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jo landron

  • Youpi et Voilà : un tartare sublime, le reste plus passe-partout et des soucis côté vin.

    En ce qui concerne Youpi et Voilà, je ne vais pas participer au concert de louanges. Pourtant, c'est logiquement le genre d'adresses qui m'emballe : beaux produits, belles cuissons, jolis vins naturels. Enfin, c'est ainsi qu'on me le présente. La presse et les blogueurs sont assez unanimes : c'est bon, voire très bon, voire trop bon selon le Fooding. Je résume mon jugement : les entrées sont absolument magnifiques et on devrait s'en tenir à elles. De plus, si le vin me parle, son prix me laisse un peu estomaqué. Voyons ça de plus près.

    Je récapitule pour ceux qui n'ont pas suivi : Patrice Gelbart, ancien restaurateur dans le Tarn, puis passé par le Verre Volé a ouvert très récemment cette adresse qui commence à cartonner. Youpi et voilà que ça s'appelle. Déjà, je l'avoue, je n'aime pas ce nom.

    A midi, entrée + plat + dessert à 25 euros. Mouais, c'est pas donné-donné mais il y a sans doute du travail derrière. Assurément. Le tartare de veau avec des champignons de Paris râpés (bam !), un trait d'oeufs et des oignons confits : c'est un plat magnifique. Et terrrrrriblement bon. Sans doute le meilleur tartare mangé à Paris.

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    L'accroche est plus que positive mais la suite est plus brouillonne. Comme ce lieu jaune de ligne. Je trouve que les légumes sont archicuits et que le poisson ne répond pas présent. Les petits morceaux d'olives croquants tentent tant bien que mal de faire virevolter la chose. C'est très beau mais un peu plat.

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    En dessert idem, pain d'épices pas très excitant et rhubarbe sympathique. Bon, j'en suis sûr, le resto est encore en rodage.

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    Je récapitule : une entrée merveilleuse mais en fin de compte les portions sont chiches et donc le prix s'avère relativement élevé.

    Et le vin ? Certes c'est du naturel à 100 % et je les adore tous (Sarnin-Berrux, Binner, Causses-Marines...). Mais franchement le verre de Vain de Rû (Dominique Andiran) à 5 euros alors que la bouteille n'en vaut même pas 7 chez ton caviste, y a une couille dans le pâté côté prix. Ajoutons que la dose est très chiche. Il y a bien un vrai problème avec le prix du vin au verre. Oui, on me dira que c'est le cas partout. Mais je trouve qu'ici c'est vraiment problématique.

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    Bien sûr, je n'avais pas porté le calice à mes lèvres avant de faire la photo. En ce qui concerne le prix des bouteilles sur table, je ne serai pas aussi méchant.

    Mais j'ai un autre souci sur le vin. Avec le tartare j'ai pris l'ondenc des Causses-Marines (cuvée Dencon). Magnifique blanc, rond, fort et un peu amer. Avec le poisson, je demande un non moins magnifique Amphibolite nature de Landron (6 euros, même réfléxion que pour le Vain de Rû). Et v'là t'y pas qu'on me le sert dans le même verre, où il restait un fond d'ondenc. Bref, y a une couille dans le pâté avec le vin dans cette adresse.

    Youpi et Voilà, 8 rue Vicq-d'Azir, 75 010 Paris, 01 83 89 12 63.

  • Avec ces alcools, la fête est plus folle !

    Pour une grosse teuf à la maison avec une quinzaine de personnes, on n'est pas obligé de sortir le Dourthe, ni les petites récoltes de Nicolas ni d'autres vins de supermarchés. On peut aussi bien faire les choses, choisir des vins "dont les raisins sont issus de l'agriculture biologique" ou tout simplement quelques vins dits naturels qui ont la particularité d'être délicieux... Et puisqu'il y a ici moins de soufre que chez Carrefour, Auchan ou Franprix, on va limiter le mal de crâne le lendemain. Encore une chose, le prix : on va sortir quelques bouteilles bien sympathiques mais on ne va pas non plus tabler sur Selosse pour toute l'assemblée... Il y a donc un petit secret pour ne pas se ruiner.

