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michel couvreur

  • Le whisky made in Ecosse-Jura-Bourgogne

    Avec Stéphanie, nous venons d'échanger pas mal de mails sur le whisky japonais Nikka. Sa dégustation d'hier soir m'a grandement fait saliver et m'a rappelé que question whisky ma cave était vide depuis quelques semaines. Seulement voilà, celui sur lequel je lorgne depuis plusieurs semaines est en rupture chez les cavistes. Ce n'est pas du Nikka cette fois, rien à voir, même s'il me faudrait crier mon amour pour le Yoichi 10 ans (oui, pas très original). Non, c'est le clerach single malt (distillat brut du whisky) de Michel Couvreur élevé 3 ans en fût de vin jaune. L'idée de Michel Couvreur c'est que l'origine du whisky compte très peu dans le résultat final, l'important c'est le vieillissement. Donc ici on est en présence d'un truc de malade, à cheval entre l'Ecosse (pour la distillation), le Jura (pour les fûts de vin jaune) et la Bourgogne (Bouze-les-Beaune) où a eu lieu le vieillissement dans ces fûts.

    J'avais une dernière chance d'en trouver : il a suffi de quelques stations de métro (merci Paris) et me voilà aux Caves du Roy. Joli endroit au-dessus de Barbès, avec de belles quilles et tenu par un homme qui m'a l'air de bien connaître le produit. "Ah tiens, ça tombe bien, j'ai eu Michel Couvreur au téléphone hier, il m'a dit qu'il allait embouteiller fin juin. Ah vous en voulez tout de suite ? Ah ben il ne me reste que du 50 cl et avec boîte en bois..." Tant pis je ne suis pas très caisse en bois et tant mieux j'en ai trouvé ! On dirait un peu cadeau pour la fête des pères sauf que c'est pour moi et que je n'ai pas d'enfant.

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    On ne va pas lancer le débat mais ce côté non filtré me plait bien... Qui a dit whisky naturel ? Bref, maintenant c'est bien au chaud à la maison. Et on va bientôt voir ce que ça dit.
  • Eric Callcut, la Loire dans le Jura

    Chez Vivant l'autre soir, j'ai vu passer une bouteille couleur papier jauni à l'écriture colorée. Je n'en avais encore jamais vue en vrai, mais je l'ai tout de suite reconnue. Eric Callcut. Un vigneron qui appartient désormais à la légende : il a passé quelques années sur les bords de Loire à vinifier beaucoup de chenin et quelques autres cépages. Aujourd'hui il est donné en Israël ou en Haute-Loire, moi je n'en sais rien : Christian Authier qui lui consacre son dernier ouvrage "Boire pour se souvenir" en sait peut-être plus. En tout cas, ses vins sont vraiment très rares.

    Sauf chez Vivant donc. D'ailleurs la tablée qui la sifflait ne l'a pas finie. Je m'approche de Pierre Jancou et lui dit qu'il m'en faut une, coûte que coûte. Voici donc la dernière cuvée d'Eric Callcut. 1998. Bouchon de cire verte, aucune inscription qui puisse m'indiquer la cuvée. Si quelqu'un a des infos...

    On l'ouvre chez Olivier. A sa fenêtre, en cet fin d'après-midi bien chaude, difficile de percevoir vraiment sa couleur. Si je tourne la bouteille vers les Champs-Elysées c'est un peu or. Si je me tourne vers la porte Maillot, c'est plus ocre : normal, le soleil se couche.

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    En bouche, ça dit quoi ? C'est fichtrement condensé mais sans être lourd. Aucune déviance, aucun problème de conservation, le vin apparaît vraiment net. Mais incroyablement oxydé : oui, certains vont dire que c'est une déviance, pas moi et je ne vais pas entrer dans le débat. Bref à l'aveugle, c'est un vin du Jura. Dis comme ça, elle parait difficile à boire ; dans la réalité, cette bouteille est un délice, la minéralité est tout à fait là. C'est sauvage, ça ne ressemble à rien (et tant mieux) et c'est enveloppant. J'ai trouvé un mot pour ce vin : la félicité.

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    Difficile pour les bouteilles qui suivaient de soutenir la cadence. L'Atmosphères de Jo Landron (bu avant Callcut pour s'exciter les papilles), le champagne Mailly cuvée L'Intemporelle (avec laquelle je n'ai malheureusement pas accroché... mais bon, après Callcut...) et le gaillac Bois Moisset 2009 de Sylvie Ledran et Philippe Maffre, on en reparlera).

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    Enfin un petit whisky de Michel Couvreur, le très joli Overaged. Dans les jolis verres d'Olivier (achetés à la Maison du Whisky), tout est ramené vers le nez : le jus est sublimé.

