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  • Un resto exceptionnel en Palestine : Hosh Jasmin

    La Palestine n'est pas forcément le pays où on mange le mieux sur Terre. D'ailleurs, ce n'est même pas un pays. Et Dieu, s'il existe, sait combien j'y ai fait de restos. Ici plus qu'ailleurs, il faut choisir ses adresses. Aucune n'égale Hosh Jasmin, à côté de Bethléem (mais bien planqué).

    Houmous, taboulé, salade.

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    Boulettes de viande au tahiné chaud.

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    Msakhan : plat traditionnel palestinien (pain au four, oignons au sumac, poulet mariné).

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     Toutes les descriptions du monde ne valent pas un voyage sur place.

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    Hosh Jasmin, Beit Jala. Pas facile de trouver la première fois : en venant d'Hébron, prendre la direction Gilo. En haut de la côte, le centre de Beit Jala se trouve à droite mais prenez à gauche vers Jérusalem. C'est dans la rue qui descend face au supermarché Ricardo. Vu la proximité de la colonie de Gilo, le lieu se trouve en zone C, sous total contrôle israélien. Ce qui explique que Hosh Jasmin se fait régulièrement raser... Encore une fois, pour comprendre la chose, rien ne vaut un voyage sur place.

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    *** 

    ENGLISH VERSION A amazing restaurant in West Bank : Hosh Jasmin

    West Bank is not the best country for food. Actually it's not even a country... And God, if he exists, knows how many restaurants I have tried. Here more than elsewhere, you have to choose the places. Nothing better than Hosh Jasmin next to Bethlehem (but really hidden).

    Humus, tabuleh, salad. 

    Meatballs in hot tahini.

    Traditionnal Palestinian Msakhan : bread, onions wwith sumac, chicken. 

    All notes are not worth a trip there.

    Hosh Jasmin, Beit Jala. Not easy to find : coming from Hebron, take the Gilo direction. At top of the road, see Beit Jala downtown to the right but turn left towards Jerusalem. You'll find the place in the street that goes down from Ricardo supermarket. Given the proximity of the Gilo settlement, the place is in Area C, under full Israeli control. This explains why Hosh Jasmin is regularly destroyed... One more time nothing beats a trip there to understand the situation.

  • Et si on réglait le conflit israélo-palestinien avec du ketchup ?

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    Je vous présente Qalqilya. Cette ville de Cisjordanie se trouve à 20 bornes de Tel Aviv. Sur la photo, on aperçoit les buildings de la ville israélienne au loin. On aperçoit aussi une ligne de béton.

    Car Qalqilya est entourée de toutes parts par ce fameux mur entre Israël et la Cisjordanie. On a connu des situations plus simples. Une fois encore, je ne vais pas entrer dans le détail, il y a des maisons pour ça.

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    J'aimerais juste encourager les pro-ceci et les anti-cela à se rendre sur place afin de juger par eux mêmes de la situation à la fois kafkaïenne et intolérable que vivent les habitants de cette ville. On peut en débattre autant qu'on veut, rien ne vaut une petite visite dans le coin.

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    Même ici, l'espoir peut naître. Mon guide bosse au ministère palestinien de l'éducation, un bon job sans aucun doute. Il milite depuis très récemment pour la construction d'une usine où l'on produirait du ketchup. L'idée tient du génie : les tomates locales sont absolument terribles et toute la Palestine est accro au ketchup. Plutôt que le faire venir d'Israël ou d'ailleurs, consommons local ! Ce mec, il n'a pas de pétrole, ni la possibilité d'aller en Israël, mais il a des idées. J'espère qu'il va aller soumettre son idée à l'Union européenne ou à je-ne-sais-qui au plus vite. On en conviendra, c'est en donnant du travail aux plus démunis qu'on favorise l'avenir de tous. A moins qu'on recherche continuellement le conflit (suivez mon regard).

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    ENGLISH VERSION Ketchup for solving the Israeli-Palestinian conflict

    Let me introduce Qalqilya. This West Bank city is 20 km away from Tel Aviv. In the pix, you can see TA buildings. We also see a line of concrete.

    Because Qalqilya is surrounded on all sides by the famous wall between Israel and the West Bank.

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  • La recette de la harissa palestinienne (ce n'est pas une pâte de piment mais un dessert !)

    Notre pote, cuisinier palestinien, habite à El-Azarieh, en Cisjordanie. C'est l'endroit de la résurrection de Lazare, là où habitaient Marthe et Marie, les amies de Jésus. Dans la Bible, on connait le patelin sous le nom de Béthanie. 

    L'endroit a bien changé. Le mur entre Israël et la Cisjordanie a tranché dans le vif cette banlieue de Jérusalem. Depuis 10 ans, la vie n'est plus la même. Chaque matin, notre cuisinier doit passer le checkpoint pour venir travailler et le repasser le soir pour rentrer. Interdiction d'aller ailleurs qu'à son travail. Ni de le passer en voiture, il faut donc tout miser sur les transports en commun. Ses enfants n'ont jamais vu la mer. Pour eux, il aimerait seulement un système scolaire qui tienne la route et pouvoir les emmener à la piscine. Je l'ai vu regarder une carte postale représentant un paysage de Bretagne avec des yeux de gosse.

    On pourrait continuer cet inventaire pendant longtemps. J'ai galéré pour qu'il me parle de lui, pour qu'il se confie un peu. La fierté, la pudeur et le pacifisme sont des valeurs fortes en Palestine, quoi qu'on en pense. 

    Quand je l'ai connu, il n'arrêtait pas de chanter. Et il n'a pas une voix de ténor... Un jour, j'ai fini par le vanner en lui disant qu'il me faisait plus marrer qu'autre chose, avec ses chansons. Il m'a répondu : "chanter, c'est la seule chose qu'il nous reste".

    Il a oublié de mentionner la cuisine qui fait tant partie intégrante de la culture arabe, qui est tant greffée aux corps, qu'on l'oublierait presque. Voici sa recette de gâteau à la semoule, parfois à la noix de coco, parfois à l'amande, parfois appelé basboussa, parfois baptisée harissa (rien à voir avec la pâte de piment tunisienne). Un délice. Parfait pour le goûter.

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    Préchauffer le four à 180°C.

    Préparer le sirop. Faire bouillir 3 verres à moutarde d'eau avec 3 verres de sucre jusqu'à une consistance un peu sirupeuse. Ajouter quelques gouttes de jus de citron. Laisser refroidir à température ambiante.

    Dans un premier saladier, mélanger 2 verres de noix de coco râpée, 2 verres de farine, 2 verres de semoule de blé fine et 1 verre de sucre.

    Dans un deuxième saladier, battre au fouet 3 œufs avec les zestes de 2 citrons, des grains de vanille ou en extrait.

    Dans un troisième saladier, mélanger longuement 2 verres de yaourt et une bonne cuillère à soupe de poudre à lever. Verser sur le saladier précédent. Mélanger à nouveau et ajouter 25 cl de crème fraîche liquide avant de mélanger encore.

    Ajouter un verre d'huile de tournesol dans le premier saladier puis mélanger à la main cette fois. Les Arabes disent que le bruit ressemble à quelque chose comme “bss-bss”, ce qui a donné le nom de basboussa).

    Réunir les saladiers et là encore, mélanger à la main jusqu'à obtenir une pâte homogène.

    Enduire le moule de tahiné avec un pinceau, comme on le fait avec du beurre. Pas besoin de farine.

    Mettre la pâte dans le moule et enfourner 30 minutes jusqu'à ce que ce soit doré.

    Sortir du four, couper les parts, ajouter le sirop refroidi sans aller jusqu'à vider tout le sirop.

    Laisser refroidir à température ambiante, c'est meilleur que chaud. Dresser avec de la noix de coco râpée sur chaque part.

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    ENGLISH VERSION Recipe of the Palestinian harissa (it's not a chili paste, but a dessert)

    Our friend, a Palestinian chef, lives in Al-Azarieh in the West Bank. This is the place of the resurrection of Lazarus where Mary and Martha lived (friends of Jesus). In the Bible we know the town as Bethany.

    The place changed 10 years ago.

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  • La Cisjordanie, terre de bières et de vins : la réussite de Taybeh

    “Nous n’avons peut-être pas de pays mais nous avons notre propre bière”. Nadim Khoury, avec son frère David, est à l’origine du plus beau succès culinaire de Cisjordanie : la bière Taybeh.

    Tout commence dans une période d'euphorie, du genre "on est tous frères", "la paix ne va pas tarder"... En 1993, après les accords d’Oslo, les investissements affluent au profit des arabes palestiniens. La famille Khoury, exilée depuis 30 ans aux Etats-Unis, décide de revenir à Taybeh (qui signifie “délicieux” en arabe), un des derniers villages chrétiens de Cisjordanie, à 30 kilomètres au nord de Jérusalem.

    Sur la terre de leurs ancêtres, ils montent une brasserie et se mettent à produire une blonde non pasteurisée, sans cochonnerie ajoutée et qui dépasse en termes de goût toutes les pisses d’âne des pays environnants. Aujourd’hui, c’est Madees, la fille de Nadim, qui oeuvre. Elle est la seule femme brasseur de tout le Moyen-Orient...

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    Taybeh produit chaque année 6 000 hectolitres de bière quand une usine alsacienne de Kronenbourg en sort 30 000... par jour ! La production est bio sans être certifiée, houblons et céréales viennent en majorité de l'étranger. Madees explique ensuite un processus ultra simple : "21 jours de de fermentation, pas de conservateurs... Et on boit". 

    L'unité de production tient sous un petit hangar. Taybeh répond surtout à la demande : la bière arrive très souvent dans le verre du consommateur alors qu'elle vient d'être brassée.  

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    La Taybeh blonde donc, le premier carton culinaire palestinien, est désormais disponible dans pas mal d'endroits de Ramallah et de Jérusalem. Madees explique que le logo représente les deux cuves de la brasserie... et le soleil leur fait espérer un avenir meilleur sur les collines de Cisjordanie.

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    Chaque année, la gamme s’étoffe : on peut désormais dégoupiller des bières de type porter, ambrée, light... Mon désir se porte surtout sur cette blanche extra, faite à partir de blé palestinien, d’épices (coriandre) et de zestes d’orange. C'est la première fois que les ingrédients sont presque exclusivement palestiniens.

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    A noter aussi, une réjouissante bière sans alcool qui a demandé beaucoup de travail. Taybeh voulait être sûr qu'elle titre bien 0.0 % d'alcool. La Cisjordanie est dans une écrasante majorité musulmane, il fallait que la boisson halal soit sans reproche. C'est vrai, la famille Khoury ne pouvait pas se couper des gros marchés que représentent des villes conservatrices comme Hébron et Naplouse, où la vente d'alcool est interdite. Mais Madees tempère. "La bière sans alcool, c'est pour les musulmans mais aussi pour les femmes enceintes, les conducteurs ou les enfants ! C'est une boisson rafraîchissante bien meilleure que le Coca-Cola".

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    Les chantiers en cours ? Peut-être une IPA à venir (amis de l'amer, réjouissez-vous !) et des bières de saison. A suivre.

    Plus haut dans le village, la famille Khoury a fait des investissements pour se lancer dans le vin.  

    “Il y a encore des moines qui font du vin en Palestine, à Crémisan près de Bethléem. Mais la guerre de 1967 et la construction du mur de séparation les a quasi intégrés du côté israélien” explique-t-on à Taybeh. “On fait donc du vin en Palestine parce qu’il n’y avait plus de vin en Palestine”.

    Canaan Khoury, le frère de Madees, diplômé d'Harvard, s'occupe de la Taybeh Winery. Le premier millésime (2013) a vu s'écouler 25 000 bouteilles. Aidée par un œnologue italien qui a mis en place un chai tout neuf, à la limite du clinique, l'entreprise part sur de bons rails. Lors de notre visite au début de l'été, les caves en inox et quelques fûts de chêne français attendaient le raisin encore sur ceps.

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    Les 6 cuvées mono-cépages portent le nom de Nadim, le père. Mais Nadim signifie aussi en arabe "le copain avec qui l'on boit". Se déclinent syrah, cabernet-sauvignon, merlot pour les rouges et sauvignon, zeini pour les blancs.

    Taybeh possède ses propres vignes et achète du raisin, notamment du côté d'Hébron pour les blancs. Travailler un cépage autochtone blanc, le zeini, s'avère forcément très intéressant. Le souci, c'est que les paysans palestiniens veillent encore sur le raisin comme s'il était destiné à la table. Résultat, il est souvent cueilli trop vert. Normal. Le vin n'est pas du tout leur culture. Mais tout se met en place progressivement.

    La dégustation des différents "Nadim" nous remplit d'aise. Bien entendu, il ne s'agit pas (pour l'instant) de grands crus. Mais par rapport à l'autre vin de Palestine, celui des moines de Crémisan, dont le vignoble est disputé entre Israël et Palestine, il ne joue pas dans la même catégorie.

    Le seul vin indiscutablement 100 % palestinien transforme ses premiers essais. Les rouges câlinent bien plus qu'ils ne dessoudent l’œsophage (comme trop souvent à Crémisan). La cuvée "réserve" de cabernet-sauvignon mérite une mention particulière tant elle évoque de jolis vins méditerranéens. A plus forte raison pour un cépage qui ne fait pas partie de nos favoris. Plus généralement, le cab'-sauv' du domaine est une vraie réussite : pour en avoir débouché une petite dizaine durant quelques semaines auprès d'amateurs ou de néophytes, j'ai remarqué que tout le monde adhère. Les blancs sont plus passe-partout mais encore une fois, ce n'est que le début.

