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riesling

  • Saint-Malo : La Duchesse Anne, le conservatoire de la sole meunière

    Voici un restaurant en voie de disparition. C'est le maître d'hôtel, des sanglots dans la voix, qui nous raconte toute l'affaire à la fin du repas. Il venait de l'expliquer à un habitué, nous avons prêté l'oreille puis avons demandé des détails. Les proprios veulent passer la main : le fils ne voulant pas reprendre l'affaire, il ne s'agirait pas de se vendre au plus offrant. "On ne voudrait pas d'une brasserie comme en face..." Le grand restaurant de Saint-Malo est donc à la recherche d'un "patron" pour faire tourner la boutique. Ce qui est sûr pour l'instant, c'est que le resto va finir la saison. Après, c'est l'inconnu.

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    C'était donc le moment idoine pour aller faire un tour dans ce conservatoire de la cuisine française, sacrément orienté poissons. C'est terriblement classique, du costume du maître d'hôtel à la carte des vins : on n'est pas chez Vivant, on n'est pas chez Ze Kitchen Galerie, pas même chez Olivier Roellinger : ici pas de burrata, pas de yuzu, pas de Frédéric Cossard, pas d'Axel Prüfer...

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    A la place : une raie au beurre blanc, un homard à l'armoricaine facturé au poids ou les vins de Hugel. Comme ce riesling 2005 cuvée Jubilée, la cuvée haut de gamme en sec (34 la demi bouteille sur table). A l'ouverture, il manque de pep's, d'acidité et surtout de fraîcheur. Une fois rafraichi, on est sur un bel objet mais habitué aux pinards qui partent dans tous les sens, je m'ennuie un peu. C'est classique, vraiment très classique.

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    En entrée, une bisque d'étrilles impecc (12 euros).

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    Commence le récital de la sole meunière.

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    Je vois deux avantages au fait de lever les filets juste avant de servir : la bête tient bien à la cuisson et tous les parfums de la carcasse ont le temps de s'allier au beurre. Vous en connaissez beaucoup des restaurants qui servent encore la sole meunière ainsi ? Avec le cérémonial et la qualité du poisson, c'est sans doute un plat en voie de disparition, lui aussi. Sous la dent, c'est la classe.

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    25 euros pour un plat d'anthologie, franchement on ne peut pas dire qu'ils abusent, surtout quand ça ne déraille pas sous la fourchette. Sole façon Duchesse Anne, des filets sous un lit de champignons. C'est exquis aussi.

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    Je suis peu habitué à ces restaurants hors du temps, macaronnés, figés (dans ce cas-là, c'est un compliment). Souvent je les imagine un peu poussifs : ici, c'est un peu comme si une adresse prestigieuse faisait enfin bien à manger sans se la raconter.

    La Duchesse Anne5 place Guy Lachambre, Saint-Malo, 02 99 40 85 33.

  • L'appétit vient en buvant

    Je fréquente de plus en plus la Cave des Papilles, près de Montparnasse. Ce qui me permet de voir autre chose que le Verre Volé, les Caves Augé ou la Cave de l'Insolite. C'est plutôt loin de chez moi donc je me fais les muscles lorsque je rapporte les bouteilles à la maison. Mais cela permet de découvrir encore d'autres vins pour continuer l'incessant apprentissage. Les étagères de tous ces cavistes naturels sont garnies de tellement de domaines à découvrir, de cuvées à goûter et tout simplement de vins à boire... Mais comme beaucoup de gens, je m'arrête sur quelques bouteilles que je connais bien et je bois donc souvent les mêmes. Grave erreur !

    Concernant les vins de Gérard Schueller (aujourd'hui vinifiés par le fils Bruno), je m'étais arrêté sur son edelzwicker qui m'accompagne depuis plusieurs années. J'ai décidé d'aller un peu plus loin.

    Beaucoup autour de moi louent la qualité des pinots noirs des Schueller. J'y viendrai en temps voulu. Commençons par les blancs et peut-être le plus facile, le Riesling Cuvée Particulière en 2009 (13 euros aux Papilles).

