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vietnam

  • Tu n'as jamais mangé de foetus de canard ?

    C'est la chose la plus fofolle qu'il m'ait été donné de manger. Forcément, c'est au Vietnam. Certes devant une assiette de chien, on ne fait pas son malin. Mais là, c'est bien pire. On hésite, on se demande se qu'on fait là, on pousse des "urgh"... On tâte timidement l'affaire du bout de la fourchette.

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    Je te présente hột vịt lộn. En français, on dit "balut". On en mange aussi dans d'autres pays du sud-est asiatique. Mais c'est quoi ? Ben tu n'as pas reconnu sur la photo ? Les gros yeux, le petit bec ? En fait, c'est un œuf de cane couvé entre deux et trois semaines. Le poussin est donc bien formé...

    Au marché de Hanoi, on vend l'unité autour de 15 centimes d'euro alors que des œufs "normaux" (de poule) c'est 25 centimes la boîte de dix. C'est un en-cas très prisé.

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    On rentre à la maison, on le fait cuire près de 25 minutes à l'eau bouillante. On casse le truc comme un œuf dur.

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    On enlève toute la coquille pour laisser apparaître le balut, somme tout un peu figé.

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    On casse délicatement l'ensemble à la fourchette et au couteau. L'aspect est peu ragoûtant certes mais il se dégage en bouche un délicieux goût déjà un peu viandard avec le côté rassurant de l’œuf. C'est très bon, il faut le reconnaître.

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    Et retour à la photo du début. En plus, c'est extrêmement riche en protéines. 

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  • Le Nam Hai est souvent considéré comme le meilleur palace d'Asie

    Et cette photo pourrait effectivement te le faire croire.

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    Nous sommes sur la plus grande (et sans doute la plus belle) plage du pays qui s'étend sur 20 kilomètres. C'est d’ailleurs ici, à côté de Hoi An, que les Américains ont débarqué. Tout a bien changé.

    Une chambre au Nam Hai coûtant presque un smic français (et on a connu bien mieux pour 5 fois moins cher), on se rabat sur les cocktails au bord de la piscine. Après quelques dizaines de kilomètres en vélo, tu es un peu crado, tu pues sous les bras, il faut vraiment négocier pour qu'on te laisse t'installer là-bas, tout au bout de la rangée de parasols, face à la mer.

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    Ce cocktail signature, le Nam Hai Star (rhum macéré avec du sésame, jus de concombre, sirop de gingembre) tire un peu trop sur le pimenté et le porte-feuille (7,50 euros).

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    C'est sûr, si tu considères le cadre (l'hôtel est régulièrement cité comme le meilleur resort d'Asie) et les prix parisiens, c'est donné de chez donné.

    Mais il y manque une âme. Et le Vietnam, c'est autre chose que cela tout de même.

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    La carte des vins est assez catastrophique. Allez, on bouge.

  • Lẫu : le pot-au-feu vietnamien, version express

    Tu prends les aliments que tu as sous la main : poissons, viandes, légumes. Tu coupes fin.

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    Un bouillon bien parfumé et frémissant, des pâtes de riz à portée de main.

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    Tu plonges le tout dans la marmite, pendant quelques minutes. Puis tu te sers.

    La vie, ce n'est pas si compliqué.

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    Le mieux étant de manger ce plat aux ingrédients extra-frais, en terrasse, au Vietnam, alors qu'il fait encore 25°C vers 20h.

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    Et je te donne même l'adresse de l'endroit idoine, à Hoi An.

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    Et c'est huit euros pour deux le repas ultra-complet avec les bières et tout.

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  • Le Cao Lầu, plat du terroir vietnamien

    Le Cao Lầu, c'est le plat typique du terroir de Hoi An. Oui, les Vietnamiens aussi ont un terroir, et en ont conscience, quelle question... Ce plat, on ne peut le faire qu'ici. La pâte a cuit dans de l'eau additionnée de cendres provenant du bois de l'île de Cham (au large de la ville), donnant ainsi au féculent une couleur d'un pâle moutarde. Les légumes et les herbes viennent normalement du village de Tra Que où tout est bio. On ajoute un peu de viande.

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    Et donc on ne peut que le manger ici. À toutes les adresses du centre ville historique pollué par le tourisme (et encore, ça va, c'est mignon Hoi An, ce n'est pas la Grande Motte...), on préfère le Secret Garden qui porte bien son blase. Planqué. Au détour d'une rue à touristes, il faut zieuter la pancarte annonçant le restaurant. Arrivés à 14h, on est seul. On grignote le plat excitant pour 1,70 euro et vu le cadre, on en profite pour souffler.

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    La version ultime du mets se trouve pourtant ailleurs. Tu enfourches ta bicyclette et tu prends la direction de l'est. Quelque part entre les rizières et les étangs. Rien que ce coin mérite 3 jours d'exploration à vélo, un vrai paradis.

    Tu t'arrêtes chez Water Coconut Homestay. C'est une maison d'hôtes, tout en finesse (30 euros la nuit, pas de quoi se ruiner). Il faut demander à la femme du proprio de te préparer un Cao Lầu. Magie des ingrédients ? Magie de la cuisine familiale ? Magie de l'amour dans la casserole ? Jamais ce plat délicieux n'aura été aussi joliment apprêté. La photo ne lui rend pas un juste hommage.

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    Secret Garden, accès par 60 Le Loi St. ou le  130 Tran Phu St. ou encore le 71 Phan Chu Trinh St., + 845103911112, Hoi An centre.

    Water Coconut HomestayHamlet No.3, village de Cam Thanh Village, +84935927343

  • Petit quizz : sauras-tu reconnaître ces herbes vietnamiennes ?

    Pour se divertir, jouons un peu. Toutes ces herbes ont été photographiées au Vietnam, dans le village de Tra Que, dont toutes les cultures végétales ont été converties au bio.

    Alors, c'est quoi ?

    1 - ?

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    2 - ?

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    3 - ? 

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    4 - ?

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    5 - ?

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    6 - ?

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    7 - ?

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     et question subsidiaire : 8 - ?

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    Réponses :

    1 : basilic citron

    2 : fleurs de basilic citron

    3 : pok choi (à ne pas confondre avec pak choi, aux feuilles plus longues)

    4 : cive en fleur

    5 : pak choi

    6 : coriandre vietnamienne

    8 : basilic thaï

    et 9 : feuilles de patates douces

    Quel est ton score ? A moins de 8/8, un voyage au Vietnam est obligatoire !

  • Vietnam : un village entier converti au bio

    Pour qui cherche une idée dans le but d'attirer les touristes dans son joli village français, qu'il se penche sur le cas de Tra Que, charmante bourgade à trois kilomètres de Hoi An, dans le centre du Vietnam. Ici on s'est spécialisé dans les légumes et les herbes cultivés selon les principes de l'agriculture biologique, un cas unique dans le pays.

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    Organisé à la manière d'une coopérative, le village fournit aussi les matières premières aux quelques restaurants qui se sont opportunément montés. Car il faut dire que les touristes adorent ! Disons la vérité, entre la foule qui visite Hoi An (la ville voisine, classée au patrimoine de l'Unesco) et les quelques personnes qui s'arrêtent à Tra Que, il y a encore un fossé. Mais les touristes sont là tout de même.

    Et on y mange quoi dans ces restaurants ? Des apéros au basilic citron...

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    ...des banh xeo extra-frais, un genre de crêpes salées...

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    ...des nems légers à la carotte...

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    ...des crevettes aux herbes...

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    ...des salades de papaye aux crevettes...

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    ...du poisson cuit en feuille de bananier... et plein d'autres choses à des prix on ne peut plus serrés. C'est sans doute l'endroit du Vietnam où on mange le mieux, si on ajoute à cela la douceur du climat et les produits de la mer qui se trouve à 2 kilomètres.

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    Tous les restaurants du coin (ici Tra Que Water Wheel) proposent des cours de cuisine qui durent une bonne partie de la journée : tour au marché de Hoi An, tests de reconnaissance des herbes aromatiques à Tra Que, cours de cuisine, dégustations...  

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    Je le répète, on pourrait l'imaginer attrape-touristes. Pour l'instant, ce n'est pas le cas, l'endroit est encore relativement préservé. Le sera-t-il encore dans l'avenir étant donné le nombre de personnes qui passent par Hoi An ? Bon, ben, il va falloir que j'y retourne...

  • Vietnam : au restaurant, le poulet est encore vivant

    A Hoi An, à la terrasse d'un resto. Rien de plus classique. On va prendre des bières, quelques légumes et des assiettes de poulet grillé aux feuilles de citronnier. Rien de plus classique.

    Ah bon, c'est un poulet entier qui est servi ? D'accord, on ne va en prendre qu'un seul, alors. Rien de plus classique. Deux minutes plus tard, un serveur arrive avec une branche de citronnier aux feuilles vert pétant ; au moins, ce n'est pas du congelé comme à Paris. Là, on est dans l'un-peu-moins-classique.

    Et ce qui ne l'est carrément plus du tout, c'est que 5 minutes après, un serveur arrive sur sa moto, un poulet sur les genoux. Vivant. Il part en cuisine. Cot-cot. 

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    On entend quelques cris puis plus rien. Il faut maintenant le saigner au niveau de la gorge, l'échauder, le plumer avant de le découper. La serveuse nous prévient qu'il y aura un peu d'attente. Euh, pas de problème... On oint la bête d'une préparation un peu grasse mélangée aux feuilles écrasées au mortier. Ouais, un poulet rôti, quoi...

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    Ce n'est pas la première fois qu'on tue ta bouffe au restaurant avant de te la servir. On sait que cela existe pour les poissons ou les crustacés à choisir vivants dans les aquariums. On verra plus tard au Vietnam ou en Chine qu'on fait de même pour les grenouilles. Mais là, on reste interloqué : un poulet arrive vivant et on le tue en cuisine ! Un poulet... Pas un petit animal, pas un truc dont il est facile de lever les filets avant de le cuire... Un poulet !

    C'est chose impossible en France avec nos normes d'hygiène drastiques. Retour de bâton : chez nous, on s'oblige au congelé, au sous-vide, au sans aspérité, au sans vie. Oui, on a presque oublié que le poulet est vivant, qu'il faut le tuer pour le manger.

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    Puis direction le coup de barbecue animé grâce au sèche-cheveu monté sur un pied, pour une bonne dizaine de minutes de cuisson.

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    Pour un résultat splendide, gourmand, ultra-frais (on peut difficilement faire plus frais). Huit euros le poulet dans ces conditions. 

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    Restaurant Huy Huy, à Hoi An. Tu suis la rive du fleuve après le Brother Café. Et je t'ai photographié l'adresse exacte pour ne pas me tromper.

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    Le lendemain, on se balade dans le coin en vélo et effectivement, on aperçoit des petits enclos où gambadent à peine une dizaine de volailles. 

  • U Café, la pépite de Hoi An

    Cuisine bio, personnel japonais, vue merveilleuse, calme enchanteur... Pas besoin de photos de la bouffe ou de la boisson, celle de la terrasse suffit.

    Pour atteindre le U Café, ce n'est pas très compliqué. Il suffit de suivre les berges de la rivière à Hoi An. Les touristes s'arrêtent aux premiers mètres et au Brother Café. Ah les cons...

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    Derrière le café, commence la campagne autour de Hoi An.

    Ville du centre du pays, miraculeusement conservée après la guerre, Hoi An est aujourd'hui sacrifiée sur l'autel du tourisme. Bizarrement, sa beauté transparait tout de même. Mais la campagne environnante vaut à elle seule un séjour d'une semaine.

    U Café, Thanh Nam, Cam Chau, Hội An +84 510 3501 118.

  • À quoi reconnait-on un repas vietnamien réussi ?

    Pendant.

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    Après.

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    Au Vietnam, la réussite d'un repas entre amis se juge au nombre de cartons de bière commandés et à la quantité de canettes jetées sous la table.