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    Soyons francs, un point négatif. J'ai ressenti, sans que la chose soit clairement énoncée, qu'on veut tout de suite faire trop bien. Ni Rome, ni les climats de Bourgogne salués par l'Unesco, ne se sont faits en un jour. A Taybeh, on veut axer sur la qualité avant tout et je le comprends. Alors on reste un peu sage lors de la vinification. Mais le goûteur que je suis voudrait aussi savoir ce que la Cisjordanie viticole a dans le ventre, ce qu'elle a à exprimer. Pour ce faire, on aimerait parfois que le raisin soit un peu plus libre, c'est-à-dire que des doses de soufre sans doute trop élevées arrêtent de l'emprisonner - notamment en ce qui concerne les blancs. Le temps fera son affaire, j'en suis convaincu.

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    On peut raconter ce qu'on veut, la bière, le vin, le soufre, tout ça... L'important, c'est que ce soit bon et que ce soit un prétexte pour parler d'autre chose. On l'a souligné ailleurs, la bière est un révélateur du conflit israélo-palestinien à Jérusalem. Pis, et on l'a déjà dit aussi, boire une bière en Israël ou en Palestine est un choix politique. Taybeh raconte l'itinéraire d'une famille, une réussite palestinienne et sur le terrain, un quotidien extraordinairement complexe. Peut-être malgré elle, la marque Taybeh est devenue le symbole d'une forme de résistance politique, chrétienne, populaire, pinardière (rayez la mention inutile).

    Les problèmes auxquels fait face Taybeh sont innombrables. Il y a ceux que l'on retrouve chez tout artisan : les certifications, l'inertie des services publics, les taxes... On les connait en France, imaginons-les en Cisjordanie. L'acheminement des matières premières importées se fait depuis les ports israéliens : au passage du mur entre Israël et Cisjordanie, les Israéliens mettent la pression sur le conducteur, car ils sont palestiniens. La bière n’est pas destinée qu’aux seuls chrétiens. En consomment aussi des musulmans peu pratiquants, ou des Israéliens festoyant à Tel-Aviv. Aujourd'hui la bière Taybeh est synonyme de réussite en Israël et en Palestine. Mais certains distributeurs israéliens ne veulent pas en entendre parler parce qu'il s'agit d'un produit palestinien.

    La problématique de l'eau mériterait une étude approfondie. L'eau, c'est l'ingrédient principal de la bière et elle demeure forcément une ressource rare dans une région désertique. “Mais elle est aussi contrôlée par les Israéliens qui n’en donnent que 20 % aux Palestiniens et se gardent le reste. Alors que les colons de Cisjordanie disposent de l’eau courante tout le temps, les Palestiniens, connaissent des pénuries d’eau. Alors, nous récupérons notre eau dans une source baptisée Samia, à 3 kilomètres”.

    La communication a aussi constitué un écueil. Alors que la France triture la loi Evin pour savoir dans quel sens la prendre, la loi jordanienne qui a toujours cours en Cisjordanie interdit carrément de faire de la publicité pour l'alcool. Okay... "Tout passe par le bouche à oreille". Pour faire connaitre leurs produits sur une plus large échelle, les Khoury ont copié l’Oktoberfest allemande et rassemblent 15 000 personnes lors d'une simple fête communale... quand les touristes n’ont pas peur de venir. Et ça marche ! Taybeh est désormais connue jusqu’au Japon, aux Etats-Unis ou en Suède mais ce n’est pas chose aisée.

    L’exportation n’est pas impossible, mais elle est difficile" conclut Madees. "Comme nous n’avons pas de réelles frontières avec d’autres pays, nous sommes obligés de passer par Israël, par les ports d’Ashdod ou de Haïfa. Et transporter nos bières là-bas, à une centaine de kilomètres, revient à exporter dans un autre pays puisque nos frontières commerciales sont contrôlées à 100 % par les Israéliens. Sans compter que le trajet Taybeh-Ashdod coûte deux fois plus cher que Ashdod-Göteborg !P5154938.JPG

    C'est toujours quand la résignation semble l'emporter qu'un sentiment plus fort prend le dessus. "On pourrait écrire un livre rien que sur nos problèmes. Ce n'est pas facile de vivre ici, de travailler ici, encore moins de faire de la bière... mais ce n'est pas impossible". La vie avant tout, même sur les terres arides.

    Taybeh compagny, district de Ramallah District, Cisjordanie, + 972 2 289 8868. Et retrouvez Madees dans l'ouvrage Tronches de Vin 2 (éditions de l'Epure).

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    ENGLISH VERSION Beers and wines in West Bank : a success story in Taybeh

    "We have no country but we have our own beer." Nadim Khoury, with his brother David, is the founder of the West Bank finest culinary success : Taybeh beer.

    Everything started in a period of euphoria. In 1993, after the Oslo agreements, investment flowed to the benefit of the Palestinian Arabs. The Khoury family, exiled for 30 years in the US, decided to return to Taybeh (which means "delicious" in Arabic), one of the last Christian villages in the West Bank (territory occupied by Israel since 1967 according to the UN), 30 kilometers north of Jerusalem.

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  • Jérusalem : le meilleur sandwich falafel de la ville

    On se répète, Jérusalem n'est pas la ville où on mange le mieux sur Terre. Il faut trouver les pépites, comme l'échoppe d'Hissam. C'est à Ras Al-Amud, Jérusalem-Est, pile face au Panorama Hotel. C'est-à-dire là où les touristes ne vont pas. Grand mal leur fasse.

    Hissam fait sans contestation possible les meilleurs falafels de toute la ville. Dieu, s'il existe, est témoin que j'en ai testé un bon paquet, mes kilos supplémentaires faisant foi. Chacun a son adresse favorite, plus ou moins connue, plus ou moins recommandable. La mienne est complètement hors des sentiers battus.

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    Notre homme cuit ses pois chiches lui-même et les assaisonne. Il forme les boulettes et les fait frire presque à la demande. Trois ou quatre dans un pain pita, avec du tahiné, quelques légumes, des condiments, un peu de piment. Dans la bouche, ça croque, ça craque, c'est chaud, c'est froid, c'est magique.

    10 NIS le sandwich (2 euros), c'est plus cher qu'à Hébron mais moins cher que dans la vieille ville. Il suffit de redescendre vers la porte des Lions à pied, joli panorama (d'où le nom de l'hôtel).

    Et puis pour Ramadan, on a droit à la taille supérieure, fourrée à la Vache Qui Rit. Certes, ce n'est pas du saint-nectaire fermier, mais on n'est pas chez les bobos ici.

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    ENGLISH VERSION The best falafel sandwich in Jerusalem

    Once again I can tell you that Jerusalem is not the perfect "food city". You have to find the hidden gems such as Hissam's shop. It's located in Ras Al-Amud area, East Jerusalem in front of the Panorama Hotel. That is to say, where tourists do not go. Pity. 

    Hissam is unquestionably the best falafel man in the whole city. God if he exists, is witness that I have tasted many of them. Everyone has his favorite address, more or less known, more or less interestinge. Mine is off the beaten tracks.

    Our man cooks chickpeas himself. He forms balls and fries them almost on demand. Three or four in a pita with tahini, some vegetables, pickles, a bit of chili. In the mouth, it crunches, it cracks, it's hot, it's cold, it's magic.

    10 NIS for a sandwich (2 euros) : it's more expensive than in Hebron but cheaper than in the Old City of JLem. Then, you can go down towards Lions Gate with this nice view (hence the hotel's name).

    And during Ramadan we eat the larger size, filled with Laughing Cow cheese. Of course it's not a wonderful French saint-nectaire cheese, but here we are not with the Bobos.

  • Jérusalem : une première addiction, le rogalah

    On le trouve partout ce petit croissant bien gras fourré au chocolat. Parfois, on devine de la cannelle. Souvent, on a tort. Mais c'est vraiment addictif.

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    ENGLISH VERSION mini-croissants addiction in Jerusalem

    It can be found everywhere. This is a choco-stuffed mini croissant. Sometimes we guess there is cinnamon. But often we are wrong. Belive me, it's really addictive.

  • L'exemple typique d'un restaurant palestinien

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    La cuisine, c'est le partage. On commande du poulet, des "salades" et des frites pour le côté mondialisé. Et les assiettes valsent. Le concept d'entrée plat dessert n'existe pas, ni même celui du "je-prends-un-plat-pour-moi-tu-en-prends-un-pour-toi". C'est pareil dans d'autres pays arabes ou en Asie. Cette table décomplexée est réjouissante pour un Parisien.

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    Et sur la table pas d'alcool. Hormis quelques villages chrétiens et quelques individus qui tournent le dos à la religion un peu rigoriste (par exemple à Naplouse), on ne trouve pas d'alcools dans les villes de Cisjordanie. 

    Ce restaurant se trouve sur la place principale de Jéricho, face à la mairie. On dit souvent que la cuisine palestinienne est moins percutante que la libanaise ; c'est certain, mais il ne faut pas oublier où vous êtes. Et comme partout, il y a des adresses moyennes, comme celle dont je parle ici, et des pépites... Bien sûr, on en reparlera.

    ***

    ENGLISH VERSION A typical Palestinian menu

    Cooking is to be shared. We order chicken, "salads" and French fries. And plates came. Here nothing like Starter-Main-Dessert concept, nor even that of the "I-take-something-for-me-you-take-something-for-you". It's the same thing in any other Arab countries and Asia. This uninhibited table is overwhelming for a Parisian man.

    And on the table there is no alcohol. Apart from some Christian villages and a few individuals who turn their backs on religion (ie Nablus), we do not find alcohol in West Bank.

    This restaurant is located on the main square of Jericho, opposite Municipality. It is often said that the Palestinian cuisine is less powerful than the Lebanese; sure, but do not forget where you are. And as everywhere, there are average places, like here and there are hidden gems too... Of course, we'll talk about them.

  • Aujourd'hui, le mur de séparation israélien empêcherait la naissance de Jésus à Bethléem

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    En ce 25 décembre 2013, Marie accoucherait sans doute au checkpoint de Gilo300, entre Jérusalem et Bethléem.

    Venue de Nazareth (dans le nord d'Israël) avec Joseph, la Vierge se verrait aujourd'hui arrêtée par le mur qui sépare Israël de la Palestine. L'artiste britannique Banksy a affolé les réseaux sociaux avec sa carte de vœux qui illustre bien l'affaire.

    Plus réelle est cette crèche en bois d'olivier imaginée par la famille Anastas qu'elle vend dans son magasin de souvenirs, à Bethléem. L'image s'avère forcément traditionnelle mais l'idée géniale, c'est d'ajouter un mur de séparation amovible qui sépare (ou non) le petit Jésus des Rois Mages. 

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    Il faut dire que Johnny et Claire Anastas vivent dans une maison entourée des trois côtés par le mur de séparation. Forcément, ça donne des idées.

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    Israël désire ardemment "protéger" la Tombe de Rachel. D'où ce dédale. Chez les Anastas, l'accueil est souriant malgré tout. Quel meilleur endroit pour parler des conséquences de l'occupation sur le quotidien des Palestiniens ? Ici, on fait aussi chambres d'hôtes. Pour y accéder, c'est toujours tout droit par rapport à la sortie "piétons" du checkpoint.

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    Joyeux Noël quand même.

  • Cisjordanie : aujourd'hui, le Bon Samaritain fait du vin sans soufre

    Les Samaritains produisent du vin rouge. "The best arak in the world" nous lance même Husney Kahen, le directeur du Musée Samaritain posant fièrement devant les attributs de sa charge religieuse. Oups, il confond vite arak et vin mais il faut comprendre que même lui n'en boit que très peu, tant la production est minime. Et pour cause, plutôt réservé aux fêtes religieuses, ce vin reste difficile à se procurer.

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    Les Samaritains, combien de divisions ? Beaucoup de gens pensent qu'ils n'existent que dans la célèbre parabole de l'évangile selon Saint-Luc. C'est en réalité la plus petite communauté religieuse au monde, seulement 700 âmes. Depuis le premier millénaire avant Jésus-Christ, les Samaritains prient sur le mont Garizim (au-dessus de Naplouse) qui est un peu leur Jérusalem. Considéré par Israël comme les premiers israélites, ils ont un statut envié (passeport israélien, cartes d'identité palestinienne et jordanienne) mais reconnaissent souffrir quotidiennement de la colonisation israélienne qui grignote la Samarie, la région entre la Judée et la Galilée. Il faut dire que Naplouse est un foyer traditionnel du terrorisme palestinien, même si aujourd'hui la ville est calme.

    Là-haut, sur le mont Garizim s'est développé un village où les traditions, notamment religieuses, persistent. Certes on vit entre soi mais c'est un village semblable à ceux des alentours : des maisons on ne peut plus classiques, des magasins et un soldat israélien qui garde la route qui monte au village... Sans oublier ce musée qui expose le quotidien des Samaritains aux rares touristes et une épicerie qui vend de l'alcool. Les jeunes de Naplouse viennent d'ailleurs ici pour s'approvisionner : la ville grande palestinienne en contrebas est très conservatrice, la vente d'alcool y est interdite. Les soiffards viennent donc faire leur course au plus proche, chez les Samaritains. 

    Et ce vin alors ?

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    Je t'entends rire sous cape, te foutre un peu de la figure des Samaritains. Ce n'est pas très gentil. Bien sûr on s'attend à une immonde piquette. Et bien, ce n'est pas le cas. Bu sur plusieurs jours, le vin gagne à être aéré. Il est extrêmement fruité (arômes de fruits noirs), possède une belle acidité volatile (moi je trouve ça beau !) et s'avère très digeste. Je suis prêt à parier qu'il y a très peu, voire pas de soufre ; on retrouve assez la patte connue des vins naturels. C'est normal, c'est un vin qui n'a pas vocation à être conservé mais bu sur le fruit chaque année lors du sacrifice rituel. Bon, après... Je ne te cache pas qu'il manque un vrai vigneron derrière tout cela.

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    Cépages ? Conduite des les vignes ? Type de vinification ? Vous n'avez peut-être pas bien lu : le patron du musée confondait déjà arak et vin, ce n'est pas auprès de lui que j'ai pu trouvé des infos. Une fois rentré en France mes tentatives n'ont pas plus abouti. Si un lecteur peut aider...

  • Bethléem : la maison du pain

    Au détour d'une rue du souk de Bethélem, une boulangerie vend des galettes de pain semi complet pour quelques centimes d'euros. Béthléem, بيت لحم, la maison du pain en arabe. Les chrétiens ajoutent que ce n'est pas un hasard si Jésus (étant lui-même le pain) est né ici.

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  • Mer morte : le bar le plus bas du monde ne sert pas de vin naturel

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    Nous sommes dans une colonie israélienne, tout au nord de la Mer morte, à Kalya Beach précisément. Selon les accords d'Oslo, nous sommes en "zone C", tout comme 61 % de la superficie de la Cisjordanie, c'est-à-dire sous contrôle total d'Israël. Pourtant, nous sommes bien à l'est de la ligne verte de 1967 et du mur de séparation, à seulement quelques kilomètres au sud de Jéricho. Malgré tout, il est intéressant de venir ici et ce, à plus d'un titre. Bien sûr, c'est l'endroit le plus proche de Jérusalem pour se baigner dans la Mer morte, ce qui est une sensation unique au monde dans un paysage unique au monde. C'est aussi le point le plus bas du globe.

    C'est aussi l'occasion de se rendre compte de l'avancée de la colonisation économique de la Cisjordanie par Israël. La plage privée avec ses deux cahutes a fait place à des constructions en dur, faites pour durer justement. À coté, d'autres plages publiques ont poussé ces dernières années. La cantine du nouveau bâtiment s'avère nullissime, hormis la terrasse qui permet de jouir d'un panorama merveilleux sur... la Jordanie. On n'imagine pas l'occupant laisser cette manne financière à d'autres.

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    Autre curiosité : en bas, sur la plage, le bar le plus bas du monde. 418 mètres sous le niveau de la mer. On n'y sert que du Coca-Cola et autres boissons dans le genre.

  • Jérusalem : Ezra Kedem, le Passard israélien

    Ezra Kadem cultive son jardin. Comme Voltaire, comme Alain Passard. Des monts de Judée provient plus de la moitié des légumes (cultivés en biodynamie) servis dans son restaurant Arcadia, dans le centre-ville de Jérusalem-Ouest. Le reste, il l'achète à des paysans avec qui il entretient une relation on ne peut plus régulière. Alors qu'Israël, malgré ses richesses naturelles, subit de plein fouet la malbouffe, ici les légumes ont un goût de reviens-y. Pour preuve ce carpaccio d'aubergine, plat désormais mythique de mon Panthéon culinaire.

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    Ezra Kadem est avant tout un homme facile d'accès. Comme sa cuisine pourrait-on dire. D'ordinaire, en septembre et en octobre, le restaurant est fermé. Mais c'est vrai que j'ai un peu insisté et surtout, j'ai eu de la chance : il ouvrait pour un dîner privé, un anniversaire pour une tablée d'une demi-douzaine de personnes. Il a accepté ce jour-là que nous venions à deux manger au restaurant, nous aussi. Moment magique s'il en est : le fleuron de la gastronomie israélienne (quasi) privatisée. Une soirée au calme et comme serveur, le chef lui-même. Il vient s'enquérir de notre avis sur le vin, sur chaque plat avant d'apporter là une assiette supplémentaire, là un entremets en plus. Dès la fin de l'entrée, l'estomac crie assez.
     
    Mais revenons au début. À côté de l'aubergine, quelques coupelles avec une huile d'olive de belle naissance, quelques épices et surtout ce houmous sur la gauche, la deuxième claque de la soirée. Le chef nous livre son secret : en fait ce n'est pas du houmous, car il n'y a pas de pois chiche. Certes le goût prononcé du tahiné nous a induit en erreur ; l'ingrédient principal, c'est du fromage blanc battu. Additionné d'un peu d'huile de curcuma, il donne un antipasto de haut vol. Avec un pain maison à se damner... ce qui à Jérusalem est un comble. 
     
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    A côté, les gnocchis aux crevettes et différents tartares de poisson (mérou, bar...).
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    La viande du moment, c'était l'agneau. En côtes ou en selle cuite amoureusement en cocotte, c'est déjà beaucoup trop pour nos deux estomacs. Bien sûr, c'est parfaitement cuit mais surtout la petite salade chaude de pois chiche/féculents/légumes verts confine au merveilleux.

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    En dessert aussi, nous avons eu droit à du rab. 

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     Pour couronner le repas, une infusion du jardin à tomber à la renverse de fraîcheur et d'équilibre.

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    J'allais en oublier le vin. C'était aussi une belle surprise même si évidemment on reste dans le classique. La carte de vins israéliens est somme toute longue même si on reste très souvent sur un travail avec des levures exogènes et une belle tripotée de soufre. La Sea Horse Winery produit un très joli chenin (cuvée James) qui scintille parfaitement avec tout le repas. Aucune lourdeur, une sacrée classe.
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    Arcadia, Agripas 10, Jérusalem-Ouest. Les photos sombres ne rendent pas hommage au travail du chef. Encore une fois, pour se faire une idée, il faudra venir sur place...
  • Un dîner à l'American Colony Hotel, le palace de Jérusalem-Est

    Peut-on vraiment utiliser le mot de palace, ici à Jérusalem-Est ? Avec la chambre qui commence à 300 dollars, on répond oui. Le lieu est en tout cas un havre de paix (au sens propre comme au figuré, ce qui est rare dans le coin) que les hautes sociétés palestinienne, israélienne, étrangère fréquentent régulièrement. La presse internationale, les responsables d'O.N.G. et les experts de tout poil ont fait du petit patio leur QG officieux. Voire officiel tel Tony Blair qui, lorsqu'il était médiateur pour le conflit, avait loué tout un étage. Plus poétiquement, Chagall, Le Carré, Mandela avaient leurs habitudes ici. C'est tout de même plus joli que le massif King David Hotel, son homologue à Jérusalem-Ouest.
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    La cuisine palestinienne est remarquable. Les assiettes commencent à 20 euros tout de même, mais rappelons que partout en ville, les prix n'ont rien à envier à ceux de Paris. Depuis quelques années, plutôt que les bombes, ce sont les tarifs des restaurants qui ont explosé.

    On rigole moins quand on a ces légumes fourrés au riz dans l'assiette. C'est l'un des plats palestiniens les plus répandus, le premier qui m'ait été donné de manger dans une famille de Jérusalem il y a plusieurs années. Ici il est magnifié. Les légumes (courgettes, aubergines, feuille de vignes - nous sommes mi-septembre) ont le goût de légumes, la sauce tomate apporte une remarquable acidité.

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    En dessert, une tarte aux pommes bien troussée pour le prix d'un mauvais dessert à Paris (7 euros). 
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    Le havre de paix est aussi culinaire : enfin, une adresse paradoxalement assez simple et loin de la malbouffe. Et comme la Taybeh à la pression n'est pas plus chère qu'ailleurs...

