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  • Whisky-chenin

    Le soir de ce déjeuner d'anthologie, il faut bien manger et boire un coup car ce n'est pas tous les jours qu'Omar est de la partie. Après un petit détour chez Augé, notre choix s'est porté sur le Chinon plein de chenin (2005) du domaine Les Roches de Alain et Jérôme Lenoir (22 euros). Un beau vin bien sec, une toute autre approche du chenin que celles des Noëls. C'est ô combien agréable de voir qu'un même raisin bien travaillé entraîne des résultats différents, loin des vins de cépages aseptisés, standardisés, trafiqués que veut nous faire avaler l'industrie du pinard. En fait, la première chose qui arrive en tête après la première gorgée, c'est qu'avec une telle acidité le chinon semble taillé pour la garde : la bouteille a été ouverte bien trop tôt. Les commentaires de dégustations vont s'arrêter là malheureusement, mon palais en ayant vu de belles depuis ce midi. Dernière chose : Omar a tout compris, il cherche l'indication "Contient des sulfites" et ne la trouve pas. Et sourit.

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    Après le repas, un petit Michel Couvreur ne fait jamais de mal. J'ai enfin imité Olivier et acheté le Overaged. Cire noire et bouchon en liège, forcément y a du dégât sur la table. Mais dans le gosier... Cette bouteille, on devrait l'exhiber aux passants que l'on croise au hasard dans les rues pour leur expliquer que le whisky ne brûle pas forcément l'oesophage. D'ailleurs, comme pour le champagne, je n'ai jamais compris le goût de certains à s'enfiler des boissons qui font mal aux tuyaux avant de grignoter le bide : les whiskies de Michel Couvreur comme les champagnes de Drappier, ça ne fait pas mal à la gorge...

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  • Vous n'aurez pas l'Alsace et la Loire

    Olivier arrive avec du bellota, une mixture tomate-huile d'olive et d'autres cochonailles. J'ai sorti les plus belles quilles de Loire. Plutôt celles qu'on voulait goûter depuis quelques semaines.

    Un Vouvray à bulles, méthode traditionnelle , du Clos Naudin de Philippe Foreau. Notre Bible commune à Olivier et moi, à savoir le supplément Vins de l'hebdomadaire Marianne, disait qu'il est le vrai rival des vins de Champagne. Et effectivement, à l'aveugle je défie quiconque de dire qu'un Mercier, un Nicolas Feuillatte ou un autre de ces champagnes bas de gamme est meilleur que ces bulles là. A 14 euros chez Lavinia, la vie est parfois si évidente.

    Et chez le même dealer, une éclaircie dans le ciel de l'hiver eut lieu récemment : l'arrivée d'une cargaison de chinons du domaine des Roches, le fameux vin des Lenoir. Avec des millésimes assez vieux. J'ai vu des 1989 et 1990. Là j'ai pris un 1992, à 17 euros. Prix risible. Le chinon de garde existe, nous l'avons rencontré. Parfumé, bourgognisé et encore très tendu. Un vin qui me fait désormais saliver. Ce qu'on appelle un grand cru.

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    Pour taper dans mon gâteau pommes-poires "à l'ancienne" volé à Bruno Doucet de La Régalade, j'ai sorti un blanc de noirs 2001 de chez Binner que l'on a bu trop vite. Un nectar de la treille dont j'ai déjà parlé ici. Plus jamais en fin de repas, on ne le savoure pas. Pas non plus en début de repas, ses sucres résiduels écraseraient trop la bouche pour la suite. Une seule solution : boire ses arômes de fruits blancs pour lui-même.

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  • Guy Debord (Panégyrique) : sur le vin qu'on ne voulait déjà plus boire en 1989

    "La majorité des vins, presque tous les alcools, et la totalité des bières dont j'ai évoqué ici le souvenir, ont aujourd'hui entièrement perdu leurs goûts, d'abord sur le marché mondial, puis localement ; avec les progrès de l'industrie, comme aussi le mouvement de disparition ou de rééducation économique des classes sociales qui étaient restées longtemps indépendantes de la grande production industrielle ; et donc aussi par le jeu des divers règlements étatiques qui désormais prohibent presque tout ce qui n'est pas fabriqué industriellement. Les bouteilles, pour continuer à se vendre, ont gardé fidèlement leurs étiquettes, et cette exactitude fournit l'assurance que l'on peut les photographier comme elles étaient ; non les boire."

    Heureusement, aujourd'hui le consommateur peut accéder à des poches de résistance : Villemade, Binner, Lenoir pour ne citer que ces trois là.

  • L'importance d'aller chez Constant

    Christian Constant est le vrai pape de la gastronomie française. On en entend relativement peu parler. Pourtant c'est le parrain de tous, de Camdeborde, de Faucher, de Jégo. Près du Champ-de-Mars et de la Tour Eiffel, il a acheté tout un bout de trottoir, dans le fond de la rue Saint-Dominique. Se succèdent son étoilé Le Violon d'Ingres, Les Cocottes (qui a donné lieu a l'un des premiers billets de ce blog) et ce qui nous intéresse aujourd'hui, le Café Constant, son bistro.

    Pas de surprise en fait, sauf que le patron était là pour superviser les choses et pour casser la graine ensuite. Sympathique un dimanche juste avant les fêtes, il aurait pu se la couler douce en attendant que la caisse se remplisse.

    Pas de surprise donc. Les oeufs mimosa sont mythiques (11 euros), la caille au foie gras appropriée (16) et les profiteroles grandioses (7). Avec là dessus, un chinon 1997 du domaine Lenoir. J'en avais aussi parlé dans un post disant que ça ne m'avait pas fait forte impression. Ici ce fut terrible, sans doute parce qu'on avait laissé au vin le temps de prendre de la bouteille avant de le mettre dedans. Un glouglou génial. Comment peut-on produire ce gens de trucs à Chinon ? Je n'ai pas la culture des vins de Loire mais commence à tourner casaque au fur à mesure des boutanches dégoupillées.

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    On pourra faire deux objections assez recevables : la cuisine est ce qu'il y a de plus soignée mais un peu grasse et le prix notamment des entrées un chouia élevé. Je répondrai oui tout à fait. C'est une cuisine du Sud-Ouest, on n'est pas là pour manger de la salade. Et allez grignoter deux tapas dans n'importe quelle brasserie merdique de ce quartier de Rachida et regardez l'addition. A ce niveau de prix et de cuisine, c'est une affaire.

    Café Constant, 139 Rue Saint-Dominique, 75 007 Paris, 09 75 82 08 07.

     

  • Deux autres tests, mais pas dans le coup

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    Avant de partir une semaine en Algérie, j'ai fait des réserves. Une cuvée "Glaneurs" 2008 des Foulards Rouges, alors que je cherchais le "Glaneuses". Et le Chinon rouge 2007, un peu jeune, des Lenoir, dont on me parle tellement. Dans les deux cas, je n'ai pas été subjugué sur le moment. Pensais-je trop à la ville blanche pour boire du rouge ? La vie est dure, mais il va falloir essayer à nouveau.

  • Le millésime 2009, bientôt dans les bacs

    J'arrive après la bataille, mais je le note tout de même. Le millésime 2009 serait exceptionnel. Tout le monde le dit. En Champagne, à Bordeaux (tiens, y font encore du pif à Bordeaux ?), dans le Beaujolais, partout. Sauf peut-être dans le Languedoc-Roussillon, où cela serait "plus hétérogène". Hiver pluvieux, printemps sympa, été chaud comme il se doit. Bref les conditions climatiques sont réunies. C'est un truc de coopérative, ça, la météo. Car, encore une fois, il faut le répéter, le vin ce n'est pas seulement l'interaction entre la météo, un terroir et un homme : c'est avant tout un homme qui aime ce qu'il fait. Frédéric Cossard (dont nous déboucherons une bouteille dimanche soir), les frères Puzelat, Lenoir... pour ne citer que ceux qui retiennent mon attention cette semaine (et sans pour autant les boire).

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