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pizza

  • Naplouse : une pizza dans un camp de réfugiés palestiniens

    Après la guerre qui fit suite à la création de l'Etat d'Israël en 1948, des milliers de Palestiniens ont fui les villes et les villages de l'ouest du pays. Pour les pays limitrophes notamment mais aussi pour ce qui allait devenir la Cisjordanie. Pour les accueillir, on construisit des camps de réfugiés, forcément temporaires. Le camp que nous visitons aujourd'hui, celui de Balata, a été établi en 1950. Le temporaire dure, c'est un peu un leitmotiv dans le coin. D'abord situé en lointaine périphérie de Naplouse, il a depuis été rattrapé par l'urbanisation galopante.

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    Aujourd'hui, c'est un quartier de la ville comme un autre, à ceci près que les habitants n'en sortent que très peu. Et que la densité de population est l'une des plus élevée au monde : sur un quart de kilomètre carré, se concentrent près de 25 000 habitants. Foin des quelques tentes bien alignées, on a construit en dur. Et génération après génération, on ajoute un étage à des bâtiments déjà extrêmement précaires. 

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    Libération ouvrait ainsi son article en 2008. "Balata est l'un des rares endroits en Cisjordanie, où l'on peut croire que la deuxième Intifada bat encore son plein". Même lorsqu'elle est terminée depuis longtemps partout ailleurs. Pendant plus d'une heure et demi, le directeur du centre social du camp témoigne auprès de nous dans son bureau. Rien n'est facile à entendre. Son désarroi, son abandon, son impression de se battre contre des moulins à vent, son pessimisme sur la question de l'impossible droit des réfugiés au retour. "Ce qui se passe de mauvais en Cisjordanie, se passe d'abord à Balata." Aucune parole, aucun article, aucun documentaire ne pourra rendre compte de la tristesse de ce témoignage. Ni de l'effroi qui nous saisit lorsque nous visitons le camp. Deux rues principales puis rien que des murs.

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    C'est l'ONU (via l'UNRWA, l'agence spécialement dédiée aux réfugiés palestiniens) qui gère le camp, l'approvisionnement en eau, les écoles... La mairie de Naplouse aide aussi autant qu'elle peut. Mais comme partout les budgets baissent.

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    Même si Naplouse est autour et qu'il n'y a pas de barrière physique pour s'y rendre, il s'agit en réalité de deux mondes bien distincts. Une sorte de ghetto dans une ville déjà peu épargnée par l'histoire récente. Il est rare qu'un habitant quitte le camp pour un autre lieu, même si tout est possible. On naît réfugié, on se marie réfugié, on a des enfants réfugié, on vieillit réfugié. Au quotidien, on subit un chômage chronique sans commune mesure avec ce que l'on connait en Europe.

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    En conséquence, la population soufre de beaucoup de problèmes psychiques voire psychiatriques. La violence domestique, la prostitution (texto : "on n'avait jamais vu une fille de 13 ans sucer des bites pour de l'argent dans notre région très conservatrice..."), les trafics en tout genre polluent les rues.

    Et pourtant, à la sortie de l'école, les enfants baragouinent deux mots d'anglais ou de français, demandent ce que nous faisons là, tiennent à saluer les étrangers. Comme pour dire qu'on est vivant. 

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    Je pensais auparavant qu'Hébron était l'enfer sur terre. Maintenant, je miserais sans mal sur Balata en premier lieu. Et puis, au milieu de la misère, surgit un four à pizza. Un semblant de vie normale, comme partout dans le monde.

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    Certes, elles auraient du mal à gagner un prix du Fooding. Mais comme le vin des Samaritains, comme le vin des moines de Crémisan, comme la bière de Taybeh, comme l'arak de Bethléem, l'important c'est surtout que cette pizza existe.

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    Pas de tomate du Vésuve, ni de mozza di bufala. Juste une jolie pâte, une belle cuisson.

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    ...et un résultat final qui ferait frémir plus d'un pizzaiolo parisien qui n'a pas honte de vendre des cochonneries surgelées à 10 euros pièce. Ici le mélange zaatar-fromage est un délice. Un euro pièce.

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    Assis, mastiquant son bout de pizza, on se demande si on n'a pas mieux à faire que tenir un blog qui parle de choses aussi futiles que le vin naturel ou le dernier resto à la mode. 

  • De l'art de faire la "meilleure pizza de Paris"...