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  • Whisky-chenin

    Le soir de ce déjeuner d'anthologie, il faut bien manger et boire un coup car ce n'est pas tous les jours qu'Omar est de la partie. Après un petit détour chez Augé, notre choix s'est porté sur le Chinon plein de chenin (2005) du domaine Les Roches de Alain et Jérôme Lenoir (22 euros). Un beau vin bien sec, une toute autre approche du chenin que celles des Noëls. C'est ô combien agréable de voir qu'un même raisin bien travaillé entraîne des résultats différents, loin des vins de cépages aseptisés, standardisés, trafiqués que veut nous faire avaler l'industrie du pinard. En fait, la première chose qui arrive en tête après la première gorgée, c'est qu'avec une telle acidité le chinon semble taillé pour la garde : la bouteille a été ouverte bien trop tôt. Les commentaires de dégustations vont s'arrêter là malheureusement, mon palais en ayant vu de belles depuis ce midi. Dernière chose : Omar a tout compris, il cherche l'indication "Contient des sulfites" et ne la trouve pas. Et sourit.

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    Après le repas, un petit Michel Couvreur ne fait jamais de mal. J'ai enfin imité Olivier et acheté le Overaged. Cire noire et bouchon en liège, forcément y a du dégât sur la table. Mais dans le gosier... Cette bouteille, on devrait l'exhiber aux passants que l'on croise au hasard dans les rues pour leur expliquer que le whisky ne brûle pas forcément l'oesophage. D'ailleurs, comme pour le champagne, je n'ai jamais compris le goût de certains à s'enfiler des boissons qui font mal aux tuyaux avant de grignoter le bide : les whiskies de Michel Couvreur comme les champagnes de Drappier, ça ne fait pas mal à la gorge...

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  • Les vins de raclette

    Ça se passe comme ça, une soirée raclette chez Thomas. Le même anjou qu'hier pour se rincer la bouche et en attendant les retardataires. Je crois que son côté droit mais gras, fruité mais fin, nous a encore plus ravi qu'hier. Ce que c'est bon qu'un bon ch'nin...

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    Pour le vrai apéro, Thomas a sorti la Grande Sendrée 2002 de chez Drappier, un vin déjà bu chez lui. Toujours un must même si maintenant je crois qu'on lui préfère Quattuor... Mais je ne sais pas ce qu'ont les champagnes Drappier en ce moment : toutes les bouteilles débouchées moussent comme dans une discothèque de province.

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    Attaquons la raclette avec le marestel de Dupasquier 2007. Encore lui. Tout le monde a apprécié. "Dis donc ça change de la roussette qu'on boit d'habitude !" Tu m'étonnes, John...

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    Suit le chardonnay 2008 dit En Paradis vieilles vignes de Jean Rijckaert. Nous avions déjà bu une bouteille de ce vigneron l'été dernier : oui c'est bon, tendu pas trop oxydé mais tout de même typé Jura. Mais dès qu'il s'agit de cette région, mes pensées se tournent vers Ludwig Bindernagel et le couple Overnoy-Houillon et je me dis qu'à 16 euros prix caviste, cette bouteille n'est pas donnée.

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    Muscat 2005 Hinterburg de chez Binner, une des très belles surprises de la soirée. Comment cette bouteille a-t-elle pu me passer sous le nez alors que nous étions tous à Ammerschwihr l'été dernier ? Un nez typique de muscat, presque confituré qui annonce un vin doux. Pas du tout : vinifié en sec, il a une très grande tenue et une sacrée acidité. J'adore mais c’eut été encore mieux si on l'avait carafé deux heures.

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    Tout finit toujours par des bulles. Pour le Millésime Exception 2002 de Drappier, j'avoue que ma mémoire fait défaut. Etait-il plus rustique ou plus ouvert que la Grande Sendrée ? On aurait dû les ouvrir en même temps et comparer. Le palais farci de fromage fondu et de pancetta, ça n'aide pas...

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    En fait, ce soir tout ne finit pas par des bulles. Olivier a eu la folie d'ouvrir son whisky et nous avons eu la sagesse de ne pas trop en boire. C'est à mon avis l'une des bouteilles de l'année. Whisky Michel Couvreur Overaged. Rien que l'ouverture avec un tire-bouchon et son bouchon en liège, ça te pose le bonhomme. C'est un révolutionnaire : selon lui, le terroir est insignifiant. Ce qui est important, c'est l'élevage. Distillé en Ecosse, le whisky est vieilli dans des fûts sélectionnés à côté de Beaune. Sans doute Michel Couvreur passe-t-il pour un fou auprès des amateurs de whisky... Personnellement, je n'y connais pas grand-chose, lui préférant le whiskey irlandais. Mais cette bouteille est d'une finesse hors norme, d'un volume incroyable et d'une buvabilité extrême. Un genre de vin naturel fait avec des grains... à plus de 40° évidemment.

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