La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

02 octobre 2014

Damien Jaspard, talentueux vigneron planqué (et quel dommage !)

Marieulles-Vezon. Ici nous sommes loin, bien loin, des pseudo-branchitudes new-yorkaise, londonienne, parisienne. Et même messine, car oui, nous sommes à 20 kilomètres au sud de Metz et oui, il y a une branchitude messine. Comme partout.

Damien Jaspard n'a pas de site internet, pas de blog pour faire le buzz, pas de mention dans les guides de vin (pour l'instant), pas de parking bien aseptisé devant son chai de dégustation puisque de toute façon, il n'a pas de chai de dégustation… On ne vient pas par hasard chez Damien Jaspard, les visites sont en grande majorité le fait de familiers du domaine. Dans la cuisine familiale, c’est souvent Andrée, 85 ans, la virevoltante grand-mère de Damien qui accueille les curieux. De ses vieilles armoires lorraines, elle ne sort pas le dernier verre Baccarat mais un godet du quotidien qui ne suffit pas à banaliser les vins plein de fraîcheur du petit-fils.

photo 1.JPG

Loin des chapelles et des dogmes, le jeune homme s'intéresse de près à la biodynamie qu'il adapte à son terroir. Un vigneron local nous confiait récemment que Damien passe vraiment pour un original dans le coin : pensez donc, il fait tout à la main...

Il produit 7000 à 8000 bouteilles chaque année. Le Petit Gris de Vezon n’a rien à voir avec les escargots : il s’agit d’un clairet obtenu par une macération de pinot noir de deux semaines. Couleur rosé soutenu, sans aucune extraction, c'est le vin de copain par excellence.

Côté blanc, il travaille l’auxerrois, cépage local habituellement sans grand intérêt. Georges, le père, avait conservé une barrique du millésime 2008. Elle a mûri plusieurs années avant que le fils la mette en bouteilles. C’est la cuvée Flores qui fait entrer la Moselle française dans une autre dimension.

IMG_8854.JPG

Ces quilles modestes et atypiques nous rappellent que le vin est une boisson et qu'une boisson, c'est fait pour être bu. Elles s'échangent contre une ridicule poignée d'euros (3,5 euros pour le gris, 5 pour le blanc). Le problème, c'est que vous ne pouvez les trouver qu'à Marieulles. Aucun point de vente, ni local, ni parisien, ni new-yorkais, ne propose les vins de Damien Jaspard. Il est criminel de ne pas pouvoir les faire découvrir au plus grand nombre.

Amis cavistes du coin, ou d'ailleurs, si j'étais vous...

10:50 Publié dans Moselle éternelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : damien jaspard, marieulles, vezon, moselle, lorraine | | |  Facebook

21 novembre 2011

Plappevignes : de parfaits vignerons tiennent salon à côté de Metz

C'est à Sébastien Lapaque que je chipe cet amer constat que faisait déjà Pline l'Ancien dans le livre XIV de son Histoire naturelle : "notre époque a connu peu d'exemples de parfaits vignerons". C'est pourquoi il faut les mettre en avant.

Côté miam-miam à Metz, les Lorrains sont gâtés : un joli marché couvert, les charcuteries d'Eric Humbert, Cantino et plein d'autres réjouissances à découvrir. Et côté vins ? C'est un peu le désert depuis la fermeture d'un caviste engagé. Seul résiste François Adam en proche banlieue.

Le patron du très bon restaurant La Vigne d'Adam (j'en ai parlé ici et ) vend dans sa cave attenante les jolis vins qu'il sert à table. Pour mieux les faire connaître et mieux les partager, il a fait le pari de monter un salon du vin. Comme ça, à partir de rien d'existant. Il a appelé les vignerons qui ont vite répondu présents. Aidé par quelques bénévoles, il a façonné Plappevignes qui se tient le week-end prochain dans la salle des fêtes de son petit village, Plappeville, à 5 kilomètres de Metz. Moi, j'ai déjà mon billet de train.

Sans titre.jpg

Une première chose qui est fondamentale : les estomacs ne vont pas crier famine puisque c'est Cantino qui s'occupe de la popote... Et ça, ça dépote mon pote. On pourra aussi s'y procurer les créations de Rémy Bousquet.

D'accord, mais qu'est-ce qu'on va y boire ? Des vignerons du coin ? Oui, mais il n'y en a qu'un : Pascal Oury, le seul représentant de l'A.O.C. Moselle sur le salon. Alors il va sans doute y avoir plein d'Alsaciens vu que ce n'est pas loin ? Non, il ne s'agit pas d'un salon d'amateurs monté avec des copains vignerons qui habitent 200 bornes à la ronde.

On va boire quoi alors ??! Des noms bien connus ici : le domaine de Montgilet (en Anjou), les beaujolais du domaine Lapierre et du Château-Cambon ainsi que les grands vins d'Henri Milan (Provence). Hé ouais... Rien que ça. On n'est pas vraiment dans la catégorie petits joueurs.

Nous sommes aussi impatients de retrouver Philippe Gimel à Saint-Jean-du-Barroux (Rhône), les Clos des Boutes de Sylvain Boutée (Costières-de-Nîmes), Stéphane Aladame et Capitain-Gagnerot (Bourgogne), Frédéric Sigonneau du domaine de l'R (Chinon), Rijckaert (à la fois dans le Jura et vers Mâcon), le domaine de Cazaban (Aude) et La Badiane (Provence). 

Ne passons pas à côté de ceux que nous ne connaissons pas et qui vont sans doute nous ravir. Château Cornélie (Médoc), domaine du Plo notre-Dame (Minervois), Mas d'Espanetdomaine de l'Ermitage du Pic, château de Joncquièresdomaine d'Erianedomaine Rocaudy (Languedoc), domaine Coudoulis (Gard), Morando Silvio (Piémont, Italie), Prunier Bonheur, Phillippe Garrey, domaine des Roches (Bourgogne), domaine des Balmettes, domaine des Mathouans (Roussillon), château de Gaudou (Cahors), la Chapelle de Loyse (Beaujolais) et les champagnes Hénin Delouvin.

Il faut saluer le travail de François : je suis vraiment impressionné par le panel de vignerons qu'il a pu réunir. C'est peut-être l'aune d'une aire vinique nouvelle en Moselle

Plappevignes, Salon de Vignerons. Samedi 26 et dimanche 27 novembre de 10h à 19h à la salle des Fêtes de Plappeville. C'est 6 euros l'entrée mais 1 euro est reversé à l'association Noël de Joie.

Et concernant les saillies de Pline l'Ancien qui sont encore d'actualité, on y reviendra bientôt.

21 mai 2011

Ars-sur-Moselle : une visite chez Daniel Stapurewicz

Pour fêter à notre façon la toute nouvelle AOC Moselle, un petit tour chez le pionnier du bio en Moselle française : Daniel Stapurewicz. Nous sommes accueillis par sa femme. Alors que les gros domaines de la région commencent à y réfléchir ou à se convertir, ce jeune retraité de l'électro-mécanique s'active sur un hectare et demi d'auxerrois, de pinot gris et de pinot noir pour sortir quelques milliers de bouteilles chaque année. Du blanc bien sûr, un peu de rosé qui part vite et surtout le pinot noir qui cartonne. Etonnés d'un tel engouement, Thomas et moi pensions encore que Moselle signifiait blanc et que le consommateur en était resté là. Mais non, le goût évolue et pour s'y conformer, le seul cépage que l'on plante désormais, c'est du pinot noir.

Les vignes sont éparpillées entre Ars, Ancy et Dornot mais le carrefour principal se trouve près de la source dite de la Joyeuse, un coin où j'ai passé une bonne partie de mon enfance. Chez Daniel Stapurewicz, la vinification me semble tout à fait bien tenue, certifiée Ecocert depuis 2002, enherbement maîtrisé, pas d'intrant ni de levure dans la cuve et un minimum de sulfitage. "Ah oui, je peste toujours contre mon mari qui ne veut pas mettre de soufre dans ses bouteilles" en rit sa femme. "Car vous savez, lui est dans le bio depuis bien longtemps, avant que ce soit la mode : déjà son petit potager était bio. Alors quand il s'est agit de faire du vin, il ne pouvait pas en être autrement".

IMG_2299.JPG

Toutes mes photos de la cave étant floues, on ne va pas aller bien loin. Le fameux pinot noir n'était pas encore prêt, la bouteille qui nous a bien excité, c'est l'auxerrois (6 euros), un cépage du coin que l'on faisait pisser de partout et qui donnait des vins même pas bons à mettre dans la choucroute. Ici on le découvre léger, fruité, presque long, pas emmerdant, pas hautain : bien sûr ce n'est pas un grand cru non plus. Mais il fait son job et bien plus : on ne devrait pas trop avoir mal au crâne le lendemain. Grâce à lui, nous allons enfin pouvoir commencer à boire l'AOC Moselle (sur les étiquettes à partir de 2011).

Dégusté aussi un autre soir avec la bande parfois sévère du Vindicateur : personne n'a fait la moue et a salué le travail du vigneron.

Domaine La Joyeuse, Daniel Stapurewicz, 3 rue Jeanne-d'Arc, 57 130 Ars-sur-Moselle, 03 87 60 69 48.

20 mai 2011

Metz : servir de la charcuterie nulle est un crime imprescriptible

Pour diverses raisons que je ne nommerai pas, nous nous sommes attablés dans ce restaurant de Metz. Un classique, assiette campagnarde, c'est-à-dire du lourd : cochonailles, terrine, pommes de terre rôties. Oh, ce n'est pas très cher (heureusement) mais le niveau est au ras des pâquerettes. Sur une planche de charcuterie, c'est vraiment très facile de tout rater : la terrine maison qui effectivement était maison tant elle a un souci de texture et de goût, les saucissons qui ressemblent à de la semelle, les pommes de terre totalement absentes, la feuille de salade et la ciboulette sorties d'on ne sait où... Oui, rater une telle assiette, aligner des morceaux de cochon de supermarché, c'est très facile. A Metz, royaume de la charcuterie, patrie d'Eric Humbert, où il ne reste plus qu'une poissonnerie en centre-ville, c'est absolument criminel. Et pourtant l'endroit fait bar à vin (références si peu chères que ça en est suspect, comme ce savigny 2000 à 18 euros) en tentant de donner dans le classieux. Comme dirait l'autre, il faudrait revenir aux fondamentaux.

IMG_2270.JPG

21:12 Publié dans Beurk ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : metz, moselle | | |  Facebook

19 janvier 2011

La reine des quiches (lorraines)

P1170165.JPG

Y a-t-il une académie de la quiche lorraine qui veille au respect de la recette originelle ? J'en doute. D'ailleurs y a-t-il une recette originelle ? Il y a celle que j'ai trouvée sur le site de l'INA, il y a celle du Conseil Régional de Lorraine qui me semble pas mal du tout. Et puis il y a la mienne qui viendra enrichir dans les prochains mois un recueil de recettes pour les djeunes.

P1170162.JPG

L'important est de faire sa pâte brisée soi-même et d'avoir un bon lard. Ici il vient de Forêt-Noire, la Romanée-Conti du cochon fumé destiné à cette usage. Puis 3 bons oeufs, 20 centilitres de lait entier et autant de crème épaisse. On bat bien le tout et on ajoute de la muscade fraîchement râpée pour un régiment. Point barre. 200°C durant 40 minutes : c'est pas très compliqué, si ? Et puis surtout ça ressemble à quelque chose.

P1170173.JPG

Et on boit quoi ? Alors là, mon pote, c'est à toi de voir. On peut taper dans le blanc local, l'A.O.C. Moselle, mais j'avoue qe si le château de Vaux n'est pas mal, on n'y fait pas encore de grands vins. L'aligoté nouveau de Frédéric Cossard ou plus rond le Marestel de Dupasquier. Et puis allons-y pourquoi pas un beaujolais bien naturel ou l'anjou-villages Brissac 2001 de Montgilet ?

11:02 Publié dans Recettes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : moselle, quiche lorraine | | |  Facebook

06 février 2010

Que de cadavres qui ont bien vécu

Saucisse, blanquette, fromage, panacotta. Et le reste est "litre et rature", comme disait Antoine Blondin. Mais le lendemain au réveil, Judith et son amoureux partis, ça fait du verre qui s'empile le long du mur.

P08-02-10_22.43.JPG

Le champagne Deutz en apéro était assez fin. Pas trop l'habitude de ces bulles markétées mais certaines sont tout de même à sauver (plus de 30 euros la bouteilles chez Carrefour-rien ou Auchan-pas-d'honneur). J'ai enchéri à nouveau avec le beaujolais villages 2008 de Karim Vionnet. J'en ai déjà tant parlé, je me tais.

Un cheverny rouge 2008 cuvée de base (10 euros aux Caves de l'Insolite) d'Hervé Villemade : mon autre découverte du moment. Villemade, je suis accroc à ses blancs. Peut-être avais-je peur de tenter les rouges ? Au Bistrot Paul Bert, on s'en souvient que j'avais pris un petit verre. Moi en tout cas je m'en souviens. Profond, mûr, chargé d'amour qu'il est ce vin. La Loire dans le gosier. Là ce soir, directement la bouteille et le magnum pour bientôt.

Continuons avec des choses plus chargées. Comme le P'tit Piaf du domaine de l'Ausseil, à 7 euros seulement. Un vin de pays des côtes catalanes, à base de merlot. Rond, capiteux, fort. Très fort. Trop fort.

Il fallait finir sur une note plus fine. Je l'ai trouvée en Allemagne. Cette petite quille du Dr. Loosen qui vinifie parmi les meilleurs rieslings du monde. Ici un Erdener Treppchen Riesling Auslese en 2007 (13 euros la demi-bouteille dans les caves des frères Loosen). Celui que la revue Wine Enthusiast classait 45e meilleur vin du monde... Ah, ces classements idiots et sans intérêt. Pour simplifier, un vin d'une minéralité absolue pour un vendanges tardives si éloigné des confitures bas de gamme que produit malheureusement souvent l'Alsace. Un vin qui marque. A re-boire, et surtout pas en fin de repas mais à 16h, avec le goûter pour encore plus en profiter.

P08-02-10_22.44[01].JPG

02 janvier 2010

La future locomotive de l'AOC Moselle

De prime abord, ça peut ne pas faire rêver si on a en tête Condrieu, Mersault ou Vouvray. Mais si on pense un peu aux rieslings allemands, on comprend bien qu'il y a du potentiel le long de la Moselle française. Dans un à deux ans, le savoir-faire d'une pincée de vignerons, je n'ose dire une poignée tant ils sont peu nombreux, sera reconnue par l'INAO. On ne rigole pas, c'est important, ça aide toujours. Au moins au début.

Le nom choisi devrait être celui d'AOC Moselle, alors qu'on tergiverse encore car certains préfèrent AOC Côtes-de-Moselle. Le problème vient aussi d'Allemagne et puisque la même Moselle y coule, il faut négocier.

Ce samedi, tout cela nous a été expliqué nonchalamment par le responsable du Château de Vaux, sans doute les vins les plus représentatifs de ce qui peut se faire dans ce coin de Lorraine.

P02-01-10_16.27[01].JPG

Je ne vais pas faire de compte-rendu exhaustif de la dégustation. Seulement dresser quelques tendances puisque des débouchages de quilles de ce domaine égaieront 2010 et j'en ferai part ici.

Avant-tout se pose un gros problème. Ni à la cave, ni sur le site internet, on ne parle de la "philosophie" de la maison. On ne sait pas comment la maison travaille, si c'est sans soufre, si c'est à coups d'engrais, si c'est à coups de soupe d'orties, si c'est à coups de pesticides...

En gros, je pense que les rouges (exclusivement du pinot noir) ne sont pas à la hauteur. Même la plus grande cuvée tarifée 23 euros départ cave est une aberration par rapport à ce qui se fait en Bourgogne - et je ne parle même pas de la Loire.

La force du Château de Vaux réside dans la palette de ses blancs. A bulles (sec, extra-sec), d'entrée de gamme (les fameuses Gryphées 7 euros, blanc bien sec qui devrait être le fleuron de l'AOC Moselle), des cuvées plus soignées (vieillies en fût de chêne - sur le papier ça donne pas envie mais dans la bouche, Septentrion est LA réussite du domaine), demi-sec (le fruité est vraiment très agréable) et carrément liquoreux (sucre trop agressif pour des sans-sucre comme moi).

C'est déjà un vignoble reconnu dans la région, c'est l'un des seuls, ça aide. Il va sans doute l'être encore plus. Alors si vous avez envie de spéculer en achetant les dernières bouteilles classés VDQS, libre à vous. Mais dites surtout au patron de sourire aux gens.

P02-01-10_17.02.JPG

Château de Vaux, 4 place Saint-Rémy, 57130 Vaux. www.chateaudevaux.com

16:53 Publié dans Moselle éternelle | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : metz, moselle, aoc, inao, chateau de vaux, gryphées, septentrion | | |  Facebook

10 décembre 2009

Les matinales ça n'aide pas

Vous l'aurez remarqué, le blog est un peu en suspens... Normal, se lever tous les jours à 2h du matin pour aller au travail ne facilite pas les idées heureuses comme dirait Jean-Christophe Comor.

Mais pour pallier ce manque, un joli week-end s'annonce en Allemagne et Moselle. Avec des visites chez des vignerons, une pendaison de crémaillère et d'autres bouteilles débouchées pour d'autres occasions.

C'est donc à suivre ici tout prochainement.

10:53 Publié dans Clin d'oeil | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean-christophe comor, allemagne, moselle | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu