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verre des poètes

  • Ce midi je me suis fait Deux Amis

    Je n'aime pas trop fréquenter les restos de ma rue ; j'ai l'impression que j'aurai toujours le temps d'y aller, alors je peux repousser le moment. Celui-là fait exception. Déjà il marche bien ce qui attise forcément ma curiosité et surtout il y a des choses qui résonnent : Michel des Caves de l'Insolite m'en avait parlé, le patron serait un ancien du Chateaubriand...

    Au café des Deux Amis de l'époque, j'y allais pour me jeter des demis et des petits jaunes à 2 euros. C'était avant que le nouveau proprio rachète le lieu, lave un peu les murs et surtout refasse les chiottes. C'était un vieux bistrot de Paris dans son jus avec ses habitués et ses prix d'avant-guerre. Aujourd'hui, le lieu s'est donc boboïsé, ou gentrifié comme disent les savants.

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    On y a perdu l'ambiance de quartier mais on gagne un très bon resto. Qu'est-ce qui est le plus important ? Je ne sais pas en fait. Ce qui est plus énervant par contre, c'est lorsqu'on perd un vieux bistrot pour y faire de la bouffe de merde, les exemples ne manquent pas. Mais ici ce n'est pas le cas.

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    La carte des vins est naturelle et bien pensée : logique quand on fait face à l'annexe caviste du Verre Volé. Mais la sélection va assez loin (les Champs Libres, les Lèches du Mazel...). Dans les verres, l'Echappée Belle du domaine du Bout du Monde d'Edouard Laffitte et le Verre des Poètes d'Emile Hérédia. Jamais déçus (4 à 5 euros le verre).

    Côté assiette, les rollmops s'entendent très bien avec la purée de betteraves (5,5 euros). Les graines de courge apportent du croquant, le tout sublimé par une superbe huile d'olive, fruitée mais aussi amère. Un très bon cru.

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    Le perdreau arrive avec son risotto de betterave (16 euros). Encore de la betterave : normal c'est la saison et c'est moi qui ai choisi, j'adore ça. D'aucuns pourront dire que ce n'est pas assez cuit, mais c'est comme ça que j'aime le gibier. Grillé pour le croquant, rosé pour son côté rassurant et un peu cru aux entournures pour goûter vraiment la viande. Absolument parfait. Même les billes de plomb sur lesquelles j'ai failli me casser une dent. Au moins ce n'est pas de l'élevage en batterie.

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    Aux Deux Amis, 45 rue Oberkampf 75011 Paris, 09 77 78 53 26. Reste à tester la formule du midi en semaine (16 ou 19 euros).
  • Le Pré Verre des frères Delacourcelle

    Philippe Delacourcelle est l'un des premiers chefs à avoir marié cuisine française et épices asiatiques. Ce fou de l'Asie a ouvert avec son frère Marc l'un des bistros les plus courus de Paris. Les deux s'éclatent, tentent des alliances improbables donc en rebutent certains. Ici, on n'est pas dans la fusion-food de bas-étage mais dans la cuisine un peu réfléchie, ça change.

    Pour ma part, j'adore leur bistro. La formule de midi est une affaire (13 euros entrée et plat de haute volée, verre de rouge, café). La formule du soir (28,5 euros) permet de partager vraiment leur imagination fertile.

    Et on ne peut pas plaire à tout le monde. On était sept à table ce soir-là. On a senti les hermétiques qui ont sauté sur le cheesecake en dessert pour retrouver leurs marques. On se demande d'ailleurs ce qu'il fait à la carte le cheesecake, il fait tache parmi cette cuisine presqu'asiatique.

    Pour le reste, tout le monde s'accorde à dire que c'est bon, voire très bon. Mais très original donc sans doute trop pour la majorité de la table ce soir-là. C'est comme les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. "Les coups et les douleurs" disait Coluche... Je me comprends.

    C'est à vous de juger, à vous de regarder les photos, de décider d'y aller et de rendre votre verdict. Moi j'adore. Mais ce soir-là je pense ne pas avoir dégusté ça dans de bonnes conditions ni avec les bonnes personnes, je n'ai pas peur de le dire. Il faudrait y retourner le coeur moins détourné par des mines dubitatives et des déclarations trop tranchées.

    Pour accompagner le tout, le Verre des Poètes d'Emile Hérédia, du domaine de Montrieux (23 euros). Un côteaux-du-vendômois tout ce qu'il y a de plus naturel, 100 % pineau d'aunis. Déjà là, ça n'a pas plus à tous les habitués des côtes-du-rhône à 16°. Avec trop peu de lumière, les photos sont un peu floues.

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    Et maintenant deux combinaisons possibles à chaque fois, pour vous faire une idée.

    En entrée, "Hure de cochon grillée, dattes au vinaigre" et "Bortch bouillon de boeuf, betterave et herbes d'ailleurs".

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    En plat, "Cochon de lait fondant et chou croquant aux épices" et "Foie de veau, risotto rouge et sauce tamarin".

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    Et en dessert, j'oublie le cheesecake par ailleurs très bon pour un "Ananas rôti, glace sesame noir" et le "Mendiant de fruits secs, glace curry" pour lequel je me suis entendu dire à l'autre bout de la table : "il a osé !"

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    Alors la glace au curry c'est vraiment très bon. Evidemment très particulier parce qu'on a tellement l'habitude de cette épice dans des plats salés et épicés. Et désolé de vouloir essayer autre chose que pâtes carbonara et fondant au chocolat.

    Le Pré Verre (allez-y !), 8 rue Thénard, 75005 Paris, 01 43 54 59 47.

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