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sarnin-berrux

  • Racines : un dessert et une bouteille tous deux formidables

    Le retour à Paris se fait dans la grisaille. Pour la chasser, rien de tel que de repenser à un repas du tout début de l'été.

    Quoi de plus simple qu'une quenelle de ganache ? Je dis ça, je ne suis pas pâtissier. Là, en plus, on y a ajouté les addictives amandes des Pouilles que l'ami Giuseppe Manzaro ramène en France et dont certains chefs se disputent le stock. Le tout associé à un caramel parfait, voici enfin un magnifique dessert de bistro.

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    Les plats sympathiques n'ont pas su rivaliser avec cette fin de repas. Ou alors c'est moi qui devient plus dessert qu'auparavant. Pour accompagner le tout, un magnifique bourgogne, le saint-romain 2012 de Sarnin-Berrux. Archétype du vin classe, sans concession mais taquin aussi un peu. Un bourgogne quoi. 

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    Racines, 8 Passage des Panoramas, 75002 Paris, 01 40 13 06 41. On en avait déjà parlé : ce n'est pas l'adresse la moins chère de la ville (euphémisme), mais c'est un endroit plein de trouvailles.
  • Les coquins d'abord

    "Difficile pour moi de faire un quelconque compte rendu, cette rencontre a été orgasmique". David, alias Bicéphale Buveur nous a gratifié d'une de ses formules tranchantes. Mais en tant que demi-hôte, je me devais de faire le boulot du scribe et de narrer cette soirée par le miam et le glou.

    Nous partîmes 5-6 mais par un prompt renfort, nous nous vîmes une quinzaine en arrivant à la Cave de l'Insolite ce vendredi. C'est mon adresse mythique pour ceux qui n'auraient pas suivi, celle qui me fera venir les larmes aux yeux quand mes petits-enfants m'obligeront à leur en parler. Dans l'ordre alphabétique, sont présents : Antonin, David, Emilie, Eva, Franckie, Laurent, Maude, Olivier, Samia, Sébastien, Stéphanie. J'espère n'avoir oublié personne. Puis plein d'autres gens se sont greffés ; d'autres beaux garçons, d'autres jolies filles. Michel a préparé des terrines, des fricassés de coquillages, un porcelet de 7 heures avec des artichauts épineux et de superbes fromages (un salers à tomber). 

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    Question quilles, on a fait mentir le joli mot des provinciaux expliquant que si ça bouchonne à Paris, ailleurs ça débouchonne. A Paris aussi, ça débouchonne. Et en plus, on est venu (et on repart) en métro.

    Le savigny-les-beaune 2008 de Sarnin-Berrux. Bam ! On part fort. C'est à la fois emmerdant et pas du tout emmerdant de commencer la soirée avec la meilleure bouteille : on l'apprécie vraiment mais on aurait peut-être préféré finir là-dessus. Très légèrement oxydatif, ça n'a dérangé personne et certainement pas moi. C'est une très, très belle bouteille.

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    Autre belle découverte de la soirée, même si on descend quelques crans en-dessous question renommée de l'appellation. D'ailleurs ici pas d'appellation, c'est un Vin de France. La Lunotte, cuvée Trio (sauvignon, menu pineau) de Christophe Foucher dans le 41. Cette bouteille en a scotché plus d'un. J'ai entendu des exclamations : "Alors ça... C'est vraiment très bon !". Incisivif mais tout de même puissant.

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    Je n'y suis jamais vraiment arrivé avec les quilles de Jean-Paul Brun (Terres Dorées) : ce soir, c'est pareil. Trop tendu.

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    En guest, Olivier B. Il y a quelques moi, je trouvais que ça n'avait pas pris toute son aise dans la bouteille : ce soir, c'est rond et frais, presque gras, mais un beau gras. Là aussi, franchement une réussite. Autour de la table on applaudit, même ceux qui ne savent pas encore qui est Olivier B.

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    Ah oui, ça c'est le sous-verre d'Eva. J'ai une théorie là-dessus. On nous traite souvent de geeks du vin. Là, on voit pourtant la supériorité que l'on accorde au verre, toute sa prédominance. On s'en contrefout des téléphones smarts, en fait. Comme l'a suggéré le grand vigneron Raphaël sur un rézosocial a posteriori : heureusement qu'il n'était pas en mode vibreur.

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    A l'instar des conducteurs ne respectant pas le code de la route, on passe au rouge.

    Une très belle bouteille apportée par David, le Noir de Rouge de Boyat. Le gamay du Beaujolais nord ou de Bourgogne sud, au choix : c'est à Leynes, à côté de Mâcon. Fruit, fruit, fruit : ma devise. Peut-être ma bouteille de la soirée avec la Lunotte (Sarnin-Berrux, je savais déjà que c'était top).

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    La Lunotte en rouge. Plus rustique, plus chaude aussi lors de la température de service. A goûter à nouveau, il y a un gros potentiel.

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    Ajoutons là-dessus le magnum de morgon biotradition 2009 de Michel Guignier (Améthystes). Cuvée insolite de 400 quilles, élevage 14 mois en fût de chêne sur lie fine. J'avoue l'avoir trouvé un peu rêche (sans doute l'élevage) et j'avoue aussi que j'étais le seul dans ce cas : tout le monde a apprécié le côté fruité et la profondeur typique de ce cru. Pour ma part, Je devais être dans un mauvais jour question morgon ; et oui, ça arrive. A regoûter donc, car j'y crois à ce morgon.

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    On en était presque à goûter ça... Le pinard de la Légion étrangère. Que Michel connait bien, qu'Omar (absent ce jour-là) connait trop. Je me comprends. Mais de toute façon, Michel ne nous aurait jamais laissé y toucher. Collector.

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    C'est à ce moment-là, heureux hasard, que survient Philippe Maffre, vigneron de son état du côté de Gaillac. Je suis vraiment enchanté de le croiser ici car j'ai fêté mes 30 ans avec son rouge. J'ai dû lui répéter cet exploit une quinzaine de fois.

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    On ne va pas en rester là et cap sur son Bois-Moisset Rosé. Pas assez froid, il est tout de même présent, bien dans la course. Une très belle apreté, un côté revigorant après tous les liquides ingérés. J'en ai marre des rosés avec une pointe de sucre : ici, je n'ai pas ce souci. Je trouve que c'est un jus de grande classe.

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    Bon, je m'arrête là. J'ai dû oublier une ou deux bouteilles au passage. Pour le reste, pour l'ambiance, pour des renseignements plus précis sur la dégustation, pour la recette de la fricassée de palourdes, pour le sourire de Philippe Maffre, pour les pottins, pour savoir qui couche avec qui... vous n'aviez qu'à être là.

    Dernière chose. Bizarrement, les photos des quilles et de la bouffe sont nettes et celles des humains plutôt floues. Preuve qu'ils bougent beaucoup, qu'ils sont contents d'être là. J'ai vraiment l'impression que l'endroit leur a plu. Je cite encore David : "une cave démente et atypique qu'il faut faire une fois dans sa vie parisienne". C'est sûr que des adresses comme ça à Paris ne courent pas les rues. Et qu'en adviendra-t-il dans le futur ? On retient son souffle mais c'est un autre débat. Pour ce qui est des photos de nos tronches, elles se trouvent ici, sur le blog du Bicéphale Buveur. J'en ajoute juste une dernière, pour saluer le patron.

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    Le titre du post, c'est une mini référence à Brassens qui picole. Encore une bonne idée d'Antonin.
  • Retour en terre (in)connue

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    Retour dans le superbe restaurant dont je m'obstine à taire le nom. A force de mettre des photos, certains vont reconnaître tout de même. On fait tout pareil que jeudi dernier mais cette fois avec Olivier et Omar. A nouveau, on s'est vraiment régalé. Et "quels vins !" s'écrit aujourd'hui encore Olivier... A peine assis, nous voyons nos verres se remplir de savagnin du domaine Foret. Avec un reste de pressé de lapin. Je ne te raconte même pas...

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    On fait quelques pas vers l'ouest avec le saint-aubin de Sarnin-Berrux. Hormis le Petit Têtu, je n'avais pas bu grand-chose de ce domaine. Assez percutant, ce joli blanc. C'est vrai qu'Olivier et moi avons habitué notre palais au saint-romain de Cossard, mais franchement ça se biberonne plutôt pas mal. Surtout qu'on avait déjà du champagne dans le cornet, je rappelle.

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    A suivre, un saucisson chaud. C'est pas un Jésus mais franchement on dirait l'Apparition. Les yeux des autres tables dévorent la bête mais ce sont nos palais et nos estomacs qui vont s'en charger pour de vrai. Deux légumes, un bol de choucroute et c'est parti.

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    Un peu de rouge avec ça tout de même ? Et comment ! Une cuvée désormais introuvable. De mon bien-aimé Casot des Mailloles à Banyuls, voici Taillelauque V. C'est-à-dire 2005 mais on est en Vin de Table ici. Grenache, carignan, mourvèdre si je ne m'abuse. C'est l'apothéose : quel nez ! Cyrano fait pâle figure à côté... J'en suis encore amoureux quelques jours après. Un premier côté tannique qui s'efface vite après le passage en carafe pour donner un jus miraculeux, sur l'algue et la groseille, sur le cuir, ou sur je-ne-sais-plus... Les 14,5° filent aussi vite que les Parisiens dans le métro et sur les lèvres, un seul mot : "Encore !" D'ailleurs Olivier qui veille jalousement sur la bouteille n'arrête pas d'en redemander, comme si on allait nous le piquer. Il a raison, on n'est jamais trop prudent. Je connaissais le vin naturel, celui-ci fait partie des vins surnaturels.

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    Et non, pas de chance, même après le fromage, je ne donnerai pas l'adresse...

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