    Arabesque, restaurant de l'American Colony Hotel, 1 Louis Vincent Street, Jérusalem-Est.

  • Jérusalem : la cuisine des femmes palestiniennes

    Le centre Melia aide les femmes palestiniennes depuis 1926. En haut du quartier chrétien, dans Frères Street, une boutique propose des broderies réalisées dans les villages de Cisjordanie. A côté, l'association gère aussi le restaurant Bint-al-Balad ("la fille du pays"). Chaque matin, des femmes cuisinent pour le repas du midi, l'endroit étant fermé le soir comme beaucoup d'autres dans la vieille ville.

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    Kubbeh (fameuses croquettes à la viande), feuilles de vigne farcies au riz, plats du jour... Tout est réalisé à la main, puis congelé quand il y a du surplus. Bref, on est à la maison et ici à Jérusalem, ça n'a pas de prix. Loin des fast-foods débitant de la bouffe industrielle à la tonne, c'est l'un des restaurants-révélation du séjour.

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    L'addition ? Encore une fois, ce n'est pas donné mais à part une assiette de houmous, rien n'est donné dans cette ville. Seulement, on se répète, ici la bouffe ne sort pas du Métro israélien et l'argent n'est pas dépensé en vain.
     
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    Bint al Balad, Frères Street, quartier chrétien, vers la Porte Neuve.
  • Jérusalem : un apéro avec la jeunesse palestinienne

    En remontant de la porte de Damas, tout le monde s'arrête au Jerusalem Hotel. C'est normal : il est dans tous les guides, le patio est agréable, la bière palestinienne Taybeh à la pression et la nourriture correcte. C'est l'endroit parfait pour rencontrer des membres d'ONG ou les journalistes que l'on ne croise pas à l'American Colony. C'est-à-dire qu'on n'y rencontre pas les chefs, mais les sous-chefs. Le problème, c'est que pour un papotage avec l'autochtone, on fait mieux. Et mieux, c'est un tout petit peu plus loin dans Nablus Road, à l'étage d'une vieille maison ottomane datant de 1905. 

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    Ancien siège du Parti communiste local, Al-Mihbash a perdu cette vocation politique pour devenir un hôtel-restaurant. Ici, très peu voire pas du tout d'étrangers. Seule la jeunesse palestinienne aussi dorée que le Dôme du Rocher se paie du bon temps. Déjà, elle a la chance d'habiter à Jérusalem, ce qui est bien plus simple pour trouver du travail. Ensuite, à voir les consommation et les narguilés se succéder, on soupçonne qu'elle n'est pas à plaindre.
     
    La carte brasserie fait la part belle à la cuisine palestinienne. Et c'est étonnement frais, notamment ce taboulé à la libanaise ou les pizzas au zaatar. Dans le verre, Taybeh à la pression aussi (on ne redira jamais assez que c'est là qu'elle est la meilleure) ou le vin des moines de Crémisan, à côté de Bethléem.

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    Al Mihbash, 1 Nablus Road, Jérusalem-Est.
  • Jérusalem : ah bon, ça ne voyage pas le vin naturel ?

    A pied jusqu'au métro. Puis RER. Puis la navette Orly-Val. Puis à pied jusqu'au comptoir d'enregistrement. Puis tapis roulant. Puis, confiée à la compagnie Pegasus Airlines, je l'imagine transbahutée d'un chariot à un tapis roulant avant de voyager en soute. Puis rebelote, car escale à Istanbul. Récupérée à l'aéroport Ben-Gourion à Tel Aviv, elle est revenue sur mon dos. Puis taxi collectif jusqu'à la porte de Jaffa à Jérusalem. Puis à pied à travers la vieille ville pour un premier coucou de nuit au mur des Lamentations et au Dôme du Rocher. Puis taxi privé pour rejoindre mon hébergement. Dans la chambre, elle s'est reposée 3 jours à température ambiante (il faisait 33 degrés dehors, pas beaucoup moins dedans, avec une forte amplitude thermique la nuit).

    Tout ça pour dire qu'elle a bien bourlingué la boutanche de Noëlla Morantin. C'est le gamay 2012 baptisé Mon Cher que j'ai apporté à Jérusalem (coquelicot sur un rocher, comme disait l'autre - ok, c'est plutôt des roses sur l'étiquette). C'était ma seule concession à la saine obligation de boire local ; je voulais voir si le cœur de Mon Cher allait s'accorder avec mon amour pour cette ville.

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    Émerveillée d'être offerte à un paysage si différent des bords de Loire, elle n'avait même pas pris le temps de se refroidir. Malgré les 23 degrés de ce début de soirée, les verres moutarde n'ont pas suffit à banaliser les splendides arômes de fruits rouges. Certes, ça bubullait un peu au début, mais c'est parfois le cas à Paris.

    Son fabuleux voyage, les différences de pression, de température, d'altitude (Jérusalem se trouve à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer dans les monts de Judée)... Rien n'a entaché le potentiel de ce vin. C'était ma foi fort glouglou et tempérait le côté fumé du houmous. Le lendemain matin, j'ai refait la photo collector avec la bouteille bien vide.

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    Cette petite parenthèse ligérienne entre le houmous et l'arak est maintenant terminée.

  • Jérusalem : une assiette en céramique arménienne

    Il y a ce qu'on met dans l'assiette et il y a l'assiette elle-même. J'ai vraiment eu un coup de foudre pour le magasin de céramiques Sandrouni. Le patron parle joliment français et fait visiter le petit atelier où tout est fait à la main. C'est forcément un peu plus cher que tout ce qui est vendu dans la vieille ville, mais là on ne sait pas vraiment d'où ça vient.

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    Sandrouni, Rue du Patriarcat arménien, face à la cathédrale arménienne Saint-Jacques.

  • Jérusalem : l'arak, le médicament palestinien

    L'arak résulte d'un subtil travail du raisin. On distille des jus blancs avec trois ou quatre passages dans l'alambic avant d'ajouter quelques graines d'anis pour parfumer. Si certains peuvent penser que son goût est similaire à celui de notre pastis, force est de constater que le processus de production de l'arak est bien différent, notre Ricard n'étant qu'une macération/distillation de pneus d'herbes aromatiques plus ou moins bien maîtrisée selon les producteurs. Dans l'arak, c'est du raisin, comme le cognac ou l'armagnac.

    Comme pour tout bon digestif, on peut le boire en apéro : allongé avec de l'eau, sa transparence en fait un liquide tout blanc que l'on surnomme "lait de lion" dans le Croissant fertile. Et en tant que digestif, bu pur, il soigne tout : maux de ventre, bactéries, rhumatismes, conflit israélo-palestinien...

    Qu'on l'appelle raki en Turquie, ouzo en Grèce ou arak au Liban-Syrie-Jordanie-Palestine, on évite là aussi de disserter sur qui l'a inventé. Israël aussi suit le mouvement et en produit un peu mais le pays reste à la traîne, préférant les alcools importés. Ce qui est sûr, pour en avoir goûté un peu partout dans la région, c'est que celui des arabes chrétiens de Bethléem, l'Arack Sabat Extra, est le plus fin. Ne cherchez pas chez votre caviste en ligne, ça n'existe pas. On ne peut se procurer son shoot que dans les échoppes autour de la Porte Neuve, à Jérusalem.

    Mes amis disent souvent que Jésus en buvait déjà à son époque. Peut-être. En tout cas, ils disent ça après en avoir eux-mêmes un peu abusé...

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  • Jérusalem : comment reconnaître une bonne limonade ?

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    Si le houmous est le plat national (mais au fait, de quelle nation parle-t-on ?), la limonade est son équivalent liquide. C'est la boisson que l'on retrouve partout, chez les Israéliens ET chez les Palestiniens, notamment dans les endroits où on ne sert pas d'alcool. Des deux côtés de la ville, des deux côtés du mur de séparation comme en témoignent ces deux photos quasi identiques : la première chez Afteem à Bethléem, la seconde chez Abu Shukri dans la vieille ville de Jérusalem.
     
    Citron, eau, sucre. Et un peu de menthe, d'où cette couleur parfois verte, parfois un peu plus caca d'oie quand la menthe est moins fraîche. On mixe le tout et on le sert très frais. Pour reconnaître l'adresse est honnête, on se fie à l'acidité du jus : les jus maison sont bien citronnés, les industriels tendent plutôt vers le sucre, saveur réputée plus accessible.
     
    Aparté. Comme dans beaucoup d'autres pays, on est sidéré par le nombre de restaurants qui servent une bouffe aseptisée, insipide. Mais ici, c'est un problème assez caractéristique. Alors que les richesses naturelles du pays sont si nombreuses, alors que les cultures culinaires sont si variées, la consommation de bouffe industrielle (et surtout sans âme) tient le haut du pavé. Heureusement, il y a des exceptions magnifiques.

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  • Jérusalem : où manger du houmous ?

    Réponse : partout.

    Ne voulant pas déclencher une troisième Intifada à moi tout seul, je me garderais bien de me prononcer sur l'origine du houmous : est-il libanais ? Ou israélien ? Ou syro-palestinien ? Ce qui est indéniable, c'est que ce mets somme toute un peu bizarre est devenu le symbole culinaire de Jérusalem, comme le Dôme du Rocher en est le symbole architectural. On en mange à l'ouest, on en mange à l'est, on en mange au nord, on en mange au sud, on en mange sur la Ligne verte de 1967, on en mange face au mur de séparation, on en mange près du mur des Lamentations, on en mange près du Saint-Sépulcre... Comme les chats errants la nuit, le houmous ne connait pas les frontières.

    Précisément, de quoi s'agit-il ? Il y a sans doute autant de recettes que de familles, voire d'individus, mais une base est partout respectée : un savant mélange de pois chiche écrasés, de tahiné (pâte de sésame dont le goût peut lui aussi varier à l'infini) et d'huile d'olive. Les dosages diffèrent partout, la qualité des produits aussi. Manger le même houmous dans deux endroits différents relève du coup de chance ou d'une bouffe industrielle (et là, pas de chance).

    Comment faire pour choisir son houmous ? Nous sommes allés à la rencontre de quelques adresses historiques. Réaliser une monographie du houmous à Jérusalem reviendrait à tester presque tous les restaurants de la ville. Déjà, pour en faire sortir certains du lot, notre estomac a été mis à rude épreuve : houmous à midi, houmous le soir. Il y a un moment où tu n'en peux plus et ce moment arrive rapidement. Voici quelques résultats glanés avant d'être devenu moi-même un gros pois chiche. Il n'y a pas de classement ici, c'est idiot les classements.

    Dernière chose : dans chaque restaurant, le houmous est servi avec du pain pita (plus ou moins bien fait) et des pickles (légumes saumurés plus ou moins comestibles). A chaque fois, il en coûte entre 3 et 4 euros l'assiette, ce qui reste raisonnable dans une ville où ces dernières années, ce sont les prix (plutôt que les bombes) ont explosé.

    Lina : soyeux, crémeux, très poischiché. De loin, le meilleur de la ville, à mon avis. A 20 mètres au-dessus de la 8e station du chemin de croix. Oui, à Paris, les bistrots me servent de points de repère ; à Jérusalem, ce sont les stations du chemin de croix ou les édifices religieux. 

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    Abu Shukri : une institution. Une bonne dose de tahiné rend la chose très torréfiée. L'huile d'olive qui l'accompagne est très plaisante. Rue Al Wad, face à la 5e station du Chemin de croix. 

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    Jerusalem Hotel : moins crémeux mais malgré tout plus léger. Une réussite. Sur Nablus Road, à quelques minutes de la porte de Damas. 

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    Al Mihbash : l'assiette la plus "fait maison". Comme pour tout ce qui vient de ce restaurant, le houmous semble extrêmement frais. Un peu plus haut que le Jerusalem Hotel, sur Nablus Road aussi.

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    Rahmo : là aussi, forte dose de tahiné. La texture très fondante s'explique sans doute parce qu'il n'est pas servi à température ambiante mais un peu chaud. Dans la rue Ehskol, à côté du marché Mahane Yahouda, côté Jérusalem-ouest.

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    Versavee : comme l'ensemble des plats servis ici, le houmous ne laisse aucun souvenir. Le passage dans lequel est situé le restaurant, juste à gauche après la porte de Jaffa faisait envie. Mais non. La déception du séjour.

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    Afteem : une belle assiette et un plat très citronné. A Bethléem, en contrebas de la place de la Crèche. Une halte connue des pèlerins depuis que les proprios ont été chassés de Jaffa en 1948.

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    Et on en oublie...

  • Jérusalem : le presse-agrumes hérétique

    Même ceux qui n'ont jamais mis les pieds à Jérusalem voient de quoi je parle. Voici un objet que je trouve délirant, tout droit sorti du cerveau fécond d'un designer foufou. Croisé dans une exposition à la Tour de David, à Jérusalem : un presse-agrumes façon Dôme du Rocher. Quand on sait que ce monument est depuis le VIIe siècle le symbole de la ville, qu'on le voit sur (presque) toutes les cartes postales et sur tous les posters de "martyrs" palestiniens... Ce n'est malheureusement qu'un prototype qui montre une (sacrée) liberté de penser.

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    Les touristes se pressent de plus en plus nombreux à Jérusalem, sur les lieux chargés d'histoire, sur les lieux saints des trois religions monothéistes ou encore sur les lieux du conflit actuel. La preuve, il y a maintenant un Guide du Routard sur Israël et Palestine, c'est dire.

    Tout cela, j'ai eu l'occasion de le vérifier lors de ma quatrième visite là-bas, en septembre dernier. C'est pourtant le premier voyage que je vais chroniquer ici. Dans les jours à venir, nous allons donc parler de Jérusalem, d'Hébron, de Naplouse, de colonies, de zaatar, de vins locaux, de limonade... J'oubliais que j'avais déjà évoqué précédemment les bières locales et du vin de Cremisan - mais on en reparlera aussi.

