Avertir le modérateur

ribolla gialla

  • Stanko Radikon, l’homme libre du vin italien

    "Pour bien connaître un pays, il faut le manger, le boire et l'entendre chanter"
    Michel Déon

    DSC02651.JPG

    Aujourd'hui, j'accueille un invité : mon gars Olivier, fin connaisseur du vin naturel italien. Avec lui et Jacques, nous buvions l'autre jour un verre de vin blanc de Stanko Radikon, fameux alchimiste du raisin transalpin. C'était chez LMDW Fine Spirits, la seconde adresse de la fameuse Maison du Whisky. Ici on est bien moins exclusif que chez la maison mère : on y vend toutes sortes de spiritueux. Et depuis quelques semaines, du vin naturel italien de grande classe. Parmi les références, Radikon donc, déjà goûté à Venise et que je retrouve désormais à Paris. C'est d'ailleurs, à mon avis, le seul caviste parisien à en proposer à la vente. Ce verre donna à Olivier l'envie de composer ce petit texte sur un vigneron qui représente bien plus que son vin: une certaine idée de l'Italie.

    DSC02646.JPG

    Tout proche géographiquement de la frontière slovène, situé précisément à Oslavia une localité située comme son nom ne l’indique pas en Vénétie-Julienne, Stanko Radikon est une des grandes signatures du vin italien, un des rares à être capable de vinifier intégralement sans soufre. Conséquence : un style très tranché, unique mais procurant à chaque dégustation un moment de grâce à l’instar de ce que procure la lecture d’un grand livre (ceux d'Italo Svevo pour rester dans la région de Trieste) ou la vision du soleil se couchant sur l’Adriatique.

    Territoire de la république aristocratique de Venise pendant des siècles, puis province de l’empire austro-hongrois, cette région fut définitivement rattachée à l’Italie après la seconde guerre mondiale, entérinant les frontières du traité de Versailles. Ce qui ne manque pas de rappeler que l’Italie est une jeune nation dont l’unification remonte à 1860, un composé historiquement libre (« Italia fara da se » comme l’expliquait Verdi) de peuples dont les racines remontent au plus loin dans l’histoire.

    Et c'est justement après la Deuxième guerre mondiale que certains vignerons commencèrent à replanter, dans cette région, les vignobles avec d’anciens cépages, notamment le fameux Ribolla Gialla. En 1980, Stanislao (Stanko) Radikon prend la direction du domaine familial fondé par son grand-père Franz Mikulus. En 1995, il approfondit sa démarche : il utilise désormais des cuves en bois de 25-35 hectolitres, dans lesquels les raisins de blanc vont macérer avec les peaux pour produire des vins capables de résister à l'oxydation. Après un repos de trois années dans des foudres de chêne, le vin est ensuite mis en bouteille sans collage ni filtration ni ajout de soufre et repose neuf mois en bouteilles avant commercialisation. Les couleurs profondes et intenses des vins de Radikon proviennent de ce processus, qui produit également naturellement des anti-oxydants nécessaire à la préservation du vin. D’où, l’absence de sulfites ajoutés… 

    Radikon fait désormais partie du 1 % cher à Sébastien Lapaque [seul 1 % des vignerons travaillent la terre au plus près de la nature et ils constituent à la fois le passé et l'avenir du vin]. Le Ribolla Gialla 2005 était superbe avec sa robe ambrée et ses notes minérales, puis épicées en fin de bouche.

    Olivier

    DSC02650.JPG

  • Venise : Al Merca, le bar à vin naturel tel qu'on le rêve

    Mais c'est quoi cet attroupement ? Une manif anti-Berlusconi ?

    P1170849.JPG

    Ouais, si tu veux mon pote. C'est l'anti bling-bling à l'italienne : ça s'appelle Al Merca. Un bar entre 4 planches, t'es obligé de boire dehors, c'est juste un comptoir en fait et toutes les classes sociales s'y pressent. Et ils servent quoi ? Du spritz comme partout à Venise mais aussi des vins naturels italiens absolument incroyables. Le bar qu'on voudrait avoir en bas de chez soi à Paris, à Metz, à Hong-Kong... Les Vénitiens ont décidément beaucoup de chance.

    P1170848.JPG

    Un bar à vins naturels ? Avec tous ces jeunes ? Et oui, les jeunes Vénitiens semblent avoir plutôt bon goût question quilles.

    1.JPG

    J'étais alors à la recherche des superbes pinards d'Angiolino Maule (La Biancara), lorsque je tombe sur son rouge qui trône sur l'ardoise d'Al Merca. J'avoue ne pas forcément connaître les autres, de toute façon c'est le "non filtrato" qui me fait les yeux doux.

    2.JPG

    Roule, ma poule pour le Rosso Masieri dudit Maule.

    3.JPG

    Je n'avais jamais bu de merlot comme ça... Son petit côté pétillant s'assagit vite. Nez de fruit rouge amer, extraordinaire buvabilité. Bref un vin de copain comme on en fait rarement mais comme les amateurs de vins naturels en boivent beaucoup. Même s'il est un peu plus fin, un peu plus évolué. Une belle rencontre.

    4.JPG

    Je suis retourné plusieurs fois chez Al Merca pour goûter à nouveau le Rosso Masieri, boire un spritz ou tester d'autres quilles hors du commun. Comme les blancs naturels dont le choix est encore plus impec'.

    5.JPG

    Ainsi le cépage Ribolla Gialla du superbe domaine Radikon (tout à l'est de l'Italie) nous a clairement emballé malgré (grâce à ?) ses 6 euros. Une couleur de cidre bien fermenté, un nez explosif, une bouche typée Jura.

    6.JPG

    "Les Italiens sont des Français de bonne humeur" aurait dit Jean Cocteau. Il a dû venir boire un coup chez Al Merca pour lancer une phrase aussi perspicace.

    Al Merca, Campo Bella Vienna 213, San Polo. A 30 mètres du Rialto et pourtant aucun touriste...

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu