Avertir le modérateur

sauvignon

  • Un sauvignon récolté en juillet !

    Les vendanges en juillet, il y a des maisons pour cela. Paraphraser Clemenceau en début de billet pourrait faire sourire. Pourtant, bon nombre de vins de basse extraction se récoltent trop tôt. Ici, on parle vraiment d'autre chose ! D'une expérimentation très intéressante. Notre homme s'appelle Matteo Ceracchi (domaine Piana dei Castelli). L'affaire se passe à Velletri, dans le Latium (Lazio en italien), c'est-à-dire la région de Rome. On n'est qu'à quelques dizaines de bornes de la capitale et on prend une grande leçon de viticulture. 

    La vendange de ce sauvignon a eu lieu le 27 juillet 2011. D'où le nom de 27.07 : ce n'est pas un agent secret, mais un vin quasi secret, 9300 bouteilles. Les vignes sont cultivées en biodynamie mais on ne le dit pas trop. Résultat ? Forcément inattendu. Bien sûr, une forte acidité mais pas dérangeante, au contraire : rafraîchissante. Une finale très minérale. Ce vin n'est pas vert : le fruit est mûr, le jus est précis, la quille taillée pour quelques belles années. Assurément, on l'a bu trop tôt. C'est une sacrée découverte. "Le beau vin" comme dit l'ami Jacques.

    italie,lazio,latium,matteo ceracchi,sauvignon

    Pourquoi une récolte fin juillet ? Lucia, la soeur de Matteo, répond que "c'est une provocation. Le goût des Italiens nous a << obligés >> à explorer les autres particularités de ce cépage. Normalement, les arômes typiques d'un sauvignon (comme celui que nous produisons en septembre) sont le buis et les arômes dus à la pourriture noble (miel, fruits confits). Or le 27.07 a une robe jaune paille aux reflets verdoyants et des arômes végétaux. Il est moins coquin qu'un sauvignon classique et il exprime à fond le territoire crayeux et siliceux du Latium. Le fait d'arriver à faire une vendange en juillet ne dépend pas du soleil, ou plutôt cela ne dépend pas que du soleil : c'est grâce à l'énorme travail que nous faisons dans les vignes. C'est en janvier que l'on comprend comment anticiper toutes les phases phénologiques. C'est en janvier aussi que l'on voit si les plants seront bien hydratés et bons pour juillet. Bien sûr, le climat doux du centre de l'Italie aide énormément nos expérimentations".

    italie,lazio,latium,matteo ceracchi,sauvignon

    De manière un peu plus classique, le domaine Piana dei Castelli offre aussi un merveilleux pinot gris, cuvée sobrement baptisée Grigio. La merveilleuse couleur provient de la macération des peaux de raisins.

    italie,lazio,latium,matteo ceracchi,sauvignon

    Un nez plutôt simple mais une bouche sacrément pulpeuse : les chanceux présents ce soir-là adhèrent tout de suite. Au fur et à mesure de l'ouverture, il montre ses nuances qui tirent vers les fruits blancs et notamment la pêche. C'est un ravissement.

    italie,lazio,latium,matteo ceracchi,sauvignon

    Enfin, la "petite" cuvée de blanc baptisée Grechetta, qui est aussi le nom du cépage autochtone qui la compose. Un très joli vin qui est resté simple, léger, incroyablement buvable.

    italie,lazio,latium,matteo ceracchi,sauvignon

    Les rouges aussi m'ont fait bonne impression, notamment le Vendemmia 1 (cabernet-merlot) un genre de bordeaux enfin buvable. Mais les blancs ont vraiment tout écrasé.

    Comme je suis sympa, je partage mes bonnes adresses. Pour ce genre de vins italiens extraordinaires (au sens propre, hors de l'ordinaire) mais accessibles (entre 10 et 15 euros prix caviste), il n'y a qu'une seule adresse à Paris, c'est R.A.P. On croyait en connaître un rayon sur l'Italie, tu parles... On se rend compte qu'on ne connaissait rien.

    italie,lazio,latium,matteo ceracchi,sauvignon

  • Une petite Sauvageonne bien vivante

    Les vins du domaine des Griottes sont de purs produits libertaires. J'en parlais hier avec un caviste qui me disait qu'il est pratiquement impossible de servir ça au resto tant la tablée croira boire un vin frelaté. Habitués qu'ils sont à la micro-oxygénation, ces consommateurs ne comprennent pas que certains vins sont encore vivants. Démonstration avec le sauvignon de Patrick Desplats et Sébastien Dervieux, la jolie cuvée Sauvageonne.

    IMG_1719.JPG

    Ouverture jeudi midi : pétillement caractéristique des vins naturels sans soufre du tout (ici pas de mention "contient des sulfites"), nez alcoolisé et bouche bien plaisante. Direction frigo. Rebu jeudi soir au sortir du frigo : arômes emprisonnés par le froid mais nez encore extrêmement ouvert et la bouche gagne en présence. Toujours aussi pétillant. En se réchauffant, les arômes décuplent. Re-frigo. Rebu vendredi midi avec de merveilleuses rillettes d'oie de chez Thiol. La couleur s'est durcie, le pétillement apaisé, la finesse décuplée : le vin a grandi. Le nez est toujours là, toujours explosif.

    IMG_1723.JPG

    Enfin le soir même, bu à température ambiante, il se cognacise. Une couleur terriblement "brune" vient renforcer l'idée. A chaque gorgée, on retrouve à la fois minéralité, maturité et puissance de ce sauvignon mais avec des arômes qui évoluent terriblement. Jamais ça ne vire au vinaigre ou au jus de fer rouillé. C'est rare de voir un sauvignon jouer une telle palette d'expressions et de sentiments. Evidemment, ça peut en désarçonner certains mais que c'est bon...

    P1190247.JPG

    Dix euros chez Crus et Découvertes, 75 011.

  • La pierre précieuse de Claude Courtois

    dsds (7).JPG

    Les vins de Claude Courtois sont une énigme... Ah bon, on peut faire du vin en Sologne ? Mais c'est forcément de la piquette ? En plus il travaille sans soufre ? Loin des idées reçues, les vins sont très puissants et il a fait découvrir les vins naturels à toute une génération.

    dsds (8).JPG

    Son sauvignon (cuvée Quartz, 17 euros à la Crémerie) fait partie des bouteilles qui réconcilient avec ce cépage qu'on fait bien trop souvent pisser. Il n'est officiellement qu'à 11,8° mais quelle puissance au nez en en bouche. Acide mais dévasteur ensuite. Pour battre en brèche les idées reçues.

    dsds (2).JPG
    Classé en Vin de France, le millésime 2009 se cache alors sur le bouchon. Astuce, astuce...
    dsds (3).JPG

    Avec cette bouteille, une papillote de lieu noir à la sauge et au céleri.

    dsds.JPG
  • Vendredi du Vin n°32 : La bouteille pour la fin du monde

    Je ne pouvais pas passer à côté de la 32ème édition des Vendredis du Vin chapeautée par Hub l'Oenothèque... Comme je l'explique par ailleurs, l'expression Du morgon dans les veines n'est pas sortie de mon cerveau (peu) fécond mais de celui de René Fallet, un des plus grands écrivains du siècle dernier, aujourd'hui mort et enterré.

    Bon, après avoir dit ça, je suis bien emmerdé. Parce qu'au départ, je n'avais aucune idée. Je me voyais bien faire un jeu de mots à la con du genre... euh non, même pas de jeux de mots. J'aurais pu me la jouer docteur en lettres et parler des vins de Catherine Marin-Pestel (domaine de la Treille-Muscate) entièrement dédiés à Colette. Oui mais voilà, ce n'est pas à force de boire du Corbières blanc que j'apprends des choses sur l'écrivain.

    Ah il y avait aussi cette bouteille de Mark Angeli ouverte il y a deux ans. En vidant le Rosé d’un Jour, on arrivait à lire par transparence cette phrase de E.E. Cummings : "Tant que nous aurons des lèvres et des voix pour embrasser et pour chanter, qu’importe qu’un fils de pute invente un instrument pour mesurer le printemps."