    Quelques-uns se refilent l'adresse avec un petit complément en forme de compliment : "tu verras, c'est vraiment la meilleure pizza de Paris. D'ailleurs attends-toi à faire la queue devant la porte..."

    Si la dernière assertion est vraie, je suis bien plus réservé sur la première. Chez Amici Miei, j'adore le cadre : les beaux murs et les poutres, la cuisine ouverte et la petite cour-jardin que l'on devine derrière. Y règne une ambiance assourdissante (bien trop de bruit) mais au moins, on y parle italien. J'aime aussi la très référencée carte des vins de Sardaigne avec quelques vins abordables : mais je ne connais pas assez l'Italie du pinard pour me prononcer sur la qualité des quilles. Le souci c'est que le verre de vin blanc italien du jour (4 euros) est déjà oublié.

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    Quant à la pizza (de 10 à 17 euros), ça m'embête de le dire mais elle m'a vraiment déçu : si la garniture est plutôt goûteuse, la pâte est molle voire aseptisée. Pas d'étincelle, pas de feu sacré. Je préfère bien plus les focaccias de Al Taglio ou (moins cher) les pizzas à emporter d'Arlecchino, deux adresses juste en bas de chez moi.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Beurk ! 2 commentaires
  • La Gazzetta, toujours aussi extra

    Chacun a ses adresses chéries. On y va beaucoup un moment, puis plus du tout. D'ailleurs on ne sait pas vraiment pourquoi. Puis on y revient un jour, et rien n'a changé. C'est un peu le résumé de mon histoire d'amour avec la Gazzetta. Déjà, je ne suis pas loin de considérer que c'est le plus joli restaurant de Paris. Le plus romantique ou en tout cas, le plus chic. Mais bon, la photo ne lui rend pas vraiment hommage.

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    Je n'y vais que le midi, pour le menu passé de 14 à 16 euros toujours concocté par le même chef, Petter Nilsson. Trois petites entrées fofolles mais à s'en pourlécher les doigts. Toujours un quelque chose de liquide genre gazpacho à ceci ou à cela. A côté, un tartare de mulet et sa quenelle de patate douce. Et une part de pizza blanche au lard de Colonnata et à la seiche. A tomber à la renverse.

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    Et un plat à choisir parmi quelques propositions. Il y a quelques années, on choisissait entre 2. Désormais 4 possibilités. Ce jour, la version végétarienne. Une crème de maïs aux girolles et aux racines. A tomber par terre.

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    Et sous le flot de légumes, on tombe sur cette jolie carotte. Sans doute un coup de Joël Thiébault, le maraîcher des meilleurs restos.

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    Pour aller jusqu'au bout, on prend un dessert hors formule. Une brioche perdue et sa glace de ricotta. Ah... On est bien.

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    La Gazzetta, 29 Rue de Cotte, 75012 Paris, 01 43 47 47 05

  • Devant Algérie-Egypte

    Un match de foot pour moi, c'est pas avec la bière ni de la pizza. A la rigueur je pourrais, parce que j'en regarde un tous les dix ans. Là c'est Algérie-Egypte. On en est à la 80ème minute, ça sent bon pour les Fennecs. Mais samedi ils ont perdu à la dernière seconde.

    Pour fêter ce match de foot, j'ai cherché du blanc. L'Edelzwicker de Bruno Schueller m'a redonné envie de tester une autre bouteille. Que bizarrement j'ai trouvée au Verre Volé, en bas de la maison (8,9 euros pour un litre). Tant mieux, c'est le 2008 du Domaine Barmes Buecher. Tout le monde en parle. On dirait presque que ce sont les successeurs des Binner. A goûter donc.

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    Mais voilà, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. A ce domaine qui semblait prometteur, je préfère le côté root de Schueller, sans aucun doute. Son côté trouble, fruité, en gestation, qui ne respecte rien sauf le goût. Le Barmes Buecher est clair, très aromatique, semble très digeste... bref un bon vin d'Alsace. Mais il n'a pas ce côté "vin paysan" que j'aime tant. Ce genre de vin qu'on a honte de servir. "Dites donc mon bon monsieur, il est opaque votre jaja". Et alors ?

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    Barmes Buecher travaille bien, en biodynamie. Et ne se prive pas de le dire. Il faudra goûter les autres cuvées pour se faire une vraie idée. Mais, côté Edelzwicker, je crois vraiment que ça ne vaut pas Schueller, deux euros moins cher.

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