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vendredis du vin

  • Ce vin n'est pas un numéro, c'est un vin libre !

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    Ce n'est pas parce que le caviste des Papilles a inscrit "N°2" à la main sur la quille que le liquide va se laisser enfermer dans une quelconque appellation. Ce numéro, c'est simplement un moyen de se rappeler qu'il s'agit de la seconde cuvée de 2009 de Guy Blanchard, génial viticulteur près de Mâcon, aujourd'hui à la retraite. Ici nous faisons face à un élevage plus long, à un vin plus classe, plus ample, moins facile, plus grandiose que la petite soeur.

    Vive le chardonnay libre ! En accord avec l'étiquette, parlons de "vin de table de France". Les vins de Guy sont déclassés depuis 2005. C'est ainsi qu'on est libre. 

    "Where am I ?
    - In the village.
    - What do you want ?
    - Information.
    - Whose side are you on ?
    - That would be telling. We want information, information, information !
    - You won't get it.
    - By hook or by crook, we will.
    - Who are you ?
    - The new Number 2.
    - Who is Number 1 ?
    - You are Number 6.
    - I am not a number, I am a free man !"

    Ce petit billet, c'était pour la 48ème édition des Vendredis du Vin avec la terrrrrrible Sonia dans le rôle principal. Elle nous demandait de réfléchir à une bouteille qui irait bien avec une musique d'un film ou d'une série télé. Côté vin, n'oublions pas de dire que le premier à nous avoir parlé de Guy Blanchard est le bon gars David.

  • Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage (suite et fin)

    Après avoir fait le tour de France et de l'Europe pour la 42ème édition des Vendredis du vin, mettons le cap sur le reste du monde. 

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    Le reste du monde, le centre du monde... Pour beaucoup de gens sur la planète, tout tourne autour de Jérusalem. D'ailleurs, la ville que l'on nomme (un peu facilement) trois fois sainte est incroyablement chère à mon coeur aussi. Et pour plein de raisons. 

     

    (vidéos tournées en 2008 par Julien B. lors de notre premier voyage)

    Quelle place pour le vin là-bas, à Jérusalem ? On trouve bien celui de Cremisan, produit du côté de Bethléem. Sinon il y a de la bière, la Taybeh faite elle dans un village chrétien près de Ramallah. C'est un prisme très intéressant pour comprendre le conflit israélo-palestinien. Mais surtout, c'est sur les chemins de Jérusalem que l'on trouve du vin. Cette longue introduction avait pour seul but de parler du post du Passionné de la Rive Droite qui m'a fait un immense plaisir en mettant à l'honneur du vin libanais et du vin syrien. Parler de cette région pour le vin et pas pour autre chose, cela mérite un grand merci. 

    Allez, rétropédalage. Retour en France, comme on dit au journal télévisé. Mais la France ultra-marine. A la Réunion, on n'a peut-être rien décidé mais on a bu un sacré canon. "Tu as toujours une bouteille du vin de Cilaos dans la cave ? Et la lumière fut. Tu veux du lourd, monsieur le morgonneux président Guillaume. Là, c'est du très, très lourd. Cilaos est l'un des trois cirques de la Réunion." Le Bicéphale Buveur nous a sorti un truc impensable le "Vin de Cilaos rouge demi-doux" classé en "vin du pays". Et dans la bouche ? "Aucune sensation alcooleuse, très peu de fruit, quelques notes de vanille, un fond de canelle et du sucre. C'est lourd. Mais, bizarrement, en le buvant avec Sophie, nous nous attendions à pire. Il y a même des bons souvenirs de l'île de la Réunion qui remontent tout en douceur". La copie de David est parfaite, il y a même quelques photos.

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    (jolie photo volée sur le blog du Bicéphale Buveur)

    Autre île française et ultramarine : Tahiti. Et oui, on fait du vin dans les Tuamotu, précisément dans le vignoble de Rangiroa. Du fait de deux hommes : Dominique Auroy, chef d'entreprise amoureux du vin installé en Polynésie depuis trente cinq ans et Bernard Hudelot, viticulteur en Bourgogne. On y trouve même du carignan, ça fera plaisir à Michel Smith. Pour aller plus loin, Olivier Zavattin (Caveau du Sommelier) nous explique tout dans une petite note publiée sur les rézosocio.

    Dans les îles de dimension plus importante, ne faisons pas l'impasse sur l'Australie. Julien Weber ne l'a pas oubliée en nous présentant le Jacob’s Creek Shiraz Reserve 2006. C'est pas un peu industriel ça comme pinard ? En tout cas, selon Julien, c'est "plutôt fun".

    Juste à côté, la Nouvelle-Zélande. Laurent Baraou a mis le doigt sur ce bel article concernant les vins de Central Otago, au sud du pays. Les températures plus fraîches qu'ailleurs permettent de cultiver du pinot noir. L'ami Patrick lui aussi a sorti une quille néo-zélandaise, un chenin blanc 2008 de chez Millton Vineyard, à Gisborne. Mais non, Patrick n'a pas bu que ça... La suite, c'est plus bas. Dans le Nouveau-Monde, place maintenant aux Etats-Unis. Vinovelo nous emmène dans l'Etat de New York et précisément dans la Finger Lakes Wine Region. C'est-à-dire qu'à vélo, il parcourt les vignobles autour des Grands Lacs.

    Aaah, on se sent partir...

    Mais bon, c'est bien joli tout ça. Maintenant, permettez-moi de pousser un coup de gueule.

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    (sanctuaire de Fushimi Inari, à Kyoto en 2009)

    Comment ça je n'ai droit qu'à un seul vin asiatique ?! Non mais oh ? Alors qu'il existe du sud-coréen, du nord-coréen, du cambodgien... Et même du birman : si tout va bien, je vous en rapporterai à la fin de l'année.

    En tout cas, merci Stéphanie d'être la seule à m'avoir débouché un vin d'Asie et plus précisément de Bali : produit par Hatten Wines et avec l'alphonse-lavallée pour cépage. Oui, tu as raison Stéph', le vin est vraiment l'élixir universel. Car ça se fait aussi ailleurs. Pourquoi la Chine n'aurait-elle pas de grands terroirs à vin ? Evidemment pour l'instant, il manque quelques siècles de pratiques viticoles. Mais n'ayons pas peur de regarder ailleurs, comme on l'a fait à l'occasion de ces Vendredis du Vin : c'est ça, la leçon principale du vin et des voyages.

    ***

    Tour de France, tour d'Europe, tour du monde. Et puis, il y a évidemment les inclassables. Et Dieu, s'il existe, sait que c'est un compliment.

    A tout seigneur, tout honneur. Commençons avec ceux par qui on rêve d'être adopté, ceux qui nous font rêver d'asile gastronomique en Belgique : le clan des Bruxellois réunis autour de Patrick. Jef nous dit même que "c'est le genre de voyage duquel nous ne revenons pas entiers". J'en conviens. Le compte-rendu des Vendredis du vin Brusseleirs, c'est ici. Mention spéciale au saint-véran de Cyril Alonso (P-U-R), je l'aurais vraiment bien goûté. Patrick a aussi une belle idée pour les mois à venir : vivement les Vendredis du vin n°47

    Président de la prochaine édition, celle de février, Antonin n'a pas voyagé très loin : dans le huitième arrondissement de Paris. Les anti-parigots vont encore gueuler, comme quoi on ne passe pas le périphérique. Il a rencontré Judith et ses vins vivants au Bar de l'Hôtel du Ministère. Judith en a profité pour participer à son tour en nous contant ses voyages dans le vignobles ou du voyage des vignerons à Paris. Elle met son (joli) doigt sur le domaine Belmont dans le Quercy.

    Notre chère Isa nous incite à partir "au pays des merveilles" en ouvrant "un bon beaujolais le plus nature possible, un morgon". Là, évidemment, je ne vais pas dire le contraire.

    Et j'aime bien aussi l'idée du Mas Coris, lorsqu'un vin choisi nous suit en voyage. Je l'ai fait à Jérusalem notamment : ouvrir un crémant d'Alsace 2005 de Binner sur une terrasse face aux trois lieux saints, c'est un souvenir plus que sympathique. Alors quand le Mas Coris déguste son propre vin dans les Caraïbes, c'est "une joie sans nom". 

    Enfin, je ne crache jamais sur les digestifs, alors voici un truc assez insolite (j'adore). C'est le Gin Saffron ; comme son nom l'indique, c'est un gin mais produit à Dijon (par la distillerie Gabriel Boudier) et additionné de safran.

    ***

    Voyage pour les yeux : Arnaud Daphy nous offre ses belles photos de vignobles à travers le monde. Voyage pour les neurones : le sommelier belge Gérard Garroy nous offre une petite digression à laquelle nous ne pouvons que souscrire. Si les voyages forment la jeunesse, la dégustation de vin fait de même.

    Et puisque tout devrait toujours finir avec de la poésie, laissons la parole à Sébastien Fleuret. Notre micro-vigneron a la plume déliée. "C'était il y a quelque temps, au bal de la Nuits-Saint-Georges que j'ai rencontré la petite Julie (énas) , une fille drôlement Gigondas, un sacré beau Meursault, bien charpentée, avec de la cuisse et des seins Nicolas de Bourgueuil et sous sa robe vermillon, un grand cru classé, avec des arômes de cassis et de fraises des bois. Tout sauf une barrique ! Le coup de foudre." La suite du poème, c'est ici.

    Il me reste à remercier la blogosphère du vin pour sa participation, j'espère n'avoir oublié personne. Le mot de la fin sera pour vous souhaiter à tous de bons voyages à venir. Moi, ce sera Istanbul à la fin du mois de février. L'une des plus belles villes du monde à n'en pas douter, où j'ai déjà eu la chance de mettre le pied deux fois. Si vous avez de bonnes adresses, n'hésitez pas ! Ben quoi, j'en profite...

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    (photo : office du tourisme d'Istanbul)

  • Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage

    Ou comme cestuy là qui conquit la toison, et puis est retourné, plein d'usage et raison, vivre entre ses parents le reste de son âge, avec une bonne bouteille dans le sac. Oui, c'était le sujet sur lequel j'avais demandé à la bloglouglou de plancher avec remise des copies le 27 janvier dernier. Cette 42ème édition des Vendredis du Vin était placée sous le signe des voyages. : quel vin aviez-vous envie de rapporter chez vous lorsque vous étiez en voyage ? Pour schématiser, ça balaie le monde entier, avec une grosse concentration en Europe.

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    Certains sont restés en France et ont surtout voyagé dans le verre. Je vais commencer par ce Clos du Chêne Vert 1991 du domaine Charles Joguet que nous a débouché Philippe Rapiteau alias la Pipette. Pourquoi ? De tous les vins que la blogosphère du pif a mis en avant vendredi dernier, c'est peut-être celui que j'aurais vraiment aimé goûter. Charles Joguet, c'est tout de même quelque chose... Quoi ? J'ai le droit d'avoir des chouchous ! 

    Toujours en France, toujours en voyage autour de la chambre, on me sort un "vin cristallin" qui "vibre sous le nez, comme un mirage libyen". C'est le meursault Casse-Têtes 2006 d'Hubert Chavy mis à l'honneur par Christian sur Littinéraires viniquesStella de la Rhune s'intéresse elle à un sauvignon qui soutient ses 10 grammes de sucre résiduels : le Pech Badin 2005 du domaine de Pech. "Un voyage à lui tout seul sur la planète des vins naturels & d'une nouvelle approche du vin." Et ce n'est pas moi qui le dit. Notre amie a bu ce vin à l'Auberge de Bardigues qui elle aussi a participé à l'événement en choisissant L’Equilibriste de La Grange Tiphaine à Montlouis et en expliquant que l'accord est parfait avec un foie gras ''aux parfums d'Asie". Première participation aussi pour Anne Graindorge qui s'envoie un joli ligérien qui nous donne envie de relire Nabokov : le Sweet Lolita du domaine PZ.

    L'aventure est parfois au coin de la parcelle, certains ont enfourché leur monture et se sont baladés à quelques lieues de leur domicile. Bel exemple avec l'ami Michel Smith du côté de Fitou, qui nous présente le domaine des Enfants Sauvages. Olif, qui décidément aime bien les montagnes nous envoie de l'autre côté de la douce France, en Savoie, ce qui n'est pas trop loin du Jura. Il nous fait envie avec son gringet de Belluard dans sa version 2005. Le gringet ? Ben oui, un cousin du savagnin : la boucle est bouclée.

    S'il y a une jeune fille qui a voyagé loin de ses bases angevine et parisienne, c'est bien Eva. Elle est allée faire un petit tour du côté du pays basque, avec ses blases imprononçables. Voici le blanc Hegoxuri 2004 du domaine Arretxea. Un vin "complètement déroutant. A tel point que j’ai du mal à trouver mes mots et à qualifier ce vin [NDLR : et à le prononcer], pourtant exceptionnel. Rien à voir avec ce que l’on connait déjà. Notre palais est ailleurs. Whaaaaaa…" Sinon, elle me connait bien, elle sait comment me prendre : elle parle de bouffe dans l'article. Bref, j'ai faim.

    Clôturons ce carré français avec un truc bien original : le vin made in Normandie.


    Si, si. Du vin normand. Et en plus c'est passionnant : c'est VinPlaisir qui nous raconte la genèse de ce projet. "Ici on ne vend rien, pas d’étiquettes, pas d’esthétisme, pas de m’as tu vu… juste un peu de vie, d’amitiés, de nature et de partage. Tout ca pour rappeler que la vigne pousse partout et que l’ami vin pourra donc vous accompagner partout."

    Une belle ribambelle de cocos est allée se balader de l'autre côté des Alpes. Pour eux aussi, une musique pourrie de circonstance, y a pas de raison.

    Saluons la première participation du Bon Vivant qui nous dégote un barolo 2001 de Clerico. Julien Marchand remet le couvert avec le Fossatti 2005 d'Enzo Boglietti. Idem encore pour Nina de Lost in Wine qui nous apporte un Nizza de la Cantine Cavallotti classé en Barbera d'Asti Superiore

    Oui je cite tout cela un peu vite mais il me faut avouer ici ma totale inculture en vin italien, hormis quelques spécimens qui ne sentent pas le soufre. Bon, je dis ça mais je me contredis tout de suite et d'ailleurs c'est le moment de faire mon autopromo : moi aussi j'ai choisi un vin italien, un vin de paille de Vénétie, c'est le Recioto d'Angiolino Maule. Mais bon, il m'en reste beaucoup à apprendre de ce côté-ci des Alpes. 

    En Italie encore, on voyage à travers le verre. Exemple : ce vin italien vinifié par un Belge : le Roero Arneis 2010 du domaine le Cecche. Une sacrée trouvaille signée Steven Dufour... Et puis il y a ceux qui n'ont pas pu choisir. France ? Italie ? Ou même Espagne ? Hé bien, allons-y pour les trois et c'est sur un blog que j'affectionne tout particulièrement, celui des Cousins.

    D'ailleurs, je me disais que ça manquait un peu l'Espagne. Heureusement il y a Vincent qui nous fait voyager à Barcelone et à velo (ça grimpe dur parfois) pour faire le tour des cavistes. Que des bonnes adresses testées, et approuvées, et re-testées, et re-approuvées... J'aime bien le cyclisme, mais ce que je préfère dans le vélo comme dans le vin, c'est la descente. Jérémy de World Wild Wine s'intéresse quant à lui aux blancs oxydatifs de la Rioja, chez Lopez de Heredia. Pour avoir sifflé du 1988 il y a quelques Noëls de cela, je ne peux que lui donner raison.

    Bon, qui dit Espagne dit Portugal. Ah en voilà un grand pays. Qui a légué d'immenses cerveaux à l'humanité. Et même dans ses anciennes colonies.

    Question vins par contre, je serais plus modéré. Mais là encore, je reviens sur ce que j'ai dit : j'ai l'eau à la bouche devant le porto 1984 que nous a trouvé Caroline Henry. Les pasteis de Belem dont elle parle, je m'en suis empifré il y a quelques années dans cette boutique et ce, avant la visite du cloître des Hiéronymites, l'un des plus beaux endroits de la planète. Je voudrais aussi goûter à ce vin de l'Alentejo trouvé par Susanne Werth-Rosarius dans cette région à la gastronomie la plus rayonnante du pays. Et surtout, surtout : cette perle des Açores dont parle Alain Fourgeot qui frappe très fort pour son premier Vendredi du Vin. Un Vin de l'île de Terceira et là franchement, chapeau.

    Et puis il y a les pays d'Europe qu'on n'attendait pas forcément. Ah bien sûr, ce sont (parfois) de grands terroirs de vin, mais on les oublie trop souvent. Marie-France du blog Une Cuillérée pour Papa nous emmène en Hongrie, pays cher à celui-dont-on-ne-dit-pas-le-nom-mais-on-s'en-fout-car-il-ne-boit-pas-de-vin-et-il-ne-devrait-de-toute-façon-plus-nous-embêter-très-longtemps. Bref un tokaj et une recette sublime à la clé.

    Nathalie Merceron du très fouillé blog Saveur Passion nous fait partir en Grèce avec un vin du nord et un second du sud. Et en plus, on apprend à dire "santé !" en grec. Et par les temps qui courent... Le vin, c'est un voyage mais ce sont aussi des souvenirs. De voyage, de musique pourrie ou de grands romans (comme avec Nabokov) qui ont aussi parfois donné de grands films. Les parfums de retsina m'évoque par exemple cette scène mythique.

    Notre chère Iris remonte un peu dans le froid et nous présente ses découvertes autrichiennes goûtées à Millésime Bio. L'Autriche, l'Autriche... Sans doute le grand pays européen du vin le plus passé sous silence, c'est bien triste.

    Et la Croatie ? Elle est bien représentée par ce vin produit sur la presqu'île de Pelješac avec le cépage Plavac Mali : "Un vin relativement agréable au global, qui donne envie de se pencher sur une région au passé viticole riche, varié, aux efforts qualitatifs soutenus."

    Et ma chère Russie ? Pauline de Eyes Wine Open nous a trouvé un vin qui s'est malheureusement révélé sans intérêt. Idem pour Antoon Laurent à qui on a rapporté un champagne russe. "Le moment passé autour de cette bouteille fût plus mémorable que le contenu."

    Terminons ce tour d'Europe par le grand Jacques qui fait dans l'insolite avec sa quête du graal suédois à travers les rues de Paris. Il ne part pas à la recherche d'Anita Ekberg (comme on pourrait le croire en lisant son article) mais d'un vin du Gotland, la plus grande île suédoise. Trouvera-t-il la bouteille tant désirée ? La remplacera-t-il par une autre ? Pour connaitre la fin de cette dolce vita à la suédoise, c'est ici. Pour les plus jeunes ou ceux qui vivraient sur une autre planète, Anita c'est elle.

     

    Finissons la première partie de ce compte-rendu sur cette note lascive... Après ce tour de France et d'Europe, il va falloir patienter pour le reste du monde et les articles insolites.

    Pour patienter, réfléchissez déjà au thème très politique d'Antonin pour février !

  • Recioto di Angiolino Maule : il vino "stratosferico"

    Laisse les gondoles à certains quartiers touristiques de Venise et prends ma main, je t'emmène dans la meilleure épicerie de la cité des Doges. Elle est baptisée Pantagruelica et se trouve derrière le Ca' Rezzonico, le musée consacré au XVIIIe siècle vénitien. Précisément, c'est au numéro 2844 du quartier Dorsoduro, sur le campo San Barnaba. 

    C'était il y un an à peu près. On entre dans le magasin et comme tous les clients précédents, on salive direct. Le boss sait tout sur tout, du gorgonzola aux vins naturels. Ah ça, ce n'est pas donné. Oui d'accord c'est Venise mais je le répète :  ce n'est pas donné. Il me dit qu'il faut absolument tester les vins d'Angiolino Maule. Il s'extasie notamment sur une bouteille de 50 centilitres dont le mot recioto orne l'étiquette. Prononcez ré-tchioooo-to. Quoi ça ? Il faut s'imaginer à Venise, avec un accent caractéristique. "C'est un vin extraordinaire ! Lorsque je veux me faire plaisir chez moi, je me prépare un repas simple mais goûteux et à la fin j'ouvre cette bouteille et je reste des heures en tête à tête avec elle !" Il s'écrit à maintes reprises "stratosferico !". Pour les synonymes, voir altissimo ou eccezionale.

    Mais je n'en ai pas acheté : je ne connaissais absolument pas ce genre de vin et il y restait pas mal de sucre, m'a-t-il dit. Très peu pour moi pour ce soir-là : j'avais envie de moult charcuteries et de gorgonzola bien piquant : j'ai préféré un vin plus sec. Le soir même sur le balcon de notre modeste hôtel du quartier San Polo, ce fut l'orgie. D'Angiolino Maule, nous avons pris le sublime Pico 2004. Malgré tout, malgré cette ville si belle quand on sort des autoroutes place St-Marc/Rialto et place St-Marc/Gare, je n'arrêtais pas de penser au fameux Recioto : j'aurais vraiment aimé rapporter cette mini quille dans mes valises. Impossible. Dans l'avion du retour, nous n'avions pas pris le supplément bagage en soute. En ajouter un sur cette compagnie low-cost aurait fait drastiquement grimper le prix de ma bouteille.

    Mais j'en ai retrouvé à Paris !

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    C'était chez RAP et nous avons bu le masieri d'Angiolino Maule chez Arthur, à L'Hédoniste. Ce soir-là, la quille était un peu dans les choux.

    Et puis l'autre soir au Vin en Tête, je tombe sur MA bouteille, mon fameux recioto, version 2004. Il était même moins cher qu'en Italie : c'est dire la marge que se faisait notre gugusse.

    Bon d'accord, mais c'est quoi ? Pour simplifier à l'extrême, disons que c'est le vin passerillé de la Vénétie. Le cépage s'appelle garganega, celui qui fait (parfois) des merveilles dans le soave. Chez Maule, tout est cultivé en biodynamie. Mais surtout, et c'est là que ça devient marrant, les raisins sont accrochés à des fils et séchés jusqu'au mois de février, c'est-à-dire pendant 5 mois. J'ai trouvé cette vidéo : c'est plus facile pour comprendre le truc.

    La fermentation se fait ensuite  pendant 15 jours en cuve ouverte pour accentuer le brassage avec la flore naturelle. Bien évidemment, aucune levure exogène n'est ajoutée. Après la presse, le vin part vieillir dans des fûts pendant 8 à 9 mois jusqu'à un degré alcoolique compris entre 14 et 16. Non filtré, il est mis en bouteille 3 ans après la vendange. 

    Et dans le verre, ça donne quoi ? On voit bien qu'il est troublard, non filtré, qu'il a une couleur de jus de chaussette. Au nez, du cassis pour l'acidité mais très vite arrive le côté poire au vin, puis la vanille. En bouche, on a des pruneaux très amers, puis un goût de whisky léger. En finale, l'acidité remonte, ce qui a pour avantage de faire disparaitre le sucré. On y trouve même quelque chose de piquant, limite pimenté. C'est un vin qui réveille ; au fur et à mesure de la dégustation, il devient droit et incisif. C'est assurément une très belle réussite.

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    Ce petit texte, c'est ma participation à la 42ème édition des Vendredis du Vin. Si vous voulez participer, c'est ici et !

  • Vendredi, c'est demain

    Demain, nous serons le vingt-septième jour de l'année et  fêterons les Angèle. Je m'en voudrais de ne pas rappeler que Sainte-Angèle est née à Desenzano en Italie en 1474. Elle fonda les Ursulines, la première congrégation séculière d'Europe avant de mourir du côté de Brescia en 1540. Il se raconte que les Angèle sont intelligentes et ont du charme. A vrai dire, je n'en sais rien : je n'en connais pas.

    Les 27 janvier, on hurle de joie ou de tristesse. En 1756, on a fêté la naissance de Mozart. Mais en 1901, on a pleuré Verdi. 

    Demain, pour votre gouverne : le soleil se lèvera une minute plus tôt (08h30) et se couchera une minute plus tard (17h37). 

    Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour participer à la 42ème édition des Vendredis du Vin. Quoi ? Vous voulez encore que je résume le tout ? D'accord...

    Je vous ai choisi un thème bien alambiqué : vous avez fait un voyage à l'autre bout de la planète ou à l'autre bout de la France et vous avez rapporté (ou vous auriez aimé rapporter) une bouteille. Parlez-nous de tout cela en publiant demain un article sur votre blog. Ou bien racontez-moi votre histoire dans les commentaires de cet article, par courrier électronique ou bien encore sur les réseaux sociaux. Si vous êtes un fanatique des gazouillis, n'oubliez pas le mot-clé, ou mot-clic, ou hashtag (dans la langue de Shakespeare) : #vendredisduvin

    Je serai tout à fait complet en disant que demain il devrait pleuvoir sur la façade est de la France et sur les Pyrénées. Dans le reste du monde, il fera 5 degrés à Séoul, 17 à Alger, 30 à Maule, 8 à Vicenza, 11 à Téhéran, 4 à Titisee, 8 à Medana, 0 à Pyongyang, 9 à Ramallah, 28 à Antananarivo, 11 à Bethléem et 32 à Battambang...

    A demain !

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  • Les Vendredis du Vin, c'est vendredi prochain

    Comme Ulysse, tu as fait un beau voyage. Qui t'a rendu heureux puisque, lors de ce voyage, tu as déniché une quille terrible. Alors au moment de retourner (plein d'usage et raison) vivre entre tes parents le reste de ton âge, tu n'as pas oublié de glisser cette bouteille dans tes valises. Ou bien peut-être n'y es-tu pas parvenu pour diverses raisons. Et tu es dépité : tu aurais tellement aimé emporter cette bouteille avec toi à la maison, pour la partager avec les copains...

    Voilà, ce n'est pas très compliqué. C'est ce genre de conte pour adultes que j'aimerais que tu me racontes vendredi prochain à l'occasion de la 42ème édition des Vendredis du Vin. Tu l'auras compris : elle est placée sous le thème du vin et des voyages. Certes le vin peut faire voyager, mais moi je veux vous voir voyager dans la réalité et en profiter pour nous parler de vin.

    Alors, d'ici vendredi prochain, c'est-à-dire d'ici le 27 janvier, rassemble tes souvenirs... Le jour J, il suffit de prendre ta plume puis ton clavier et de raconter cela sur ton blog. Si, à ce texte s'ajoute une photo du voyage et/ou de la bouteille, j'en serais très heureux. Peut-être encore plus heureux qu'Ulysse. Attention, on ne fait pas de discrimination avec Iris : si tu n'as pas de blog, il est possible d'en parler sur Facebook, dans les commentaires sur mon petit blog voire directement par email.

    Heureux qui comme Ulysse... Bien sûr, il y a le poème paraphrasé plus haut. Mais il y a aussi un film et surtout la chanson d'un moustachu qui commence à faire son trou. Donc, pour patienter un peu, musique Georges !


    Heureux qui comme Ulysse par zenva

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  • Les vendredis du vin n°42 : puisque vous partez en voyage

    On ne devrait jamais quitter Battambang. La deuxième ville du Cambodge, dans l'ouest du pays, pas très loin de la frontière thaïlandaise et à l'opposé des circuits touristiques traditionnels, frappe le visiteur par son incroyable calme. Peut-être est-ce dû à la chaleur écrasante (jamais le thermomètre ne descend en dessous de 20°C) ou aux nombreux temples bouddhistes (je pense les avoir tous visités). Au milieu de cette torpeur khmère, dans cette région aux terres fertiles, nait et croît la vigne de Phnom Banon. Depuis un peu plus de 10 ans, Chan Thai Chhoeung et sa femme Leny Chan Thol s'échinent à produire le seul vin du pays. Sur leurs quatre hectares et grâce à ce climat qui nous semble si particulier, ces viticulteurs qui ont tout appris dans les livres récoltent leurs raisins deux voire trois fois par an. C'est une autre façon de voir le vin, même si elle est évidemment influencée par la tradition française. La couleur de ce vin khmer ? Rouge. A base de syrah et cabernet-sauvignon, nos amis produisent quelques milliers de bouteilles d'un pinard un peu trop sucré à mon goût et qui n'a pas encore les attributs d'un grand cru. Mais franchement... En goûtant ce rare nectar produit juste en dessous du tropique du Cancer, on ne peut être qu'admiratif de la volonté inébranlable de faire parler du jus de raisin fermenté dans cette terra incognitae du vin qu'est le Cambodge. Admiratif aussi de la masse de travail fourni et du résultat final. Le tout est porté par un sacré amour du raisin qui n'a pas pour l'instant une place de choix dans la tradition khmère.

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    Quand il m'a fallu réfléchir sur le thème de cette 42ème édition des Vendredis du Vin, j'ai évidemment repensé à ce moment hors du temps passé dans ces vignes cambodgiennes sous 35 degrés à l'ombre des ceps... Je me suis souvent dit que j'aurais aimé boire cette bouteille en France, un peu comme un souvenir mais aussi comme un témoignage du travail du vigneron. Alors, après le très populaire thème de Stéphanie concernant les bulles et le mariage, je vous ai concocté quelque chose qui fleure bon l'ailleurs, la découverte, bref l'exotisme. Mon thème, c'est

    le vin et les voyages.

    Ah ça, le vin peut faire voyager : certains vous emmènent très vite très loin, d'autres ne sont que des allers simples jusqu'à l'évier le plus proche.

    Non, moi ce que je veux, c'est vous voir voyager dans la réalité. Que vous nous parliez d'un vin que vous avez découvert lors d'un voyage et que vous avez rapporté (ou que vous auriez aimé rapporter) dans vos valises.

    En guise de souvenirs, certains offrent des mugs ou des boules à neige. Nous, nous préférons un vin du terroir visité qu'un caviste bien attentionné nous a recommandé, que nous avons dégusté dans un restaurant ou sur lequel nous sommes tombés par hasard. Parfois ce vin s'avère si exceptionnel, si hors norme, que vous vous en voudriez de priver vos amis d'un tel joyau une fois revenu au bercail. Autre explication : on l'a dit, certains vins sont vraiment inconnus. Pas gustativement exceptionnels (selon nos références), on l'aura compris, mais franchement insolites. Et quand nous l'ouvrirons avec les copains, ils devraient bien se marrer : ça va épater la galerie et puis aussi, ça fera remonter des souvenirs.

    Bien sûr, ce voyage, ce peut être à des heures d'avion de Paris : au Cambdoge ou en Corée du sud pour les fous d'Asie. Ou bien plus près, en Allemagne par exemple. Mais un voyage, ce n'est pas forcément à l'étranger. Ce peut être une belle région de France éloignée de la sienne et que l'on vient de visiter. A chaque fois, l'important est de nous transporter dans un ailleurs accompagné d'un cru du cru.

    Allez-y, parlez-nous du vin et de vos voyages sur vos blogs. Promis, moi je ne parlerai pas du Cambodge ! Et si vous êtes un SBF (selon le bon mot d'Antonin), c'est-à-dire si vous êtes Sans Blog Fixe, vous avez le droit de jouer aussi. Faites-nous partager vos coups de coeur exotiques dans les commentaires de ce blog, par mail ou via les rézosociaux et on publiera tout ici.

    Seul impératif, la remise des copies est prévue pour le 27 janvier précisément. D'ici là, musique Jacky !

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 14 commentaires
  • Vendredis du Vin n°40 : une fleur fleurit à Fleurie

    "Tu as bien fait de passer, Debedeux, tu vas refleurir." C'est en ces termes fleuris que toute la clique du Café du Pauvre accueille Debedeux, l'un des dirigeants de la Bang-Bang Aéronautique, qui n'en peut plus de sa vie de cadre encostardé. C'est le début du Beaujolais nouveau est arrivé, dont le vigneron s'appelle René Fallet (celui à qui j'ai aussi volé l'expression "du morgon dans les veines"). Ce beaujolais-là se déguste aussi mais c'est plutôt en tournant les pages qu'en vidant les verres. Quoique, pour l'instant, personne ne nous empêche de boire un coup en lisant...

    vendredis du vin,beaujolais,fleurie,julie balagny

    Le beaujolais, ça sert à ça : à refleurir. A donner le sourire, ce n'est pas ici qu'on viendra dire le contraire. Pour Olif, j'ai révisé mes Gammes en Beaujolais : j'ai cherché une bouteille pour refleurir en automne. J'aurais pu choisir la partition morgon, cela aurait été plutôt facile. Le 2001 de notre regretté Marcel en magnum ouvert par Jérémy (lors du dernier repas à la Cave de l'Insolite canal historique), le 2007 en mag aussi, le 2008 avec une raclette, le 2009 avec ou sans soufre, le 2010 bu récemment, les plus vieux sifflés avant ce blog, la cuvée éponyme au Troquet... Bon cela aurait été un peu trop attendu.

    On va ouvrir autre chose. Un régnié ? Le 2007 de Descombes ouvert la semaine dernière était particulièrement savoureux. Le chiroubles de Karim Vionnet ? Le moulin-à-vent d'Isa et Bruno Perraud ? Le brouilly de Descombes encore ? Le côte-de-brouilly de Pacalet ? Un saint-amour ou un juliénas plus difficiles à trouver au naturel ? Un "simple" village comme celui de Métras ? Ou encore le primeur de P-U-R bu l'année dernière quelques jours avant la date officielle ? Tout ça pour dire qu'ici, on en boit du beaujolpif. Mais dis donc, il manque un cru à cette énumération joyeuse...

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    C'est au contact de la vigne que l'ancienne parisienne Julie Balagny refleurit. Avant Fleurie, ce fut dans le Gard (avec Terre des Chardons). Puis vient l'incroyable année 2009 et son arrivée au pied des pieds de gamay, le plus beau cépage qui soit. On est à mille lieux des clichés. Biodynamie, intense travail à la pioche dans la vigne, respect du raisin en vinif avec pour résultat le fleurie En Rémont 2009, grand vin de terroir qui démonte toutes les idées reçues sur le beaujolpif. S'il est déjà très accessible sur des arômes de fruits croquants et épicés, il faudrait pouvoir l'attendre encore un peu afin d'apercevoir cette grande classe du gamay un peu vieilli ; celui-là en a tout le potentiel. D'ordinaire coquelicot ou pivoine, le beaujolais se fait ici rose pourpre qui continue à fleurir. 

    "Beaujol dit qu'il est fier d'être né en France. Une boutanche pareille, c'est kif-kif la Joconde ou la Victoire de Samothrace." (René Fallet)

  • Vendredis du Vin n°37 : le gâteau au vin blanc

    Manger et boire... On est en terrain connu pour ces 37e Vendredis du Vin ! Merci à Nathalie Merceron, blogueuse sur Saveur Passion de nous avoir soufflé ce thème. Le manger, le boire : on va essayer d'associer les deux. Et quoi d'autre que mon gâteau favori pour le petit-déjeuner... D'ailleurs, ce matin encore, il trônait sur la table avant qu'Olive ne s'en saisisse pour rassasier ses collègues.

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    Un gâteau certes, une tronche de cake d'ailleurs. Oui mais dans un genre un peu particulier puisque lui-même associe le boire et le manger : c'est un gâteau au vin blanc. Pas de beurre, un peu d'huile, une belle masse de farine, de la levure, des oeufs, du sucre. Et 25 cl de vin blanc (la recette détaillée est ici). Quel vin blanc ? Plutôt sec parce qu'on ajoute beaucoup de sucre par la suite. Je serais assez porté vers le muscadet ou tout simplement des fonds de bouteilles, pour éviter de gaspiller ce qui reste après une soirée avec la bloglouglou. En tout cas, il faut suivre ce théorème de la cuisine au vin qui vaut pour les coqs au gevrey, les poulardes au jaune, les daubes, etc : ne jamais cuisiner avec un vin qu'on ne voudrait pas boire. Bien sûr, je ne vais pas faire mon gâteau au Saint-Romain Combe Bazin 2005 de Frédéric Cossard ; mais à l'inverse, je ne choisis pas un pinard de supermarché à deux balles (de toute façon, je n'en achète pas).

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    N'en déplaise à certains, aucune chance de finir bourré après avoir abusé de ce gâteau. Après 40 minutes au four à 180°C, il ne doit pas rester grand-chose des molécules d'alcool. Par contre, la cuisine se remplit d'un parfum d'antan assez sympathique. Comme il faut toujours citer ses sources et puisque je ne suis évidemment pas l'inventeur génial de cette recette, rendons hommage à Bruno Doucet, le chef de la Régalade à Paris. A chaque fois que ce nom me revient à l'esprit, je me dis qu'il faut vraiment que j'y retourne.

    Et avec ça on boit quoi ? Si on le mange le matin, ça sera du café. Mais si c'est pour le goûter ? Faut-il boire le même vin qui a servi à faire le gâteau ? Bof... Le ton sur ton, c'est souvent lasssant. Un moelleux ? Un vin doux ? Un liquoreux ? Non, je tenterais bien un vin de copain acide, pour contrebalancer le côté sucré (le ton sur ton, c'est souvent lassant - bis). Le gâteau est humide, grassouillet et un peu sucré. Prenons un muscadet là encore ! Sec, tranchant et minéral. La Bohème (cuvée Equinoxe, sans soufre) de Marc Pesnot par exemple, qui aurait très bien pu servir d'ingrédient pour le gâteau. Mais vu que ce "vin naturel sans intervention vulgaire" est difficile à trouver et très bon, on le boit !

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  • Vendredis du Vin n° 36 : une pépite pour la Pipette

    Aujourd'hui, c'est vendredi et c'est plutôt cool. Non pas parce que c'est le week-end mais parce que Philippe (la Pipette aux 4 Vins) nous a trouvé un superbe thème : racontez-moi un vin du siècle dernier. D'accord, ça va nous vieillir un peu mais ça va surtout être l'occasion de sortir des dinosaures comme dirait Antonin. J'aurais pu ouvrir un de mes 1981 ou parler d'un vin de voile de chez Plageoles version 1999. Mais remontons simplement à la semaine dernière : samedi, j'ai bu un truc à la fois majestueux diplodocus et terrible tyrannosaure. Et cela grâce à Sébastien P. dont je raconte l'histoire depuis deux jours. Caviste engagé dans la banlieue de Metz, Sébastien a décidé de mettre la clé sous la porte. Promis, après ce post, j'arrête d'en parler : là, je vais simplement témoigner de sa générosité. Samedi dernier donc, entre autres bouteilles, nous avons un peu fait les fonds de cave. Pas de quoi de retourner la tête, juste quelques centilitres d'un nectar pâtiné. Ouvert depuis quelques mois déjà, le grenache avait subi une évolution incroyable depuis sa vendange. Commençons par quelques chiffres : cette année-là, 14 hl à l'ha, puis 24 mois en cuve de vinif et 76 ans passés en fûts de chène jusqu'à la mise en bouteille en 2001, lorsque le nouveau siècle pointait son nez. Oui, si on fait le calcul ça nous ramène loin : un maury de la Coume du Roy millésime 1925.

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    Un nez à croquer encore jeune, le sucre me semble fondu et absolument pas lourd, une certaine vivacité qui t'accroche encore malgré l'élevage, une longueur évidemment interminable : c'est un bonbon aristocratique. Complètement dépassé par ce qu'on a dans le verre, on est transposé loin, très loin. Deux ans avant, par exemple, la naissance de ma grand-mère. Et surgit une pensée pour Bill Haley (qui, lui, est né cette année-là) et son "carpe diem" version rock. Rien d'autre à ajouter.

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