    P1170253.JPG

    Et puis, regardant ma bibliothèque, j'ai trouvé. Un écrivain trop peu célébré : Jérôme Leroy. Et  des titres évocateurs : A vos Marx, prêts, partez !, La Minute prescrite pour l'assaut... Et surtout cette phrase que j'avais griffonnée sur un carnet, un extrait de son recueil de poésie Le Déclenchement muet des opérations cannibales. En faisant quelques recherches dans ma mémoire, je l'ai retrouvée. C'est Sébastien Lapaque qui la cite dans la première édition du Petit Lapaque des vins de copains.

    "Je boirai la dernière bouteille de Pur Sang
    De Didier Dagueneau
    Quand je ne sais qui, je ne sais quoi, aura
    Empoisonné les derniers points d'eau"

    P1170260.JPG

    A quoi peut ressembler une bouteille que l'on garde pour la fin du monde ? Ceux qui en ont tâté parlent d'explosions au nez, en bouche, dans la gorge, dans le ventre. Un peu comme l'apocalypse du sauvignon : après avoir bu cette bouteille, les autres n'existent plus. Comme disent les journalistes, plus rien ne sera jamais (bu) comme avant. Pour ma part, j'ai décidé de prendre Jérôme Leroy au pied de la lettre et j'ouvrirai ce Pur Sang une heure avant la fin du monde. Mais bon, qu'elle prenne son temps... De toute façon, ce Pur Sang est taillé pour la garde. Et grâce à Manu qui m'en a dénichée une 2005, je l'attends désormais plutôt sereinement, la fin du monde.

    Pouilly Fumé Pur Sang Didier Dagueneau 1995

  • Metz : le Pampre d'Or brille

    Dans une ville où j'ai passé près de vingt ans de ma vie, subsistent des restaurants où je n'ai jamais mis les pieds. Normal. Car le Pampre d'Or, c'est à 300 mètres de chez moi : bien trop proche pour me donner la sensation de voyager un peu. Et pourtant...

    Déjà, la place de Chambre toute rénovée depuis un ou deux ans m'enchante désormais sans ses voitures. Et de la table, on ne peut rêver meilleur point vue sur notre bijou, l'imposante cathédrale.

    P24-06-10_12.02[01].JPG

    Et bijoux aussi dans l'assiette pour ce menu de midi à 23 euros. Avec les petites verrines, la mode a encore frappé. Mais passons. Le plat, le vin, le dessert, le café. Avec les mignardises, la mode a encore frappé. Mais passons.

    Ce sont surtout les superbes plats qui nous ont tapé dans l'oeil : croustillants de pieds de porc sauce gribiche (qui ne prend pas le client pour un porc) et blanquette de veau (qui ne prend pas le client pour un veau). J'ai rarement si bien mangé à Metz.

    P24-06-10_12.34.JPG

    Mais comme toujours quand le vin est compris dans le menu, il ne fallait pas s'attendre à quelque chose de grandiose. Le serveur annonce un petit sauvignon de Loire. Etant donné la chaleur, il tenait remarquablement la route.

    Le Pampre d'Or, 31 place de Chambre, 57000 Metz, 03 87 74 12 46.

  • Jonc-Blanc pommes de terre

    Le bergerac, logiquement ça me fait plutôt fuir. Je n'aime pas trop cette région où souvent encore on fait pisser la vigne pour du vin qui n'en mérite pas le nom. Je n'ai jamais rien goûté de très spécial. Le pire étant le liquoreux qui donne mal au crâne dès le premier verre.

    P21-01-10_20.19[01].JPG

    Mais beaucoup disent du bien de ce montravel, une A.O.C. un peu dans l'ombre. Château Jonc-Blanc (15 euros chez Versant Vins). Un vin blanc ouvert une heure, tenté sur un petit pot-au-feu. De l'ampleur et bien sec, sans souci avec le boeuf moutardé. Un vin suave. Un joli mot pour une jolie sensation.

    En fait, mon problème est d'être peu sensible aux cépages sémillon et sauvignon quand ils sont cultivés en Bordelais. Car le sauvignon, je le préfère en Loire. C'est à toute cette région de Bordeaux que je suis peu sensible en fait. Et effectivement, les goûts et les couleurs...

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu