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maréchal

  • La Bourgogne au naturel

    Samedi, les vignerons naturels de Bourgogne et les fanatiques de leurs bouteilles avaient rendez-vous chez Augé. Petit compte-rendu succint.

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    Pour résumer, Olivier et moi avons été subjugués par les blancs plutôt que par les rouges dont les derniers millésimes nécessitent un peu de cave sans doute. Nous avons goûté les 2007, 2008 et 2009. Le chablis d'Alice et Olivier de Moor est vraiment au top en 2008 je trouve (en version "Chitry", "L'Humeur du Temps" très accessible ou "Rosette" meilleur mais plus exigeant). La gamme de Claude Maréchal nous a aussi bien plu : de l'aligoté sublime jusqu'au royal pommard.

    Celui qui a confirmé tout le bien qu'on pensait de lui, c'est le domaine Luc et Lise Pavelot. Chez Olivier, nous avions vidé deux bouteilles de pernand-vergelesses rouge 2008, un bon bourgogne bien taillé. Chez Augé, le PV blanc 2009 est absolument superbe, déjà prêt à boire. Le corton-charlemagne 2007 est une merveille, sans doute l'un de mes blancs préférés, mais si rare. Un vraie réussite ici, profond et buvable ; que de belles qualités. En rouge, je suis passé direct au corton, grand vin lui aussi, à laisser mûrir.

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    Nous avons retrouvé un de nos chouchous, Dominique Derain. On avait bu son gevrey-chambertin ou son saint-aubin Le Ban. Nous les avons goûté à nouveau émerveillés. Et lorsque s'est approché le saint-aubin blanc le 2008 1er Cru En Remilly, nous avons littéralement décollé. Ce n'est pas possible que le même cépage chardonnay puisse à la fois enfanter de vulgaires vins (difficiles même à pisser) et des joyaux comme celui que nous avons entre les mains... Il ne peut y avoir qu'un grand artiste derrière ce vin.

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    Il a ensuite fallu reprendre le travail, il a donc fallu s'arrêter là. Sauf que ni Olivier ni moi ne pouvons passer à côté de Chassorney. Un nom magique pour nous tellement nous en avons descendues de ses bouteilles. Et elle ne sont pas toutes racontées ici... Magistrale finale donc que de conclure avec une petite horizontale de Frédéric Cossard. Grâce à sa femme, nous avons goûté les superbes Bigotes, Bedeau et saint-romains. Olivier et moi sommes les défenseurs (et surtout les buveurs) les plus acharnés du saint-romain combe-bazin blanc ; le 2009 nous a semblé tout à fait à la hauteur du mythique 2005. Avant de prendre rendez-vous pour une visite l'été prochain, nous avons goûté au petit négoce de Cossard. Il faut dire que ce genre de puligny, volnay ou chassagne-montrachet ne ressemble pas à quelque chose de classique. Peut-on même parler de négoce quand les vignes sont suivies voire cultivées depuis de longues années par le vigneron qui achète sur pieds avant de vinifier lui-même ? Olivier et moi gardons un souvenir ému du puligny, un vin immense.

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  • La Cantine du Troquet toujours au rendez-vous

    L'été dernier, Olivier et moi avions pas mal apprécié la totale, le menu dégustation à 30 euros ; c'est sans doute le meilleur rapport qualité-prix de Paris. Cette fois, nos estomacs étaient moins avides de sensation fortes. En un mot : raisonnables.

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    Tout commence avec un superbe vin, l'aligoté des Maréchal, vignerons à Bligny. Servi trop froid, il n'a pas exprimé tout de suite son potentiel. Comme pour le domaine Chanzy, cette bouteille est la preuve de la vivacité de ce cépage réservé aux pisse-kirs. Il souffre d'un certain mépris. L'aligoté ça peut être bon ! Encore faut-il trouver les bons vignerons et accepter de mettre quelques euros de plus que pour les plus classiques...

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    Ne les laissez pas passer ces grands aligotés, il y aura toujours plus de splendeur dans ces bouteilles-là que dans les Premiers crus des négociants, j'en suis vraiment persuadé. Le prix joue aussi (22 euros sur table) : à combien serait monté un chassagne ?

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    A suivre : un espadon à la plancha pour Olivier, des saucisses confites lentilles et un salmis de palombes pour moi. Etant donné que je crie toujours "Au diable, les accords mets-vins !" je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Car la sauce au vin rouge et au sang de la palombe aurait vraiment préféré un bon rouge du sud. J'avais trop envie de blanc, tant pis pour ma gueule.

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    En dessert, figues rôties et sa quenelle de chocolat pour la fille.

