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rosé

  • Record du monde de torchage de boutanche ?

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    Le bouchon a sauté un dimanche soir à 19h22. Météo à DVD, ménage à faire, travail le lendemain... Bref, un dimanche soir. Parti comme c'était parti, cela n'allait pas ressembler à une soirée d'arsouillage, même à deux. Circonstances aggravantes. Pourtant, un petit tour en cuisine chasse le blues. Et cette bouteille aussi. Mais, paix à son aîme, elle n'aura jamais connu ma jolie entrée faite de noix de saint-jacques fraîches relevées d'une sauce savagnin-échalotes (la recette se trouve là-dedans) et ça tombe bien, l'accord n'aurait pas été parfait. De toute façon, du fait de sa grrrrrande torchabilité, la bouteille n'a pas dû connaître 19h48 non plus. Elle était vide en moins d'une demi-heure. Qu'on ne se méprenne pas, l'idée n'était absolument pas de boire vite. Mais, sans avoir soif, sans se poser de questions, la quille s'est descendue naturellement, à notre plus grand étonnement, sans y avoir réfléchi. Je suis sûr que ça vous est déjà arrivé : bim, d'un seul coup on se rend compte que la bouteille est vide. Chemin de la Brune 2011, le "petit" rosé (parfois avec des bulles, parfois pas) d'Eric Pfifferling, domaine de l'Anglore. 15 euros chez le caviste, quand on en trouve.
  • Drappier faisait déjà du champagne rosé en 1964

    Cette année-là, Brejnev remplaçait Khrouchtchev, sur les écrans sortait le Docteur Folamour et Montand chantait La Vie en Rose. Bref, c'était un autre siècle.

    Et on l'a bel et bien enterré ce bon vieux XXe siècle. Pourtant, il faut se rappeler qu'il a été capable de produire des pépites qui ont traversé le changement de millénaire et qui se goûtent avec intérêt 50 ans plus tard. Ainsi ce champagne rosé de chez Drappier vendange 1964 débouché pour entrer de bon pied dans cette année 2013. Dégorgé en 2011, il a conquis les palais chanceux grâce à un nez frais et épicé et surtout grâce à ce joli coté cognac, très plaisant, encore très frais. Le 31 décembre, on ne mange rien pour l'accompagner, on le boit en apéro pour lui seul et sans attendre minuit.

    photo.JPGMais ces notes de dégustation ont relativement peu d'importance. Ce qui nous intéresse, c'est la raison pour laquelle cette bouteille s'est retrouvée sur notre table un demi-siècle après sa production. C'est entendu, aujourd'hui la mode est au champagne rosé ; mais était-ce déjà le cas en 1964 ? N'y a-t-il pas eu une certaine audace de produire ce flacon à l'époque ? Et le champagne rosé n'est-il pas comme le rosé tranquille un vin à boire rapidement ? Nous avons posé la question à Michel Drappier, qui avait 5 ans en 1964 et qui dirige le domaine désormais.

    "J'ai de vagues souvenirs d'une belle vendange ensoleillée en culottes courtes, donc c'est mon père qui m'a donné les éléments de réponse. Il y avait effectivement peu de rosés dans les années 1960 et c'est en 1968 que notre rosé, baptisé Val Demoiselle, est sorti de nos caves. C'est ma mère, Micheline, décédée en 2006 qui a eu l'idée d'un champagne rosé.

    Compte-tenu de la très belle saison végétative de 1964, mon père (86 ans et toujours présent au domaine) a eu l'idée d'essayer ce rosé de saignée, corrigé avec du blanc, le tout en pinot noir. L'état sanitaire des raisins était parfait, une acidité totale assez élevée. Nous avions conservé un millier de bouteilles seulement. Il n'en reste que quelques dizaines dans l'œnothèque. Les bouteilles ont été remuées vers 1968 et conservées sur pointe, ce qui ralentit le vieillissement et dans l'obscurité car le problème numéro un avec une bouteille blanche, c'est l'oxydation lumineuse. La bouteille transparente était l'idée de maman pour une question esthétique et commerciale mais inadaptée à une longue conservation. Nous ne le savions pas à l'époque. La maturation s'est bien déroulée puisque nous n'avons eu aucun goût de lumière. Les vins sont dégorgés au fur et à mesure des sorties et la date figure sur l'étiquette. Ce rosé est donc un coup d'essai dont nous avons voulu étudier le vieillissement."

    Sébastien Lapaque dans son salvateur ouvrage Petit Lapaque des vins de copains insiste sur le fait que la maison Drappier n'en finit pas de nous étonner. Après cette bouteille, le prochain défi s'annonce particulièrement complexe à relever.

    (Enfin, un grand merci à Olivier qui a cassé sa tirelire pour l'achat de cette sensationnelle bouteille).

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  • Ne jamais se fier aux apparences

    La capsule laisse penser que ça va pétiller, le dessin presque enfantin que ça va être sucré, la couleur du jus que ça va être assez léger et on voudrait croire que l'ensemble sera assez vite oublié, comme un vin d'été. C'est tout l'inverse. Aucune bulle, très peu de sucre résiduel, un vin présent et finalement, une bien belle bouteille, plus complexe qu'un rosé à la con.

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    C'est le rosé de Sylvain Saux au domaine Péchigo, dans l'Aude et plus exactement à Malras.
  • Un midi d'août dans un Pré Verre

    J'ai déjà dit ô combien le menu du soir du Pré Verre était épatant pour 28 euros.

    Et je tiens à souligner combien celui de midi est plus qu'épatant. Les jours de semaine ainsi que le samedi midi (ce qui est plutôt rare), la formule à 13,50 euros comporte entrée, plat, un verre de vin et un café. Seul inconvénient, le menu imposé. Il faut faire confiance au chef.

    La cuisine, c'est comme tout : l'irrégularité mène le monde. Si certains jours le menu est bon, d'autres il est extra. Il suffit d'un peu de chance. Aujourd'hui, jour de chance.

    Ce midi donc, une salade de concombres au curry pour commencer. Pas cet infâme poudre jaune mais une subtile crème aux épices. Les concombres en fait, c'est bon. En plat, la poitrine de veau aux épices. Ses pâtes alsaciennes, quelques morceaux de betteraves, du cumin, quelques lentilles. En bouche l'évidence. Le rosé qui l'accompagnait (aucune mention, ni de l'origine ni du producteur : dommage pour une maison qui s'y connait si bien en vin) se révèle fruité et long.

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    Ma curiosité m'autorise un dessert : la tarte au poivron et fruits de la passion (+ 7 euros). Passé le goût surprenant du poivron associé au sucré, on finit la tarte très vite. Mais tu aimes ça ? Oui ! Pourquoi ? Parce que c'est bon.

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    Ce qu'on aperçoit à peine sur la photo, ce sont les pommes granny smith en forme de frites et saupoudrées de jus de citron et basilic. Un délice à reproduire très très vite.

    Le Pré Verre, une institution au 8 rue Thénard, 75005 Paris, 01 43 54 59 47 (téléphone à apprendre par coeur pour qui veut choisir sa table).

  • Antoine Arena enfin entré dans l'arène

    Je crois que je n'avais jamais pris le temps de vraiment goûter un vin d'Antoine Arena. Le pape de la Corse, Olivier l'avait invité lors d'un petit repas de charcutailles : un Patrimonio rosé, fait à 100 % d'un joli cépage, le niellucciu.

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    Que c'est parfumé, que la couleur est rosée ! c'est fou la différence entre un vrai rosé et la pisse obligatoire servie en été à grands renforts de barbecue. Cela nous a rappelé notre amour pour Eric Pfifferling. Il a du corps mais il a de l'âme surtout. Les rendements certainement bas, c'est un vin qui n'est pas fait à la va-vite.

    Seul souci évidemment, le prix. Olivier m'a dit qu'il était entre 15 et 20 euros. Ah oui, quand même...

  • Dimanche midi liquide

    Lors d'un petit repas du dimanche en famille, lorsqu'on n'a pas trouvé de champagne de vigneron, un ami conseillait de se rabattre sur Bollinger. Et puis quoi ? Un petit test ne fait pas de mal, je n'y avais jamais goûté (34 euros chez Vénus Vins à Metz, une grosse poignée d'euros de plus à Paris). Encore une fois, il faut attendre quelques minutes que les bulles aient fini de s'exciter pour laisser entrevoir un joli vin au caractère assez fin. Dommage qu'il soit presque deux fois plus cher qu'un extraordinaire André Beaufort (dont on devrait reparler d'ici peu) mais qu'on ne trouve pas partout.

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    Pour doper le gigot, je me suis dit qu'il fallait inaugurer la saison du rosé. Désirant me retaper toute la gamme de Jean-Christophe Comor que j'ai tant aimé à la Crémerie il y a de cela quelques années, j'ai dégoté une bouteille de sa cuvée L'Apostrophe (9 euros aux Caves de l'Insolite). Très pâle, j'adore. Même si j'adore aussi les très rouges comme ceux de Pfifferling. Donc très pâle là, un poil encore sur la réserve normal pour un 2009 dégusté en mars - mais un beau vin prometteur pour cet été, à un prix dérisoire pour un si beau travail de vigneron (et d'intello). La preuve, il a vite été vidé.

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    Enfin, une note absolue. Pas de la vodka, merci. Non, de l'eau-de-vie de lie-de-vin (SGN 1998) de chez Binner. Une folie quand on y réfléchit vraiment. Le paradis des eaux de vie quand on l'a eu une fois en bouche. Le genre de choses qui nous fait dire "après ça, je ne boirai plus d'eau-de-vie", comme on dit "je ne boirai plus de champagne après Selosse". Un alcool à 40° fruité comme un raisin de grand cru. J'en avais déjà bu une rasade à Noël, après un plus gros repas, ce qui ne m'avait pas mis dans les meilleures dispositions. Ce dimanche par contre, cette bouteille était fulgurante. J'en ai abusé sans doute, mais que celui qui n'a jamais abusé de Binner me jette la première bouteille...

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