    Pour s'exciter les papilles, plutôt qu'un champagne bas de gamme qui me bouffe l'oesophage, misons sur Atmosphères, le muscadet pétillant de Jo Landron. C'est parfumé, la bouteille a de la gueule et les bulles ça en jette.

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    Le rosé 2010 d'Hervé Villemade, très léger, n'a pas remporté les suffrages que j'espérais. Je suis un peu déçu donc. On le goûtera à nouveau et plus au calme.

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    Autre perle, le rosé de Gaillac de Phillipe Maffre (Bois Moisset). Joli bonbon bien sec mais plein d'amour. Une belle bouteille, y a pas à dire.

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    Transition avant les rouges. Un magnum de Boire Tue de Pascal Simonutti. Evidemment l'étiquette interpelle (le vigneron est le roi de la provoc) mais le contenant aussi. Le pineau d'aunis à son paroxysme : léger, fruité, gouleyant, vif, dégraissant, digeste, rafraichissant... Le vin parfait pour les grandes fêtes. Sauf que le magnum se vide trop vite.

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    L'une des bouteilles de la soirée, le Château Falfas 2006 en Côtes de Bourg. Mais oui, il ne faut pas hésiter à sortir le bordeaux quand on y croit : ici, c'est du biodynamique tout de même. J'avoue que, même si j'y croyais, mes idées reçues étaient assez fortes et j'ai mis un peu de temps avant d'y glisser le nez. C'est un vin extrêmement classe, très pointu, pas lourd du tout et bien piquant. Je peux même avouer que je l'ai acheté au Repaire de Bacchus et que j'irai en acheter à nouveau.

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    Enfin, un petit secret pour étancher la soif des convives à moindre prix. Ce n'est pas très compliqué, il suffit de suivre les recettes éculées. A savoir un petit cubi de blanc égayer toute la soirée. Oui, oui, du cubi et pas du tord-boyaux... ça existe ! Il suffit d'aller chez un caviste de très grande qualité (Les Papilles, rue Daguerre, dans le XIVe) et de dégoter 5 litres du sauvignon 2009 d'Hervé Villemade pour une trentaine d'euros (6 euros le litron donc, aussi cher que le pinard dégueu de la supérette). Sauvignon pur, un vin plus classique que les autres cuvées du maître et sans doute un peu plus de soufre pour la conservation. C'est assurément excellent : si tous les bistros nous servaient ça au lieu d'un improbable sauvignon de comptoir, Paris aurait un peu plus le moral. Par contre, les préjugés ont la vie dure : les gens autour de moi rechignent à goûter à ce vin sorti d'un carton dans le frigo. Et puis une fois dans la bouche, tout le monde veut être reservi. La preuve que le vin en cubi, ça peut être terrible...

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  • La bouteille réconfortante du dimanche soir

    C'est l'une des premières bouteilles avec laquelle j'ai atterri dans le vin-avec-moins-de-soufre-que-d'habitude. A l'époque, ça coûtait quelques euros, aujourd'hui les prix s'envolent. Il suffit d'aller rencontrer Jo Landron chez lui dans le muscadet ou sur un salon de dégustation à Paris et on s'en tire à 9 euros. Amphibolite, ce sont les petites roches résiduels après que l'océan se soit barré : ça rend la chose assez minérale, parfois saline.

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    C'est tout simple mais revigorant avant de débuter la semaine. Ce 2010 est moins pointu que sur d'autres millésimes où j'avais vraiment le souvenir de choses plus tranchantes. Là il est plus souple, à table il accompagne plus de plats.

  • Jo Landron s'est lancé dans le sancerre rosé...

    Cette importante brasserie de Saint-Malo (assez peu avenante au demeurant) a dû un peu trop forcer sur le chouchen pour écrire un truc aussi incroyable sur sa carte : le vigneron Jo Landron qui officie dans le muscadet, se serait mis à faire du sancerre rosé pour le compte du domaine Vacheron... Faute de frappe ? Publicité mensongère ? Enorme info qui m'a échappé ?

