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languedoc

  • Sébastien Benoit-Poujad, vigneron acharné

    L'aramon lui tournant la tête
    Elle murmura quand tu voudras
    Fernandel, "Félicie aussi"


    L'aramon, c'était la pépite des vins du Languedoc et, en même temps, la cause de leur perte. Ce cépage hyper productif a fait la fortune des grandes familles de Béziers et d'ailleurs, mais à force de le faire pisser sans contrôle, de miser exclusivement sur les rendements, on a tué la poule aux œufs d'or.

    L'aramon, c'était le petit vin facile, celui du quotidien, qu'on boit parce qu'il faut boire, parce que l'eau ce n'est pas terrible. 

    L'aramon, ce vin frais, léger, fruité est, chez Fernandel, enfin élevé à quelque chose d'un peu plus noble, quelque chose comme un allié objectif de la drague. C'est forcément à cette chanson qu'on pense quand on rencontre Sébastien Benoit-Poujad (domaine de La Banjoulière, à Puimisson au-dessus de Béziers) et qu'on boit son aramon.

    sébastien benoit-poujad,languedoc,jeff coutelou,puimisson

    Le sien (cuvée La Prairie) fait vraiment tourner la tête, plutôt à la manière de Piaf en réalité. Car voilà, l'aramon quand c'est bon, c'est très bon. Fringant, fruité, ni futile, ni fortuit. Catégorie vin de soif, vin des copains, jaja dont chaque gorgée soude l'amitié. D'ailleurs, chaque lampée en appelle une autre : c'est, je ne me répéterai jamais assez, la définition même du bon vin.

    sébastien benoit-poujad,languedoc,jeff coutelou,puimisson

    Sébastien ne fait pas que de l'aramon. Il travaille aussi le grenache en blanc et le carignan en rouge. Avec des doses de soufre minimales voire inexistantes. C'est Jeff Coutelou qui lui ouvre la voie. C'est vrai : quelques heures passées sur le domaine nous donnent envie de crier haut et fort que les vins bien faits ont dans ce coin de France une gueule particulière.

    sébastien benoit-poujad,languedoc,jeff coutelou,puimisson

    En plus, le cas de ce vigneron est un peu à part, dans la bande des natures. Au fil des années, le domaine familial n'a fait qu'augmenter de surface. Quoi de plus logique dans cette région où la productivité, et elle seule, mène la danse. Avoir un (trop) petit domaine, c'est se vouer à ne plus exister.

    Aujourd'hui, le domaine de La Banjoulière s'étend sur 50 hectares. Et 50 hectares, c'est énorme, surtout quand on est seul, aidé seulement par la famille. Sébastien passe toute la semaine dans ses vignes, il ne s'arrête pas. Forcément il n'a pas le temps de publier la photo de ses cuisses sur Instagram. Ni la possibilité matérielle de convertir l'ensemble du domaine en "naturel". Qu'importe, les choses doivent se faire progressivement. Pour l'heure, la majorité de la production est vendue à la coopérative en bio.

    Sauf les trois cuvées natures qui évidemment ne représentent qu'une infime part de la production.

    Mais cet "infime" est tout, là où se cache l'avenir. Désormais, Sébastien peut faire le vin tel qu'il le décide. Il ne met pas encore son nom sur les étiquettes, seulement celui du domaine ; ça ne devrait pas tarder, on a toujours envie de connaître le vrai nom du vigneron quand le vin est bon. Il dessine lui-même les étiquettes, avec grand talent. Il choisit le nom des cuvées. Grâce à Jeff, il fait son vin. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour lui, ou pour le visiteur qui a passé ne serait-ce qu'une heure sur le domaine, ça veut dire beaucoup.

