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raphaël gonzales

  • Mon hachis parmentier au Clos des Cimes

    Mardi soir, c'était dégustation des vins du Clos des Cimes. C'était à la maison et Raphaël Gonzales avait apporté toutes ses cuvées et pas mal d'autres quilles. Forcément, le lendemain il me reste sur les bras quelques fonds de bouteilles ; je ne vais tout de même pas tout boire ou les jeter...

    Tiens, j'ai aussi une belle carotte, un oignon charnu, quelques pommes de terre qui trainent et un céleri rave oublié dans le bac à légumes. On va mélanger tout ça. Il suffit simplement de faire un saut chez le boucher à qui il reste une grosse queue de boeuf (à gauche), un morceau de jumeau (en haut) et une joue (en bas).

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    C'est le théorème d'un pot-au-feu ou d'un hachis parmentier réussi : mariez les morceaux ! Queue pour le gras et donc le goût, joue pour le gras et la viande, jumeau pour la viande. Dans une cocotte avec un peu d'huile d'olive et de beurre, tu fais revenir chaque viande sur chaque face. Puis tu ajoutes les fonds de bouteille de tous les vins de Raphaël qu'il te reste : aujourd'hui j'ai mélangé La Fée des Vignes, La Clef des Champs et le Clos des Cimes.

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    Je n'avais pas vu qu'il me restait aussi le rosé La Petite Fugue. C'est pur syrah avec aucun sucre donc allons-y.

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    Et encore un peu d'eau pour que les viandes soient bien mouillées à hauteur. Tu fais bouillir et tu écumes. Tu baisses le feu et tu ajoutes la carotte et l'oignon coupés en dés. Les viandes vont cuire à feu doux durant quatre heures dans cet assemblage improbable des vins du Clos du Cimes.

    A côté de cela, dans un grand volume d'eau bouillante, tu fais cuire céleri et pommes de terre épluchés. Au bout de 30 minutes, tu écrases le tout à la fourchette. Même pas besoin d'ajouter du beurre ou de la crème comme pour une purée à la Robuchon.

    Au bout des quatre heures, tu récupères la viande et elle s'effiloche toute seule. Tu mélanges bien avec carottes et oignons. Vrai sel non raffiné et poivre de malade (ici un tellichery de Gérard Vives).

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    Dans un plat un peu huilé, tu balances une couche de viande puis une couche de purée. Il ne faut pas oublier de bien presser le tout. Et de laisser reposer à température ambiante. 

    Pendant ce temps, il faut faire réduire le jus de cuisson. A feu vif, fais bouillir le liquide resté dans la cocotte jusqu'à ce qu'il perde beaucoup de volume. Vers la fin, quand il te reste l'équivalent d'une ou de deux louches de bouillon, la liaison se fait automatiquement grâce au gras des viandes qui est naturellement passé dans le bouillon. Donc surtout, ne pas ajouter de farine, de maïzena ou de matière grasse. Tout se fait naturellement. Et la sauce certes grasse est assez sirupeuse.

    Avant le service, mets le plat au four à 200°C pendant au moins 15 minutes. Et sers moi ça sur une belle assiette avec le jus par-dessus.

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    A boire avec... un Clos des Cimes 2007 je dirais. Mais arrêtons de faire de la pub à Raphaël Gonzales et ouvrons un Rivaton vieilles vignes 2006. C'est à la fois complexe et très glouglou. Une très, très belle bouteille dénichée pour 13 euros à la Cave des Papilles, mais il n'y en a plus.

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    N.B. pour la sauce : si tu préfères la dégraisser, il faut la mettre une nuit au frais. Le lendemain, il est très facile d'enlever la graisse en suspension. Comme tous les plats mijotés, le hachis parmentier gagne à se reposer. Enfin, dernière possibilité pour avoir une sauce plus dense et sans rien ajouter : mixer quelques morceaux de carottes cuits avec le bouillon. Et la première idée peut tout à fait se combiner avec la seconde. Pour plus de détails sur ce chapitre passionnant que sont les sauces, il faut lire les livres de Michel Guérard. 

  • Raphaël, l'Elfe Doré

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    Quatre consonnes et trois voyelles, c'est le prénom de Raphaël (Gonzales). Et il a l'air d'un ange. Non, d'un elfe doré plutôt. L'autre soir, le vigneron du Clos des Cimes était à Paris, à la maison. Et avec les copains, on a tout goûté. Le vignoble est situé dans la Drôme, à Mérindol. Les rouges sont en A.O.C. côtes-du-rhône, les blancs et le rosé ailleurs. Tant mieux.

    Avec sa femme Elodie, ils ont repris le vignoble familial qui avant 2007 vendait la totalité de ses raisins. Pour les passionnés de la chose, j'ajoute : sol argilo-calcaire très caillouteux, moyenne d'âge des vignes de 40 ans, exposition sud/sud-est avec surtout une altitude marquée (entre 500 et 600 mètres) ce qui fait beaucoup de bien à la vigne. Côté vinif, c'est soit de la cuve béton ou des barriques ouvertes pour les rouquins.

    Un moyen mnémotechnique pour retenir le nom des cuvées ? La Fée des Vignes (elle) et l'Elfe Doré (lui) ont fait une Petite Fugue (en Suisse, si j'ai bien compris). Ils découvrirent la Clef des Champs pour ouvrir la porte du Clos des Cimes. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de Petits Sylphes. D'accord, mais dans le verre, ça dit quoi ?

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    Les Petits Sylphes. Le vin par qui j'ai rencontré Raphaël, c'était chez Sébastien P. et j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais. Un tiers grenache blanc, un tiers ugni blanc, un tiers chasselas. Le 2011 me va à ravir, sans doute à cause d'une oxydation plus prononcée que le 2010.

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    La Petite Fugue, c'est le rosé de syrah (pressurage direct). A la couleur, je m'attendais à une sacrée dose de sucre, je ne sais pas pourquoi. Et pourtant, je le connais bien, on l'avait bu avec Eva sous une chaleur d'enfer. Aujourd'hui, j'accroche totalement. J'ai vraiment l'impression que l'été s'avère trop chaud et trop tôt pour les rosés. Mieux vaut s'en servir en hiver. Ici, une sensation chocolatée nous rappelle bien qu'on est sur de la très belle syrah. Et quelle couleur ! C'est vrai qu'on sent bien la fraise, moi je l'y mettrais bien sur un dessert. Normal, je ne goûte guère le sucre sur le sucre.

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    Passons aux rouges. Rendons à César ce qui lui appartient, c'est Elodie, la femme de Raphaël qui s'en occupe (Raphaël s'occupe donc des blancs, CQFD). Et elle s'en occupe bien puisque, nous dit-on, c'est garanti sans aucun intrant chimique et les vins ne sont pas filtrés. Soulignons cette caractéristique des vins du Clos des Cimes : ils sont incroyablement "propres", pas de prétendue déviance, pas de gaz carbonique qui gazouille... Les empêcheurs-de-boire-en-rond-sans-avoir-trop-mal-au-crâne devraient aller jeter un coup d'oeil du côté de Mérindol.

    Première quille : La Fée des Vignes 2009 (grenache, cinsault, syrah). Je devrais un jour crier mon amour pour le cinsault, cépage tellement négligé. Il faut l'avouer La Fée n'est pas dans un bon soir, à cause du transport, du froid, du chaud... J'en ai une encore en stock, on va la laisser se reposer. Mais sous la bouteille en méforme pointe tout de même un très joli jus.

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    La Clef des Champs 2008. On prend presque les mêmes (grenache, syrah) et à la place du cinsault, on met du carignan. C'est vraiment très joli, un vin plus sudiste. Après deux heures d'ouverture, il donne le meilleur de lui même, sur des notes très épicées.

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    Enfin la star, le Clos des Cimes 2007 et à côté, un 2008. Evidemment, il aurait aussi nécessité quelques heures d'ouverture. Raphaël nous confie qu'en réalité ce vin en réclamerait deux jours avant de le boire sur les trois suivants. C'est riche mais vraiment buvable. Le 2008, année plus que difficile, est encore à suivre mais le 2007 présente déjà toutes les qualités d'un très beau côtes-du-rhône. Et on peut encore l'attendre. L'élevage est deux à trois fois plus long que les rouges précédents, c'est-à-dire 36 mois.

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    J'avoue que ma grosse surprise de la soirée fut avec L'Elfe Doré et sa vingtaine de grammes de sucres résiduels que l'on sent vraiment très peu. Le sucre dans le vin je veux bien, mais quand c'est discret et très contrebalancé par l'acidité. Là, c'est vraiment très fin. J'attendais une tarte aux agrumes voir un flan, une corbeille de fruit pour l'accompagner. C'est vraiment une réussite.
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    Sous le bras, Raphaël avait aussi les vins de ses copains, c'est-à-dire des vignerons qu'il a regroupés autour de l'association Jeunes Vignerons d'Europe. C'est quoi cette association en devenir ? "Bah, des potes !" Certes, mais pas que. Trente domaines, dont 18 français.

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    Parmi eux, on connait bien Mathias Marquet du château Lestignac. Aujourd'hui, j'ai enfin pu goûter les vins du domaine des Béliers d'Eve Maurice. Alors que tout me rattache à Metz, je n'ai pas encore mis les pieds au domaine, à Ancy, à quelques kilomètres de là. Rubis, le pinot noir, m'a fait grosse impression avec sa belle torchabilité. 

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    Belle claque aussi : le muscadet sèvre-et-maine (cuvée Révélation) de Bernard et Benoît Landron. Dès la première gorgée, tout le monde s'écrie "où sont les huîtres ?". Car si le nez est superbe, la finale très longue et très intense sent l'huître et sa coquille. La bouteille qui donne faim.

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