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  • Eric Callcut, la Loire dans le Jura

    Chez Vivant l'autre soir, j'ai vu passer une bouteille couleur papier jauni à l'écriture colorée. Je n'en avais encore jamais vue en vrai, mais je l'ai tout de suite reconnue. Eric Callcut. Un vigneron qui appartient désormais à la légende : il a passé quelques années sur les bords de Loire à vinifier beaucoup de chenin et quelques autres cépages. Aujourd'hui il est donné en Israël ou en Haute-Loire, moi je n'en sais rien : Christian Authier qui lui consacre son dernier ouvrage "Boire pour se souvenir" en sait peut-être plus. En tout cas, ses vins sont vraiment très rares.

    Sauf chez Vivant donc. D'ailleurs la tablée qui la sifflait ne l'a pas finie. Je m'approche de Pierre Jancou et lui dit qu'il m'en faut une, coûte que coûte. Voici donc la dernière cuvée d'Eric Callcut. 1998. Bouchon de cire verte, aucune inscription qui puisse m'indiquer la cuvée. Si quelqu'un a des infos...

    On l'ouvre chez Olivier. A sa fenêtre, en cet fin d'après-midi bien chaude, difficile de percevoir vraiment sa couleur. Si je tourne la bouteille vers les Champs-Elysées c'est un peu or. Si je me tourne vers la porte Maillot, c'est plus ocre : normal, le soleil se couche.

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    En bouche, ça dit quoi ? C'est fichtrement condensé mais sans être lourd. Aucune déviance, aucun problème de conservation, le vin apparaît vraiment net. Mais incroyablement oxydé : oui, certains vont dire que c'est une déviance, pas moi et je ne vais pas entrer dans le débat. Bref à l'aveugle, c'est un vin du Jura. Dis comme ça, elle parait difficile à boire ; dans la réalité, cette bouteille est un délice, la minéralité est tout à fait là. C'est sauvage, ça ne ressemble à rien (et tant mieux) et c'est enveloppant. J'ai trouvé un mot pour ce vin : la félicité.

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    Difficile pour les bouteilles qui suivaient de soutenir la cadence. L'Atmosphères de Jo Landron (bu avant Callcut pour s'exciter les papilles), le champagne Mailly cuvée L'Intemporelle (avec laquelle je n'ai malheureusement pas accroché... mais bon, après Callcut...) et le gaillac Bois Moisset 2009 de Sylvie Ledran et Philippe Maffre, on en reparlera).

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    Enfin un petit whisky de Michel Couvreur, le très joli Overaged. Dans les jolis verres d'Olivier (achetés à la Maison du Whisky), tout est ramené vers le nez : le jus est sublimé.

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  • Se muscler les bras grâce au muscadet

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    Petit tour par le salon des Vignerons indépendants de la porte de Champerret. J'en profite pour reconstituer mon stock de muscadet pétillant chez Jo Landron, comme toujours. En plus de quelques Amphibolites Nature à prix propriété cette fois, j'ai ramené deux cartons de 6 Atmosphères. Dans le métro, dans la rue et jusqu'à mon appart, je me suis un peu musclé les bras grâce au muscadet. Qui a dit que l'alcool faisait grossir ?

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  • Stop à l'inflation sur les prix des vins au verre !

    Les mecs qui surfent sur la vague du vin naturel pour s'en mettre plein les fouilles, ça me met dans une colère noire... En me baladant hier dans mon arrondissement chéri, je tombe sur un bar à vin récemment ouvert, en lieu et place d'un rade bien dans son jus que j'aimais beaucoup. Bon déjà, ça me met en rogne. Ils ont renouvelé la carte, devenue nature et tout et tout, genre Drappier, Landron, Hours, etc. Qui va s'en plaindre ? Pas moi. Bon, je me calme un peu. Et pourtant, en y regardant de plus près, on décèle vite le foutage de gueule.

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    Oui vous lisez bien :

    - 6 euros le verre de muscadet amphibolite nature de Jo Landron (11-12 euros la bouteille chez un bon caviste),

    - 4,50 euros le saumur-champigny de Bourdin (7,50 euros la bouteille aux Caves Augé)

    - et le pompon est décroché par les 8 euros que coûte un verre, un seul verre, du jurançon sec (cuvée Marie) de Charles Hours. Au Bon Marché, chez les riches, c'est 11 euros les 75 cl... Le verre correspond presque au prix TTC de la bouteille.

    Evidemment, je n'ai pas poussé la porte et je n'ai rien dépensé. Et ça se veut nature, proche des gens, du bon vin, des valeurs d'amitié, de solidarité... S'ils voulaient chasser les gens des bistros, ils ne s'y prendraient pas autrement.

  • Padoue : une vraie "bolognese"

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    Ici on est chez L'Anfora et on ne rigole pas avec la tradition. La sauce bolognaise que l'on connait en France n'est qu'une lointaine cousine de la vraie bolognese italienne, appelée ragù (alla bolognese). Peu de tomate donc peu de sauce et surtout de la viande qui mijote. Le résultat donne quelque chose comme ça...

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    Ou sinon les fameuses pâtes à l'encre de seiche.

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    Et pour accompagner cela, à nouveau un valpolicella della casa. Un vin bien bon pour la cuvée du patron. D'ailleurs il s'y connaît pas mal en vin, la carte est étoffée et les références sérieuses. Et tiens, y a même un muscadet de Jo Landron. A la fin du repas, je vais voir le patron et lui demande comment est-ce qu'il connaît ce vigneron français ? Il me répond dans un français hésitant mais le sourire aux lèvres : "je le connais... parce que c'est bon !"

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    L'Anfora, Via dei Soncin 13, Padoue, 049 656629.
  • Soirée vins primeurs

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    Le vin nouveau, on ne le fête pas qu'en novembre. Dimanche soir, c'est par un heureux hasard que nous n'avons débouché que des bouteilles de vin primeur 2010. Un "aligoté nouveau" de Frédéric Cossard encore bien droit malgré un petit côté oxydatif. Acheté aux caves Augé il y a deux mois. Ne cherchez pas, il n'y en a plus, le fût a été vidé le jour même. Suivi du "côtes-du-rhône nouveau" du domaine de l'Anglore (Eric Pfifferling) acheté au même endroit le même jour : celui qui est l'un des plus grands vignerons français livre un vin de grenadine qui se boit parfaitement bien deux mois après la mise en bouteille. Car il faut préciser que ces deux vins ne contiennent pas de soufre puisqu'ils sont censés être bus très rapidement... Il faudrait faire vieillir deux ou trois ans un Anglore nouveau, je suis certain que la surprise serait bonne. Enfin un "muscadet nouveau" de Jo Landron acheté au salon des Vignerons Indépendants et dont j'ai déjà pas mal parlé récemment. Un beau vin dont le côté douceâtre d'il y a quelques semaines (du sucre résiduel ?) s'estompe pour revenir sur quelque chose de bien acide. Très joli tout cela.

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    Ces vins troubles et sans soufre s'apparentent à la véritable définition d'un primeur : un vin nouveau, léger et facile à boire. Ici on est sur le jus de raisin intégral donc forcément un peu désarçonnant. Pas filtré, pas collé, pas sulfité. Résultat trouble avec un peu de dépôt. Mais je rappelle que les marketeurs utilisent désormais ces arguments pour vanter le côté naturel du jus de pomme : trouble avec un peu de dépôt, le jus ne peut être que naturel. Je n'en sais rien concernant le jus de pomme qu'on veut nous faire avaler, mais les vins de ce soir eux étaient vraiment naturels.

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  • La glace au vinaigre et son verre de muscadet

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    Dégoté sur le salon Saveurs le mois dernier (20 euros la petite fiole), ce vrai vinaigre balsamique de la famille Leonardi fait partie de la bande du génial distillateur Laurent Cazottes. Quelle fut ma surprise hier lorsqu'à La Grande Epicerie du Bon Marché, je vis une tête de gondole remplie de mon petit élixir... à 35 euros. Jolie culbute. Moi qui pensais que le prix salon était déjà pas mal élevé. Un bon vinaigre, ça se reconnaît à son côté sirupeux, à son extraordinaire longueur en bouche et au fait que ça soit si bon que ça puisse se boire à la cuillère. Moi je l'adore en dessert. D'ailleurs à la mi-décembre et pour une grosse tablée, j'avais tenté un mariage avec de la glace à la vanille classique. Si cet accord est assez courant dans certaines sphères gastronomiques, les hôtes étaient assez sceptiques : ce décalage entre la supposée "grande cuisine" qui "ose les accords les plus fous" et le goût de "ceux qui mangent" me fait toujours sourire. J'ai donc confectionné quelques boules avec une réussite toute relative avant de mettre sur chaque coupe quelques gouttes de vinaigre. Et je crois que ça a marché. Mais comme avant chaque "test", il aurait fallu ne rien dire. C'est comme si on cuisinait des testicules de mouton : pour être sûr que l'assiette soit finie, mieux vaut dire tout à la fin de quoi il s'gissait...

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    Et avec ça on boit quoi ? Un muscadet nouveau 2010 de Jo Landron pardi... Avec son poil de sucre résiduel et sa grande tenue (toujours vif et même un peu gras), le Grains de Raisins amène tout droit vers la fin de soirée sans alourdir le bide. Et comment que ça change du sauternes, et question mal de crâne (car il est peu soufré) et question prix (6 euros chez le producteur).
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  • Le plat presque détox du 26 au soir

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    Quand tout le monde est parti et que la fête est finie, je recherche toujours quelque chose de rassurant et de léger. Atmosphères de Jo Landron, un petit pétillant cousin du muscadet (déjà bu ici et surtout présenté dans le détail là) qui se marie parfaitement avec des pâtes à la poutargue. Il suffit de cuire quelques bonnes pâtes, de râper la poutargue par-dessus (l'une des meilleures, la poutargue Memmi à 100 euros le kilo chez mon traiteur grec) et de rajouter un peu de crème fraîche parce que bon, c'est encore un peu les fêtes...

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  • Boire le Clos des Corvées n'a rien d'une corvée

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    Avec Olivier, on a fait sa fête au canard sauvage à l'orange. Cuit trop longtemps, il n'était plus très rosé et évidemment sec. Mais passons. Il vaut mieux se focaliser sur les vins de la soirée. Le pernand-vergelesses 2009 du domaine Pavelot dont j'ai déjà dit beaucoup de bien. Le 2009 est incroyablement buvable, il m'aurait fallu en acheter plein d'autres et les faire vieillir. Un parfum entêtant, j'y retrouve de la noix de coco, comme quoi ces histoires de dégustateurs c'est un peu de la connerie...

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    La star de la soirée, c'est ce Clos des Corvées 1999 monopole de Prieuré-Roch (accessoirement co-gérant de la Romanée Conti). Un nuits-saint-georges 1er cru (prix ? heu ? c'est Olivier qui a ramené ce bijou... Sans doute 75 euros). Un nez sublime de fruits rouge, tirant sur la cerise. Ce qui nous a frappé, c'est la fraîcheur extrême de ce pif : il a la couleur d'un vin nouveau vinifié tout naturellement comme de la grenadine. Et en bouche, ses parfums de fruits rouges bien mûrs laissent croire que le vin vient d'être tiré du fût. Fraîcheur extrême, bis. Aucune lourdeur, pas de concentration, il a défié les 10 dernières années avec une sacré facilité. Il semble être taillé pour plusieurs années encore. Un vrai bourgogne tel qu'on en rencontre peu. Le côté légèrement fumé des bons pinots noirs peut par contre en rebuter certains mais il se mariait magistralement avec le coin-coin.

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    Bon après, ce fut difficile de continuer. Option bubulles avec la cuvée Atmosphères de Jo Landron, un genre de muscadet pétillant et bien brut. Je suis séduit depuis deux semaines, Olivier ne me contredit pas. Logique en somme.

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    Et puis bon allez, un dernier petit verre. Un muscat-du-Cap-corse 2006 du domaine Leccia, une des premières cuvées réalisées après le départ du grand Yves. J'aime beaucoup ce genre de vinification sur les muscats car on n'est pas sur le tout sucre comme habituellement ; ici on sent le raisin. C'est tout de même ce qu'on demande à un vin. Lors de la cuisson de mon prochain foie gras maison, j'arroserai l'organe du volatile de quelques gouttes d'or corse.

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  • La Cave à Montreuil : mouais...

    A l'époque, c'était considéré comme le meilleur restaurant de Montreuil. Depuis, la gentrification (l'arrivée des bobos pour simplifier) encore plus poussée a fait fleurir d'autres adresses encore plus haut-de-gamme. Force est de constater que la majorité de l'assiette est bonne (16 euros le moindre plat tout de même). Ainsi le bar entier de Franckie ou ma bavette. Seulement les légumes de l'un paraissaient sortir du congélo et le gratin dauphinois de l'autre ne semblait pas tout à fait catholique. Côté cave, les prix des bouteilles un peu élevé : 13 euros pour Atmosphères de Jo Landron, alors qu'elle est à 10 au centre de Paris, à la Cave des Papilles. Donc sentiment mitigé.

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    La Cave est Restaurant, 45 rue de Paris, 93 100 Montreuil sous bois, 01 42 87 09 48.

  • Petit luxe anti-crise #6 : le muscadet qui pétille

    Les petits luxes anti-crise ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.

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    Bon d'accord. A proprement parler, ce n'est pas un muscadet. Souvent dans les titres on simplifie. Pour être clair, il s'agit d'un pétillant méthode traditionnelle produit par un des rois du muscadet, Jo Landron qui vinifie évidemment dans le 21. L'homme de l'Amphibolite Nature et du Fief du Breil. Cette cuvée-là s'appelle Atmosphères. Je l'ai goûtée il y a quelques jours, j'y suis revenu très vite. On est sur de la folle blanche (80 %) et du pinot noir (20 %). Ce qui signifie acidité et force, le tout sur des vignes de 10 à 30 ans. Vinifié sans abus de soufre.

    Après ces considérations de mec qui fait semblant de s'y connaître, entrons dans le coeur du truc. Je l'ai servi hier soir en apéro. "Ah tiens du champagne un dimanche soir !" me dit-on quand j'ouvre la bouteille. Oui, dans le geste tout y est : la collerette à enlever, le bouchon qui saute, le jus qui arrose. En bouche, sans savoir de quoi il s'agit, on peut aussi se faire avoir. Bien sûr, il n'a pas la longueur et la complexité de certains champagnes (heureusement d'ailleurs). Mais par rapport aux mauvaises bulles de grande distribution, il est clairement un cran au-dessus. "Même que je préfèrerais ça au champagne !". Et un cran en-dessous question prix : 7 euros chez le producteur. Oui, 7 euros.

    Le seul souci, c'est qu'il n'y a que 12 000 bouteilles par année. Il faut les trouver. Jusqu'à ce soir au salon des Vignerons indépendants Porte de Versailles à Paris. Ou à la Cave des Papilles, pour quelques euros de plus.

  • Salon des vignerons indépendants : le muscadet, c'est bon

    Jo Landron et son équipe habitent durant quelques jours au S14, il faut en profiter pour siffler un peu de muscadet. J'ai souvent bu leur amphibolite nature et trouvé qu'il manquait quelque chose, sans doute un terroir un peu plus présent. Les autres bouteilles me plaisent toujours autant.

    * Plus présent, le Clos La Carizière (7 euros). Vraiment typé muscadet sans l'acidité dérangeante habituellement.

    * Le Fief du Breil 2009 est superbe, très frais. Un immense muscadet. Rien à voir avec ce qu'est (malheureusement) ce vin trop souvent (11 euros).

    * Le muscadet nouveau 2010 ("grains de Raisins") est sublime, quoi qu'il semble contenir un poil de sucre résiduel. J'avais goûté le millésime précédent, un régal aussi. Sans doute pas très cher.

    * Pour le coup, la révélation de cette dégustation, la cuvée Atmosphères est pleine de bulles fines et pas très terroir. Un joli pétillant libre, un "vin mousseux de qualité" type méthode traditionnelle. Bien sec, bien droit, ce qui vient sans doute des 20 % de pinot noir (et 80 % de folle blanche). Je suis certain qu'à l'aveugle beaucoup penseraient à du champagne. 7 euros, le prix est ridicule.

    Pas de trace du Melonix, mais je n'ai pas demandé non plus. Et pas de photos pour l'instant, on verra tout cela dimanche ou lundi.

  • La bande des Quatre : ave Melonix !

    Ce long week-end du 15 août a été propice à quelques décapsulages et débouchonnages du côté de Châtillon-sur-Saône, chez Thomas avec Manu et Olivier. Par-ci par-là, je vais tenter de me rappeler ce que la bande des Quatre a dit de chaque bouteille. Et tenter de publier tout cela avant la fin du mois d'août.

    On commence avec le Melonix (cépage melon de bourgogne), le vin de table d'un des rois du muscadetJo Landron au domaine de la Louveterie. Moins d'acidité qu'un muscadet classique, plus gras, presque un Meursault tant on croque dans une huile ou un beurre de très noble origine.

    C'est l'un des archétypes du vin dit naturel ("l'homme est juste intervenu pour cueillir et surveiller" explique Jo Landron) : agriculture bio, vendanges manuelles, pas de chaptalisation, pas de filtration, pas d'ajout de SO2...

    Verdict de la bande des Quatre : le vin est vraiment réussi, il "se boit comme trop facilement". Mais d'accord, la photo est foirée...

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  • La Bonne Franquette : est-il encore possible de manger à Montmartre ?

    Patrick Fracheboud nous a convié, Franckie et moi, à une dégustation à Montmartre. Aïe, ça part mal. Son restaurant La Bonne Franquette se situe à un rond de serviette de la place du Tertre. Re-aïe. Celle que les Parisiens fréquentent une fois tous les 4-5 ans. Par snobisme sans doute, car la vue est belle. Mais question nourriture rien à sauver, pensions-nous. Nous y allions à reculons.

    Pourtant renseignements pris avant de partir, on apprend qu'à la carte on trouve Drappier ou Selosse. On se sent déjà un peu mieux.

    La Bonne Franquette souffre d'un effet Montmartre : les Parisiens et tous les autres pensent (avec raison) qu'il est impossible de manger sur la butte sans se faire arnaquer. Avec par exemple, les danseuses qui font grimper l'addition avec leur french cancan. Donc on évite autant que possible. Ou alors on choisit des choses basiques : un steak, une salade, le tout facturé au prix du caviar.

    Dans ce restaurant, on n'a pas échappé aux danseuses. Montmartre, quand tu nous tiens... Certains aiment. Mais comme disait Curnonsky, on ne mange pas les rideaux.

    Bref, une fois tout ce folklore évacué, reste le fait indéniable que Patrick Fracheboud a orienté sa carte vers des terroirs français qui font saliver : il met en avant autant que possible les (plus ou moins gros) artisans qui font les bons produits. J'ai eu le coup de foudre pour les anchois de Collioure de Desclaux (en vente au Lafayette Gourmet), pour le déjà bien connu boudin noir de Christian Parra, pour l'extraordinaire pied de porc de Chédeville...

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    Franckie s'est gavé de foie gras de la maison Paris, dans les Landes... mais pas de photos. Question alcools, on peut citer aussi le muscadet du célèbre Jo Landron (extra en version "muscadet nouveau"), le sublime cidre basque de Bordatto (une vraie découverte) ou les armagnacs de Francis Darroze.

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    Ici, tout ce jetage de noms (nème-dropingue en bon anglais) a pour seul but de montrer que les bons produits ne sont pas l'apanage de L'Ami Jean ou des caves Augé. "Même" à Montmartre, on peut se faire des petits plaisirs : si je n'ai pas goûté La Bonne Franquette un soir classique, je peux par contre assurer que Montmartre n'est pas encore gastronomiquement mort.

    La Bonne Franquette, 2 rue des Saules, 75018 Paris, 01 42 52 02 42.

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