    Forcément, il se pose des questions. On lui fait des remarques pas toujours flatteuses. C'est normal, il fait différent. Jeff et Sébastien sont les seuls vignerons de leur coin à nous servir des vins comestibles et qui, plus est, très bons. Autour, c'est la panoplie du petit chimiste dans les vignes. Certains râleurs avancent que 50 ha pour un domaine naturel, c'est trop ; habituellement un vigneron naturel, c'est un petit artisan barbu, pas lavé depuis 13 jours et qui a 0,23 hectare de vignes... C'est idiot de catégoriser ainsi. Le problème est clair : passer d'un coup 50 hectares en naturel demande un travail de titan. Pour l'instant, Sébastien mène sa barque et les choses se font comme le vin, naturellement.

    Sébastien, tu n'as pas à rougir de ces cuvées. Au contraire. D'où qu'ils viennent, les commentaires blessants ne sont que l'œuvre des jaloux. A Paris, je te montrerai le sourire des gens qui boivent ton vin. Buvez, partagez, célébrer les vins de Sébastien Benoit-Poujad ! Ah ben si vous n'en trouvez pas chez votre caviste préféré, c'est normal : Sébastien n'est pas dénichable partout, c'est peu de le dire. Amis cavistes, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Tous à Puimisson !

  • Deux magnums qui mettent tout le monde d'accord

    Voici deux bouteilles, deux tronches, contre les idées reçues : le rosé ça se conserve pas, les filles ne boivent pas de rouge, c'est la crise, les vins du sud c'est pas glou-glou...

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    A ma gauche, Marie-Rose de Noëlla Morentin. Composé de cabernet-sauvignon, le cépage pourri des rouges qui tachent et que je déteste, mais ici travaillé dans la Loire et en rosé avant d'être amoureusement conservé chez un bon caviste. Car la vendange a été faite en 2010. C'est incroyablement aromatique, même servi trop froid, c'est dire...

    A ma droite, Sauvé de la Citerne de Jeff Coutelou, au-dessus de Béziers. C'est beaucoup de mourvèdre et un peu de grenache et ça date de 2011. Là aussi, coefficient torchabilité de 100 % : le jus coule dans la gorge et, seule définition du vrai vin : un verre en appelle un autre.

    C'est du vécu : tu rassembles quinze personnes dans une pièce, tu ouvres (parmi d'autres) ces deux bouteilles (en magnum, c'est plus simple). Et tu regardes ce qui descend le plus vite. Chacun en redemande, même celles/ceux qui sont en froid avec le rosé, même celles/ceux qui sont en froid avec les vins du sud. Il y a des bouteilles de 75 cl qui ne sont toujours pas terminées, alors qu'on râcle la dernière goutte de ces deux-là. Bref, unanimité.

    Ah oui, le prix. 22 euros à la Cave des Papilles pour le rosé et 17 euros pour le rouge au Vin au Vert. Le problème c'est que parfois, un magnum ça ne suffit pas. 

  • Deux superbes rouges

    J'ai du mal à suivre les saisons du vin. Alors que le bon goût classique exigerait le contraire, il faut dire qu'en hiver je suis plutôt petits blancs et grands rouges en été. Ce soir, chez Vindicateur, deux très très belles bouteilles. J'ai enfin goûté au Trévallon 2005. Un nez transcendantal. Forcément, il fallait des couilles à la bouche pour que les papilles soient au niveau : un poil moins réussie, cette bouche. Peut-être ai-je vraiment un souci avec le cabernet-sauvignon ? (cette grande cuvée rouge étant mi-cabernet, mi-syrah). Mais c'est vraiment une très belle bouteille. Incroyable jeunesse, elle est d'une fraîcheur incroyable et peut sans doute patienter quinze ans sans souci. Un grand vin et une première très belle rencontre avec ce domaine.

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    Autre bouteille remarquable, le Clos Syrah Léone 2002 du domaine Peyre Rose en Languedoc. Une force formidable, un joli velouté. Grande classe bio.

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  • Retour chez Glou

    C'est ma troisième ou quatrième fois dans ce resto, et bizarrement je n'ai pas publié beaucoup le concernant. C'est bon, pas donné-donné, mais ça a une sacrée belle gueule. Comme l'assiette de bellota, à une quinzaine d'euros.

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    L'onglet aux petits légumes et wasabi manque un peu de peps.

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    Manu et Laurent semblent avoir été convaincus par le burger de l'Aubrac, plat le plus cher de la carte (23 euros) mais aussi celui que toutes les tablées choisissent.

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    Le cheesecake (8 euros) a enfin la tronche, le goût, l'âme d'un cheesecake. Hormis chez Zen, les cheesecakes m'ont toujours cassé les pieds au resto. Là, c'est autre chose...

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    Bon, parlons un peu vins tout de même avec une jolie (demi) surprise. En choisissant ce vin du Larzac, pas le moins cher de la carte mais surtout pas le plus cher, je savais qu'on tapait juste puisque je connaissais la réputation de cette cuvée L'Infidèle du Mas Cal Demoura version 2008. Difficile au début, mais après le passage de la jolie carafe, il fait vraiment partie des plus beaux languedocs jamais ouverts. La table d'à-côté ne sait pas quoi boire, nous pose des questions et finalement nous copie : ils sont autant conquis.

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    Le Mas Cal Demoura est aux Vignerons indépendants. A suivre...

  • O mon païs...

    Deux quilles ma foi bien sympathiques égayent ce midi du 25 décembre.

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    Déjà le faugères tout simple de Léon Barral en 2006. Déjà bu ici en Valinières. Et bien même cette "petite" cuvée a bien de la gueule. Un vrai Languedoc qui coule à flots. A ne boire qu'en magnum, car 75 centilitres ne suffisent pas.

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    Et sans doute la petite bomba de ce Noël : le vin chilien du Clos Ouvert baptisé Huaso version 2008 (cuvée 100 % païs, un cépage originaire d'Espagne à ce que j'ai compris). Un vin puissant mais pas lourd qui évoquerait certains roussillons. Coefficient de buvabilité très élevé, on se ressert très vite. J'avoue que pour plein de raisons je suis assez peu enclin aux vins du Nouveau-Monde, mais présenté comme cela j'adhère ! Le domaine de la région de Maule au centre du pays a été relancé par trois Français et leur nom, je l'ai trouvé dans l'excellent Carnets de vigne Omnivore de Sylvie Augereau (18 euros à l'Insolite, 13 euros pour la cuvée de carménère chez Augé)

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  • Axel Prüfer et ses grenaches

    Grenache. Un mot qui donne soif. Raison de plus si ce sont les vins étonnamment légers de Axel Prüfer. Avec une finale qui prend son temps avant de s'estomper. Un grand vin de copains.

    L'homme a quitté sa RDA natale pour le Languedoc. Son histoire, son domaine Le Temps des Cerises et cette cuvée Les Lendemains qui chantent (14 euros au Verre Volé) le classent forcément sur l'échiquier politique. Fou des vins de Prüfer le radical, Sébastien Lapaque qui rappelons-le sévit au Figaro écrit : "Buvons ses vins avant qu'il ne demande l'asile politique à Cuba." Promis.

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  • Le millésime 2009, bientôt dans les bacs

    J'arrive après la bataille, mais je le note tout de même. Le millésime 2009 serait exceptionnel. Tout le monde le dit. En Champagne, à Bordeaux (tiens, y font encore du pif à Bordeaux ?), dans le Beaujolais, partout. Sauf peut-être dans le Languedoc-Roussillon, où cela serait "plus hétérogène". Hiver pluvieux, printemps sympa, été chaud comme il se doit. Bref les conditions climatiques sont réunies. C'est un truc de coopérative, ça, la météo. Car, encore une fois, il faut le répéter, le vin ce n'est pas seulement l'interaction entre la météo, un terroir et un homme : c'est avant tout un homme qui aime ce qu'il fait. Frédéric Cossard (dont nous déboucherons une bouteille dimanche soir), les frères Puzelat, Lenoir... pour ne citer que ceux qui retiennent mon attention cette semaine (et sans pour autant les boire).

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