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    Et frometon pour les garçons. Une tome des Pyrénées et une confiture de cerises noires bien accrocheuse : je ne sais pas d'où elle vient, mais n'oublions pas que le patron, Christian Etchebest, est basque donc ceci explique cela. L'accompagnent deux verres de bandol blanc, domaine de la Ray-Jane, la petite découverte de la soirée. J'avais déjà entendu parler de ce domaine, je vais mener l'enquête... En sortant, Olivier et moi nous sommes mutuellement avoués qu'on aurait dû commander la bouteille entière.
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    La Cantine du Troquet, 101 Rue de l'Ouest, 75014 Paris, 01 45 40 04 98. Pas de résa.

  • La Crémerie : deux vins étincelants

    J'ai l'impression de mieux goûter les vins à la Crémerie plutôt que chez moi. Si j'achète une bouteille et que je la ramène à la maison, la dégustation ne sera pas aussi réussie. C'était le cas pour la Chute Derain, le pétillant naturel des Derain en Bourgogne : une fois à la maison, d'accord il est très bon. Mais mon souvenir du même vin bu à la Crémerie est plus vivace.

    J'ai un peu peur qu'il m'arrive un jour la même chose avec les deux bouteilles de ce soir. Thomas a eu beaucoup de chance : lui qui vient régulièrement à Paris (mais pas tout le temps non plus) est tombé sur un jour béni à la Crémerie.

    Un premier vin extra (une trentaine d'euros) : le savagnin 2000 d'Emmanuel Houillon-Pierre Overnoy. La bouteille avec le bouchon de cire jaune, puisque la cire beige c'est du chardonnay. Selon les infos, les dates diffèrent : quand Houillon a-t-il pris la suite d'Overnoy ? 1999 ? 2001 ? Bref... Ce vin est une vraie bombe. Puissante, indéfiniment longue : je l'avoue, j'ai vraiment eu un coup de coeur pour une complexité sans pareil. Elles sont vraiment rares les quilles comme ça. J'ai été subjugué, j'en viens même à me dire que jamais je n'avais goûté un vin blanc de cette classe.

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    Il faut dire que j'adore le cépage savagnin. Ce n'est pas forcément le cas de tout le monde : ce côté oxydé ou passé déroute beaucoup. Peut-être aussi parce qu'il n'est pas réalisé avec tant de classe que cette bouteille-là. La particularité ? La technique de l'ouillage. J'avoue que je m'y perds un peu : une âme charitable saura sans doute m'aider. Ici, vu sa complexité et son goût surnaturel, je pense qu'il s'agit du savagnin non ouillé. Mais j'ai peut-être totalement tort... Je m'explique.

    Houillon-Overnoy font-ils des vins ouillés ou non ouillés ? Ou les deux ? Selon les infos que je recueille, Overnoy dit que pour lui, le chardonnay c'est forcément ouillé. Soit. Mais rien n'est précisé sur la bouteille. Peut-être que certaines années on fait du "ouillé" et d'autres du "non ouillé" ? Et le savagnin, on en trouverait des "non ouillés" mais aussi des "ouillés" durant plusieurs années. Ça se complique encore. Et surtout comment les reconnaître sur l'étiquette qui ne donne que peu d'indications ? Il y a bien un bon connaisseur du Jura qui pourra m'expliquer la chose...

    S'il est très important de savoir ce que l'on boit, il est aussi très important de le boire tout simplement. Et bien, ce savagnin avec la burrata et un morceau de comté, c'est le paradis.

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    Thomas a eu beaucoup de chance avec le premier vin et pourtant il n'est pas comme moi, partisan absolu du savagnin. Il leur préfère les rouges de Bourgogne, on ne peut pas non plus lui donner tort. Et là, on a été servi. Je ne connaissais pas les vins de Catherine et Claude Maréchal, je m'en mords les doigts de ne pas en avoir bu avant. Même après le savagnin, le volnay a terrassé nos palais (une trentaine d'euros aussi, y a pas de surprise). Le parfum de la Bourgogne et l'aristocratie de Volnay dans la bouche. Un délice. A goûter absolument les autres cuvées moins célèbres, comme les chorey, savigny ou bourgogne générique.

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    Pour l'accompagner, le seul plat chaud de la Crémerie, le tian de légumes. Préparé du jour avec les légumes du marché Saint-Germain tout proche, avant de confire plusieurs heures au four.

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    Cette soirée-là, nous avions commencé avec le morgon 2009 de Lapierre puis un verre à l'Avant-Comptoir de Camdeborde avant d'atterrir à la Crémerie. Nous sommes rentrés à la maison en vélib, en sillonnant le centre de Paris. Sains et saufs.

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    La Crémerie, ma planque.
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