    A suivre donc un carnet de bonnes adresses si jamais la folle idée vous prend d'aller visiter ce joyeux bordel...

  • Daily Syrien, ou la difficulté de trouver un bon falafel à Paris

    En ces temps troublés, il est bon de se souvenir que la Syrie est le berceau de toutes les cuisines du Proche-Orient, Alep en étant le point stratégique. Cette région du globe a connu plusieurs conflits militaires ou religieux... mais aussi des conflits plus culturels, ainsi cette guerre du falafel : tous les pays du Proche-Orient se disputent la paternité de ces boulettes de pois chiche souvent fourrées dans un sandwich. Et à Paris, les quelques restaurants syriens, libanais, palestiniens ou israéliens ne brillent pas autant que la coupole du Dôme du Rocher... Comme beaucoup de Parisiens ou de touristes, j'ai longtemps erré rue des Rosiers où L'As du Fallafel est devenu, bon an mal an, la référence parisienne. Va savoir pourquoi.

    Puis mes séjours à Jérusalem ont changé la donne. A Bethléem plus précisément, où, face à la basilique de la Nativité, Afteem (Manger Square, 00 972 2 2747940) sert le nec plus ultra du falafel avec le pain cuit chez le boulanger... Evidemment, chaque retour en France se fait dans la tristesse de ne pas retrouver l'équivalent. J'en suis venu à bouder L'As qui en définitive se révèle plus que banal quand on a eu la chance de goûter ce mets de choix dans sa région d'origine. Bref, je ne mangeais plus que des falafels maison, confectionnés avec la poudre bio de Naturalia, additionnée d'eau et frite. Faute d'être l'éclate, c'était un bon succédané, moins onéreux que dans le Marais. Enfin ça, c'était avant. Avant l'arrivée de cette échoppe : le Daily Syrien, curieux mélange de maison de la presse et d'ambassade gastronomique du Proche-Orient. 

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    Le patron viendrait du sud de la Syrie, juste à côté de la frontière israélienne. N'ayez pas peur, on n'est pas dans Hatufim. Ici, on ne parle que de bouffe : c'est frais et c'est extrêmement bon. 

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    A emporter ou à table (ici l'assiette des mezze).

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    Labneh, le fromage frais un peu aigre, sommet insurpassable de la gastronomie du Croissant fertile. 

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    Même le houmous n'est pas lourd, pas saturé de tahiné, pas suitant d'huile. C'est dire...

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    Tiens, je n'ai pas goûté ce taboulé. Au fait : le taboulé proche-oriental n'a rien à voir avec notre semoule indigeste. Là-bas, la base est constituée d'herbes fraîches, d'où cet alléchant vert.

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    J'allais oublier la douceur. Le mouhalabieh, cet entremets pour lequel on dénombre sans doute 50 orthographes et 50 recettes différentes. Léger, sans forcer sur l'eau de fleur d'oranger, il appelle son petit frère même si la cuisine qui a précédé tient au corps.

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    Question boisson ? C'est un peu le désert de Judée... Alors un thé à la menthe.

    Daily Syrien, 55 rue du Faubourg-Saint-Denis, 75 010 Paris, 09 54 11 75 35.

  • Alep, grande ville syrienne et mère de toutes les cuisines du Proche-Orient

    "Jouir des bonnes choses renforce l'adoration chez le serviteur de Dieu
    et elles tirent de son coeur la louange la plus pure".
    Ibn al-‘Adîm dit l’Alépin (1192-1262).
     
    Cette citation est extraite d'un traité culinaire de l'époque ayyoubide, c'est-à-dire la dynastie présente dans la moitié sud du croissant fertile au XIIe (son représentant le plus connu est Saladin). L'ouvrage s'intitule précisément "al-Wuslâ ilâ lhabîb fî wasf al-tayyibât wa-l-tîb", ou plus simplement la Wulsa. C'est-à-dire le "Livre du lien avec l’amant à travers les bons plats et des saveurs". Ceux qui l'ont étudié parlent d'un ouvrage subtil aux recettes variées refletant la diversité culturelle d'Alep et de toute la région. Si un éditeur aux idées larges voulait se donner la peine de le traduire en français...
     
    Simplifions la chose : la Wulsa est la première codification de toute la tradition culinaire du Proche-Orient, un peu comme le "Mesnagier de Paris" pour la France. Il consacre Alep comme la capitale régionale de la gastronomie. Aujourd'hui encore, et même si elle dispute cette place à certains coins du Liban ou de la Palestine, c'est bien la Syrie qui reste la mère de toutes les cuisines proche-orientales.

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    Toute cette histoire est racontée dans un livre à mettre entre toutes les mains : "Les Secrets d'Alep" (éditions Sindbad-Actes Sud), écrit il y a six ans par Florence Ollivry, alors enseignante au Centre culturel arabe d'Alep. Ce n'est donc pas l'attachée de presse qui me l'a envoyé mais l'ami Olivier, fin connaisseur de ce pays, qui me l'a mis sous le nez. "Les Secrets d'Alep" s'avère un livre rare. Il revient sur l'histoire de la région, reprend les bases de la Wulsa, décrit des spécialités culinaires actuelles, fait le point sur les coutumes des différentes communautés d’Alep. L’auteur dépeint également la vie sociale alépine  par des détails ethnologiques (comment nait-on à Alep ? Comment se marie-t-on à Alep ?...) toujours sous l'angle gastronomique. Comment mieux connaître une ville que par sa nourriture et par les rites qui en découlent ? Le livre est extrêmement détaillé et je dirais, efficace : aucune phrase n'est superflue, aucune lourdeur. Quand on connait à ce point son sujet, on n'a pas besoin de tirer à la ligne. Enfin, les recettes livrées en parallèle sont relativement accessibles.

    Petites courgettes farcies au frikké (mahchi 'ajjour bel-frikké)

    Pour 6 personnes, prévoir 250 grammes de frikké (brisure de blé vert), 250 grammes de viande hachée (du veau ou du mouton), 2 kilos de petites courgettes de 6 centimètres de longueur, un bon poivre noir parfumé et du sel. Retirez l'opercule des courgettes et la chair à l'intérieur. Rincez le frikké et mélangez à la viande. Salez et poivrez. Remplissez la courgette aux trois-quarts sans trop appuyer et disposez les légumes dans une cocotte à la verticale. Couvrez d'eau, salez, donnez un bouillon et laissez cuire à feu doux pendant une heure. Vérifiez la cuisson en piquant la peau avec une fourchette. Egouttez puis servez avec une sauce faite de laban, de poudre de menthe et d'ail pilé.

    Paris, on trouve du frikké palestinien, de Jénine précisément, dans la fameuse épicerie libanaise Aux Délices d'Orient, là même j'avais acheté le vin naturel libanais, le château Musar. 

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