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    C'est du vin, mais jamais je n'ai eu tant de citron vert en bouche : ce pinard m'a transporté au Cambodge. Me reviennent ensuite en tête le gras d'une saucisse entourée de choucroute et une palette de porc à la diable... C'est déjà un peu plus logique pour un vin alsacien. J'imagine aussi des escargots de Bourgogne. Ou un plat de cèpes. Je pense aux makis de Franckie aussi. J'ai faim, le vin m'a donné faim.

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    Les vins du domaine sont concentrés sans être lourds et surtout acides. Une petite amertume peut rebuter les habitués des rieslings lambda (c'est-à-dire ennuyeux) car il n'y a ici aucun sucre résiduel, comme dans toutes les cuvées du domaine parait-il. Hourra ! Je sens vraiment que je suis fait pour les vins des Schueller. A suivre...

    P.S. : quant à ceux qui palabrent au sujet du traditionnel mal de crâne après l'absorption de vin d'Alsace, je dirai deux choses. En général, la région a fait beaucoup de progrès. Et surtout, en se tournant vers les jus de raisin vinifiés avec un minimum de soufre, on est debout le lendemain matin à 7 heures, frais comme un gardon, même après une bouteille sifflée.

  • Le blanc coule dans les rues d'Eguisheim

    S'il y a bien deux cépages auxquels l'Alsace doit rendre hommage, ce sont bien muscat et riesling. Et c'est tout de même un peu plus poétique que "place de la Gare" ou "rue Machin"...

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    Eguisheim (68)
  • Marcel et Jean-Louis Deiss, l'Alsace en force

    Pour commencer la dégustation des vins alsaciens du domaine Marcel Deiss (ce qui pourrait vite m'amener à la ruine), j'ai préféré la base à l'exceptionnel. Mais ce qui est génial avec les vins que produit aujourd'hui son fils Jean-Michel, c'est que la base est déjà exceptionnelle.

    Le riesling 2008 est un pur joyau de complexité, celle qui fait les grands vins. Bu en apéro avant un dîner classique, il écrase tout. Le bourgogne blanc avalé pourtant plusieurs heures après, un saint-romain de belle facture, était atomisé.

    La famille Deiss devrait ajouter cette mention sur ses bouteilles : "Nuit gravement aux autres vins, tellement c'est bon"

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    Domaine Marcel Deiss, 15 route du Vin, 68 750 Bergheim, 03 89 73 63 37.
  • Soirée raclette, on racle tout

    Pour sa pendaison de crémaillère, Manu nous a fait mettre le cap sur Sainte-Marie-aux-Chênes. Frontière Moselle/Meurthe-et-Moselle. On n'a pas salopé les murs, on n'a pas chié dans ses bottes et on n'a pas vomi par terre. Pourtant on avait beaucoup mangé. Et bien. Et je dis pas ça parce que Manu lira ce post. De toute façon une raclette, c'est bon. Même au lendemain d'une tartiflette.

    J'avais ramené un des magnums de riesling de Binner acheté au Salon des Vignerons indépendants. Qu'on n'a pas bu. Manu, j'espère que tu ne l'as pas fait gelé sur la terrasse...

    Puisque je te tiens, ton champagne c'était quoi ? Je crois que toute la tablée a bien apprécié, on n'avait pas l'impression de boire du Perrier, ce qui est le plus grand problème du champagne.

    Un peu de blanc, un Orvieto, joli vin d'une jolie ville italienne. Que la raclette écrase. Mais quel vin n'est pas écrasé par la raclette ?

    Avec le dessert, je m'étais trimballé le pétillant/frizzante/perlant Maria Bonita des Foulards rouges. Même avec un coup dans le nez, il s'ouvre bien.

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    Et il se boit bien aussi. J'ai déjà dit tout l'amour que je porte à ce vin dans cette note.

    Là encore évidemment, il se goûtait bien. Une sacrée régularité dans ce vin, c'est agréable. J'aurais prendre en photo son côté troublard, ce sera pour la prochaine.

    Ce fut une bien belle soirée.

  • Un après-midi dans les vignes et les gaufres

    De Trêves on oublie que Karl Marx y est né et de Cologne on ne connaît que l'eau. Marrant donc qu'entre ces deux grandes villes allemandes, le long de la Moselle, s'étende le plus beau vignoble du pays. On y trouve les meilleurs rieslings d'Allemagne, donc du monde diront certains.

     
    A Bernkastel-Kues, petite ville au coeur du raisin, nous voulions rendre visite au Dr. Loosen, l'un des vignerons les plus prisés. De Robert Parker aux alterno-buveurs. Mais comme chez les nobles bourguignons ou les aristos bordelais, porte est close si on ne prend pas rendez-vous deux semaines avant. On se console avec le caviste du coin, Rieslinghaus Porn, Hebegasse 11. Rien de cochon là-dedans, juste un caviste-bar à l'allemande. Tout ce qu'il y a de plus platonique.
     
     
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    On essaye le Bernskasteler Lay du Dr. Loosen, sa belle cuvée trocken (sec). Joli nez, bouche parfumée, pas assez froid, pas très long en bouche malheureusement. A re-boire, en plus froid. Et il faudra manger quelque chose en accompagnement. Le caviste trop heureux de tomber sur des Franzosen nous saoule autant que ses vins. On était là pour ça, on achète quelques bouteilles ; on rajoute du demi-sec, des vendanges tardives et des sélections de grains nobles. Je ne vais pas vous sortir les noms allemands. Retenons juste qu'en Moselle les vins sont classés selon la teneur en sucre des cuvées. Et on ne redira jamais assez notre préférence pour les vins secs. Mais il faut goûter à tout.

    Dans les rues, c'était le marché de Noël, la fête à l'allemande, bon enfant. Un mélange retrouvé de simplicité et de générosité.

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    Et qui dit simplicité et générosité dit bière et currywurst. La meilleure de la ville ? Sans doute mais on n'a goûté que celle-ci. Je vais tenter de vous retrouver l'adresse. C'est peut-être Currywurst-Treff, sur la Römerstrasse, mais pas sûr, je ne l'ai pas notée. Autour de trois tables, un homme s'active seul en cuisine pour servir sa grosse saucisse blanche au ketchup-curry. Sourit et se laisse prendre en photo.
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    Une petite bière avant tout. Normal, on est en Allemagne. "Bitte ein Bit" comme dit le slogan publicitaire élevé au grade de devise nationale. Quant à la currywurst, je crois me souvenir que notre homme n'avait que ça à la carte. On prend la spezial, avec les frites. Normal aussi.
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    Et il y a les irréductibles estomacs qui ne sont jamais contentés. "Non, moi je me réserve pour la raclette de Manu ce soir..." Encore perdu une occasion de me taire. A voir les gamins croquer dans les gaufres on comprend combien ils ont eu raison de se payer cette bonne tranche de pâte et de vie.

    Conclusion de cette virée : peut-être est-ce gras, peut-être est-ce sucré, sans doute n'est-ce pas très évolué... mais trouvez-moi tout de même le consulat d'Allemagne le plus proche que je demande l'asile gastronomique !
  • Ma Mecque à moi

    Alors qu'il pleut en Arabie Saoudite et qu'on n'entend plus parler de Patricia Kaas, à Paris comme tous les six mois, c'est la fête au pinard de péquenot. Et c'est pas une injure. Un compliment par rapport aux grands châteaux détenus par de grandes familles, de grands groupes, degrands financiers...

    C'est le salon des Vignerons Indépendantsporte de Versailles, à côté de mon boulot. Plus facile que le salon de mars, porte de Champerret, à l'autre bout de Paris.

    Cette jolie association fédère près de 10 000 vignerons. Or course, y a du bon et du mauvais. C'est pas parce qu'il n'est pas coté au CAC 40 que le pinard est forcément bon. C'est plus compliqué. En tout cas, il y a une belle brochette de mecs qui présentent certaines de leurs cuvées que l'on ne trouve pas partout.

    Petit aparté : un membre de ce groupement m'a récemment expliqué qu'un petit stand sous l'immense hall coûte au vigneron 1 500 euros HT. Je rajoute le voyage, cinq nuits d'hôtels, le convoyage du pif... Bref il faudrait vendre près de 600 bouteilles pour rentrer dans les frais.

    Audrey, Christian et Jo Binner n'ont pas ce genre de problèmes. Je leur ai laissé 150 euros. Le client d'avant en a fait autant. Et on est que jeudi.

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    Pêle-mêle, j'ai dégoté des magnums de riesling (à 14,5°... comme quoi il fait chaud dans l'Est), des demi-bouteilles de blanc de noirs moelleux, des vendanges tardives d'un bel été 2003, une eau-de-vie de lie-de-vin... Je donne pas de prix, parce que de ce stock je vais tirer des cadeaux. De Noël, de pendaison de crémaillère, de paëlla. Et puis ce sont les prix producteur, ça ne voudrait rien dire.

    PS 1 : Les photos du salon, c'est pas maintenant, mais bientôt.

    PS 2 : Vous avez remarqué combien le titre est drôle ? Copyright, merci.

  • Sept euros le litron : le meilleur rapport qualité-prix de Paris ?

    La rumeur dit qu'à une certaine époque Bruno Schueller écrivait "pur jus de raisin" sur ses bouteilles d'Edelzwicker ("noble assemblage"). Pour les gens de l'Est comme moi, ce sont des vins qui ne sont bons qu'à parfumer la choucroute. Sauf quand de vrais vignerons prennent le truc en main. C'est une gourmande alliance de cépages alsaciens bien connus (gewurztraminer, pinot blanc, riesling, etc) ; mais les proportions (et le choix des cépages aussi) changent d'une année sur l'autre et d'un producteur à l'autre. Là on a donc du vrai jus de fruits, trouble bien sûr, un régal vendu 7 euros --- en bouteille d'un litre.

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    A l'époque, on en trouvait chez Lavinia. Celle-là je l'ai dégotée aux Caves de l'Insolite (la cave qu'un jour je rachèterai), 30 rue Folie Méricourt, 75011. 01 53 36 08 33.

  • Le pot aux roses de feu le cochon

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    C'est le plat vedette du bistro (et c'est pas péjoratif, au contraire) de Christophe Beaufront, L'Avant-Goût, sous la place d'Italie, dans le XIIIe. La vraie recette est même cadeau ici. Goûté une fois sur place, c'est divin. Plus ou moins facile à refaire. C'est pas la première fois que ma cuisine s'enivre d'épices, de cochon, de fenouil. Mais là, avec de la viande demi-sel, et j'insiste, c'est tout de même meilleur. Suffit de suivre la recette qui dit bien "porc demi-sel". Bon, on a allégé le truc, pour le rendre mangeable à deux. Des travers de porc parce que c'est marrant, et un kakos (demi-sel lui aussi) déniché ce matin au marché. Un kakos, c'est le jarreton du porc. Avec ça un riesling, même un gewurztraminer sec. Là, je m'imagine la cuvée Béatrice du Kaefferkopf de Binner... Ah... Ah oui, car je l'ai pas dit clairement, mais c'est un grouik aux épices tirant un peu sur l'Asie (cannelle, gingembre, badiane, etc). Parfait donc avec l'Alsace. Sauf que pas de vin non plus ce midi, faut aller bosser. Bref, on en fera trois assiettes, avec ce qui reste dans la cocotte. A manger séparément, la faute aux horaires décalés. Sinon dimanche soir dans une grosse semaine, on en fera une autre tournée. Avec un coup de blanc cette fois.

    L'Avant-Goût, Christophe Beaufront, 26 rue Bobillot, 75013 Paris, 01 53 80 24 00. La formule du midi à 14 euros (samedi inclus !) est bigrement sympa : soupe, plat, un verre de vin intelligent et un café. Mais il ne faut pas mentir : la carte est clairement un niveau au-dessus.

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