas d'alcool. Des deux côtés de la ville, des deux côtés du mur de séparation comme en témoignent ces deux photos quasi identiques : la première chez Afteem à Bethléem, la seconde chez Abu Shukri dans la vieille ville de Jérusalem.
     
    Citron, eau, sucre. Et un peu de menthe, d'où cette couleur parfois verte, parfois un peu plus caca d'oie quand la menthe est moins fraîche. On mixe le tout et on le sert très frais. Pour reconnaître l'adresse est honnête, on se fie à l'acidité du jus : les jus maison sont bien citronnés, les industriels tendent plutôt vers le sucre, saveur réputée plus accessible.
     
    Aparté. Comme dans beaucoup d'autres pays, on est sidéré par le nombre de restaurants qui servent une bouffe aseptisée, insipide. Mais ici, c'est un problème assez caractéristique. Alors que les richesses naturelles du pays sont si nombreuses, alors que les cultures culinaires sont si variées, la consommation de bouffe industrielle (et surtout sans âme) tient le haut du pavé. Heureusement, il y a des exceptions magnifiques.

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  • Jérusalem : où manger du houmous ?

    Réponse : partout.

    Ne voulant pas déclencher une troisième Intifada à moi tout seul, je me garderais bien de me prononcer sur l'origine du houmous : est-il libanais ? Ou israélien ? Ou syro-palestinien ? Ce qui est indéniable, c'est que ce mets somme toute un peu bizarre est devenu le symbole culinaire de Jérusalem, comme le Dôme du Rocher en est le symbole architectural. On en mange à l'ouest, on en mange à l'est, on en mange au nord, on en mange au sud, on en mange sur la Ligne verte de 1967, on en mange face au mur de séparation, on en mange près du mur des Lamentations, on en mange près du Saint-Sépulcre... Comme les chats errants la nuit, le houmous ne connait pas les frontières.

    Précisément, de quoi s'agit-il ? Il y a sans doute autant de recettes que de familles, voire d'individus, mais une base est partout respectée : un savant mélange de pois chiche écrasés, de tahiné (pâte de sésame dont le goût peut lui aussi varier à l'infini) et d'huile d'olive. Les dosages diffèrent partout, la qualité des produits aussi. Manger le même houmous dans deux endroits différents relève du coup de chance ou d'une bouffe industrielle (et là, pas de chance).

    Comment faire pour choisir son houmous ? Nous sommes allés à la rencontre de quelques adresses historiques. Réaliser une monographie du houmous à Jérusalem reviendrait à tester presque tous les restaurants de la ville. Déjà, pour en faire sortir certains du lot, notre estomac a été mis à rude épreuve : houmous à midi, houmous le soir. Il y a un moment où tu n'en peux plus et ce moment arrive rapidement. Voici quelques résultats glanés avant d'être devenu moi-même un gros pois chiche. Il n'y a pas de classement ici, c'est idiot les classements.

    Dernière chose : dans chaque restaurant, le houmous est servi avec du pain pita (plus ou moins bien fait) et des pickles (légumes saumurés plus ou moins comestibles). A chaque fois, il en coûte entre 3 et 4 euros l'assiette, ce qui reste raisonnable dans une ville où ces dernières années, ce sont les prix (plutôt que les bombes) ont explosé.

    Lina : soyeux, crémeux, très poischiché. De loin, le meilleur de la ville, à mon avis. A 20 mètres au-dessus de la 8e station du chemin de croix. Oui, à Paris, les bistrots me servent de points de repère ; à Jérusalem, ce sont les stations du chemin de croix ou les édifices religieux. 

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    Abu Shukri : une institution. Une bonne dose de tahiné rend la chose très torréfiée. L'huile d'olive qui l'accompagne est très plaisante. Rue Al Wad, face à la 5e station du Chemin de croix. 

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    Jerusalem Hotel : moins crémeux mais malgré tout plus léger. Une réussite. Sur Nablus Road, à quelques minutes de la porte de Damas. 

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    Al Mihbash : l'assiette la plus "fait maison". Comme pour tout ce qui vient de ce restaurant, le houmous semble extrêmement frais. Un peu plus haut que le Jerusalem Hotel, sur Nablus Road aussi.

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    Rahmo : là aussi, forte dose de tahiné. La texture très fondante s'explique sans doute parce qu'il n'est pas servi à température ambiante mais un peu chaud. Dans la rue Ehskol, à côté du marché Mahane Yahouda, côté Jérusalem-ouest.

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    Versavee : comme l'ensemble des plats servis ici, le houmous ne laisse aucun souvenir. Le passage dans lequel est situé le restaurant, juste à gauche après la porte de Jaffa faisait envie. Mais non. La déception du séjour.

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    Afteem : une belle assiette et un plat très citronné. A Bethléem, en contrebas de la place de la Crèche. Une halte connue des pèlerins depuis que les proprios ont été chassés de Jaffa en 1948.

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    Et on en oublie...

  • Jérusalem : le presse-agrumes hérétique

    Même ceux qui n'ont jamais mis les pieds à Jérusalem voient de quoi je parle. Voici un objet que je trouve délirant, tout droit sorti du cerveau fécond d'un designer foufou. Croisé dans une exposition à la Tour de David, à Jérusalem : un presse-agrumes façon Dôme du Rocher. Quand on sait que ce monument est depuis le VIIe siècle le symbole de la ville, qu'on le voit sur (presque) toutes les cartes postales et sur tous les posters de "martyrs" palestiniens... Ce n'est malheureusement qu'un prototype qui montre une (sacrée) liberté de penser.

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    Les touristes se pressent de plus en plus nombreux à Jérusalem, sur les lieux chargés d'histoire, sur les lieux saints des trois religions monothéistes ou encore sur les lieux du conflit actuel. La preuve, il y a maintenant un Guide du Routard sur Israël et Palestine, c'est dire.

    Tout cela, j'ai eu l'occasion de le vérifier lors de ma quatrième visite là-bas, en septembre dernier. C'est pourtant le premier voyage que je vais chroniquer ici. Dans les jours à venir, nous allons donc parler de Jérusalem, d'Hébron, de Naplouse, de colonies, de zaatar, de vins locaux, de limonade... J'oubliais que j'avais déjà évoqué précédemment les bières locales et du vin de Cremisan - mais on en reparlera aussi.

    A suivre donc un carnet de bonnes adresses si jamais la folle idée vous prend d'aller visiter ce joyeux bordel...

  • Daily Syrien, ou la difficulté de trouver un bon falafel à Paris

    En ces temps troublés, il est bon de se souvenir que la Syrie est le berceau de toutes les cuisines du Proche-Orient, Alep en étant le point stratégique. Cette région du globe a connu plusieurs conflits militaires ou religieux... mais aussi des conflits plus culturels, ainsi cette guerre du falafel : tous les pays du Proche-Orient se disputent la paternité de ces boulettes de pois chiche souvent fourrées dans un sandwich. Et à Paris, les quelques restaurants syriens, libanais, palestiniens ou israéliens ne brillent pas autant que la coupole du Dôme du Rocher... Comme beaucoup de Parisiens ou de touristes, j'ai longtemps erré rue des Rosiers où L'As du Fallafel est devenu, bon an mal an, la référence parisienne. Va savoir pourquoi.

    Puis mes séjours à Jérusalem ont changé la donne. A Bethléem plus précisément, où, face à la basilique de la Nativité, Afteem (Manger Square, 00 972 2 2747940) sert le nec plus ultra du falafel avec le pain cuit chez le boulanger... Evidemment, chaque retour en France se fait dans la tristesse de ne pas retrouver l'équivalent. J'en suis venu à bouder L'As qui en définitive se révèle plus que banal quand on a eu la chance de goûter ce mets de choix dans sa région d'origine. Bref, je ne mangeais plus que des falafels maison, confectionnés avec la poudre bio de Naturalia, additionnée d'eau et frite. Faute d'être l'éclate, c'était un bon succédané, moins onéreux que dans le Marais. Enfin ça, c'était avant. Avant l'arrivée de cette échoppe : le Daily Syrien, curieux mélange de maison de la presse et d'ambassade gastronomique du Proche-Orient. 

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    Le patron viendrait du sud de la Syrie, juste à côté de la frontière israélienne. N'ayez pas peur, on n'est pas dans Hatufim. Ici, on ne parle que de bouffe : c'est frais et c'est extrêmement bon. 

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    A emporter ou à table (ici l'assiette des mezze).

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    Labneh, le fromage frais un peu aigre, sommet insurpassable de la gastronomie du Croissant fertile. 

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    Même le houmous n'est pas lourd, pas saturé de tahiné, pas suitant d'huile. C'est dire...

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    Tiens, je n'ai pas goûté ce taboulé. Au fait : le taboulé proche-oriental n'a rien à voir avec notre semoule indigeste. Là-bas, la base est constituée d'herbes fraîches, d'où cet alléchant vert.

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    J'allais oublier la douceur. Le mouhalabieh, cet entremets pour lequel on dénombre sans doute 50 orthographes et 50 recettes différentes. Léger, sans forcer sur l'eau de fleur d'oranger, il appelle son petit frère même si la cuisine qui a précédé tient au corps.

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    Question boisson ? C'est un peu le désert de Judée... Alors un thé à la menthe.

    Daily Syrien, 55 rue du Faubourg-Saint-Denis, 75 010 Paris, 09 54 11 75 35.

  • La bière, un des révélateurs de la complexité du conflit israélo-palestinien

    Ce qu'il y a d'intéressant dans le vin et les alcools en général, c'est qu'ils racontent autre chose que des beuveries sous la lune. Je pense sincèrement que les boissons fermentées ou distillées témoignent de l'histoire, de la géographie, de la géologie, de la climatologie ou des traditions d'un lieu ; et c'est en ça que leur étude et leur dégustation sont passionnantes. Elles peuvent aussi raconter la guerre et la complexité d'une situation géopolitique.

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    A chacun de mes voyages à Jérusalem (comme partout dans le monde d'ailleurs, mais peut-être un peu plus ici), les journées s'avèrent physiquement harassantes et intellectuellement exigeantes. Réflexe relaxant chaque soir : s'ouvrir une bonne bière sur la terrasse de notre hôtel. On jouit d'une vue imprenable sur les soubresauts de l'actualité lorsqu'on surplombe le quartier musulman et tout le centre historique de la ville dite "trois fois sainte" : à ma gauche, le Dôme du Rocher et dans la crevasse, au centre, l'esplanade du mur des Lamentations...

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    ...et sur la droite, les bulbes sombres du Saint-Sépulcre.

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    Mais où la boire ou l'acheter cette bière ? A Jérusalem-Ouest, hors les murs, à l'ouest de la Ligne verte de 1967, c'est-à-dire côté israélien, on se procure facilement les israéliennes Maccabee, Goldstar, Nesher ou Salomon. Assez industrielles, je les trouve ennuyeuses mais pas chères ; bref, on ne s'y attarde pas.

    Pour s'amuser un peu question bière, il faut passer de l'autre côté, côté palestinien. Dans les restos pas donnés de Jérusalem-Est, repaires des responsables d'O.N.G. ou des journalistes étrangers, on croise la palestinienne Taybeh. Combien ai-je vu de soirées finir à coups de Taybeh pression au Jerusalem Hotel, le Café de Flore local ? Plus la nuit avance, plus tu crois pouvoir résoudre le conflit à toi tout seul, juste en buvant des pintes...

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    Ironie du sort à Jérusalem-Est, quand on n'a plus de récipients neutres et propres pour servir la bière palestienne, on utilise des verres à l'effigie de la cousine israélienne. S'ils font exprès de nous perdre en changeant le contenant, on n'est pas rendu.

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    Je m'arrête un peu sur la Taybeh, du fait de son caractère plus artisanal que les autres. Elle est produite en Cisjordanie, dans le village chrétien de Taybeh, au nord de la capitale Ramallah. Son goût est infiniement plus noble que les autres bières disponibles dans le coin : épicé, acide, rafraichissant, digeste. Son gros problème réside dans le fait qu'elle est produite de l'autre côté du mur de séparation, ce qui rend toute exportation à l'étranger périlleuse alors que les israéliennes se trouvent sans trop de souci à Paris. Aberration supplémentaire : elle est exportée plus ou moins aisément en Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et même aux Usa. En France ? Nada ! Et après on nous dit que nous sommes un pays pro-palestinien ? Si un importateur aux reins solides m'entend, j'ai tous les contacts à disposition.

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    Retour dans la vieille ville de Jérusalem. Dans les quelques échoppes du quartier juif ouvertes le soir et qui vendent de l'alcool, on ne trouve que les bières israéliennes et les étrangères que tout le monde connait. Dans les quartiers chrétien et arménien, on achète une israélienne à six shekels (un peu plus d'un euros) et de la Taybeh deux fois plus chère : et oui, il faut lui faire passer le mur et les quantités produites ne sont pas les mêmes... Quand les rayons sont bien achalandés, on trouve parfois l'américaine Budweiser ou la danoise Carlsberg. Plus on se rapproche du quartier musulman, plus la boisson devient rare. Rue Al-Wad, une des grandes artères du souk, on peut encore trouver une jordanienne sans alcool hyper maltée. Inutile de retenir son nom, elle est infâme. Avant de rentrer à la maison pour boire un coup à la face du monde, il faut avoir dégoté les bonnes adresses et se faufiler dans ce labyrinthe qu'est Jérusalem.

    Nul besoin de s'intéresser aux grandes théories pour comprendre la complexité de l'actualité, la vie quotidienne l'illustre à merveille. Pour les curieux, Julien Boudisseau et moi avons tenté de raconter précisément tous ces "détails qui piquent la curiosité" (pour reprendre le mot de Chateaubriand) dans un ouvrage intitulé Ici à Jérusalem publié il y a deux ans.

    Les photos ont été prises par Julien ou moi en 2008, 2009 et 2010.

  • Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée

    Dans la Bible, quelle est la seule phrase que prononce Marie ? Une seule de ses interventions est rapportée au style direct...

    C'est une saine lecture, celle des romans de Jérôme Leroy, qui m'a mis la puce à l'oreille. En ce week-end pascal, je laisse chacun disserter sur le sens de la chose. Voici ce que dit Marie, voici les seuls mots sortis de sa bouche dans les Ecritures, ouvrez les guillemets : "ils n'ont pas de vin" (Jean 2 : 3).

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    Pâques, c'est surtout Jérusalem, où j'ai pris cette photo avec ma bande d'alcooliques de copains un vendredi de mai 2010. En plein sur la ligne verte, à la terrasse du Centre Notre-Dame, face à la Porte Neuve. Il nous fallait bien un petit blanc local pour fêter le week-end. Produit en Cisjordanie, à Bethléem, il semble avoir passé le mur de séparation sans trop d'encombres. C'est un truc introuvable dans nos contrées, je pense : le Cremisan 2008 "vieux hock" (hock est un terme anglo-saxon pour parler des vins du Rhin, allez comprendre... si quelqu'un a des infos...). Ce n'est pas un grand cru mais un vin sympathique bien sec et plutôt fruité, si j'ai bonne mémoire. Léger et rafraichissant : la Ville a bien besoin de ça.
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