  • Où manger les meilleurs nems du Vietnam ?

    Certes le titre est en rien provoquant. Sont-ce vraiment les meilleurs nems du Vietnam ? On a vraiment envie de répondre un grand oui. Parfum d'Automne coordonne des maisons d'hôtes au rapport qualité-prix indéniable. Elles-mêmes proposent des cours de cuisine avec une jeune femme francophone qui connait son affaire. Les meilleurs nems, ce sont donc ceux que l'on fait à la main, chez soi, avec de bons ingrédients frais (pléonasme au Vietnam). Ici le résultat.

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    Et les nems roulés avant cuisson.

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    La farce : porc cru, crevettes crues, beaucoup d'herbes fraîches et deux œufs. Tu me roules tout cela avant de les plonger deux fois dans la friture. Une bonne sauce d'accompagnement avec vinaigre, jus de citron et nuoc mam (on ne lésine pas sur sa qualité). Résultat : les meilleurs nems de ta vie.

    Notez qu'au Vietnam, il existe deux sortes de nems. Les nems frits (ce que l'on appelle nems en France) et les nems frais (nos fameux rouleaux de printemps, expression plus ou moins répandue sur place).

  • Quelle est la meilleure bière vietnamienne ?

    Le Vietnam n'est pas la Belgique, ni l'Allemagne. Ni même l'Italie, ni la France. Ben oui, le Vietnam, c'est le Vietnam. Ceci étant dit, on est bien avancé. Certes la tradition brassicole vietnamienne n'est pas celle de la Vieille Europe. Mais voilà, on en boit beaucoup et pas mal de marques locales se disputent le marché. L'écrasante majorité est constituée de bières type lager, c'est-à-dire blondes, désaltérantes, sans goût trop prononcé. Après une journée de marche, après une journée à 35°C ou pour éviter de boire de l'eau, ces bières sont les bienvenues. Tour d'horizon.

    Halida. On la trouve surtout à Hanoï. Par rapport à toutes les bières goûtées, on lui reconnait un peu plus de caractère, notamment sur les amers même si ça reste évidemment très accessible. Sans doute la meilleure.

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    Larue. Prononcez "Larou". Encore un vestige colonial qui tombe en ruine... Le goût de bière reste deux secondes en bouche avant de se transformer en eau. 

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    333. En vietnamien, on dit "ba-ba-ba". Même bu au Métropole, le palace d'Hanoï, c'est la cata. Aucun goût si ce n'est de l'eau. 

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    Hanoi Beer. Surtout bue... vers Hanoï ! Ce n'est pas mal du tout, un caractère trempé mais pas trop... C'est ce qu'on demande à une lager. On lui préfère Halida mais ça se joue à un cheveu.

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    Bia Saigon. Bu dans le centre du pays et vers... Saïgon (Hô Chi Minh ville) ! S'avère assez fine avec ses petits amers qui disparaissent malheureusement assez vite. En outre, elle est plutôt bon marché. Une bonne lager.

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    Quant à la Tiger, pas besoin de mettre une photo. Elle n'a rien dans la canette si ce n'est de la tristesse.

  • Un chef français possède 4 restaurants à Hanoï

    Didier Corlou est la personne incontournable pour qui s'intéresse aux restaurants à Hanoï. Il possède pas moins de 4 adresses : le restaurant gastronomique, un bar à vin, un vietnamien traditionnel et un autre un peu plus dans le vent. Je ne me suis arrêté que dans les deux derniers et c'était un régal. Frais, goûteux, pétillant, surtout en ce qui concerne la Porte d'Annam.

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    Mais cette impression qu'il a un peu trop tiré sur la corde m'ennuie. C'était bon certes, mais au Vietnam, en général on mange extrêmement bien partout. Donc ce n'est pas si extraordinaire non plus. 

    Un autre truc m'a mis la puce à l'oreille, me faisant douter de la qualité intrinsèque de la chose. Je m'en suis rendu compte en inspectant le poivre vendu dans la boutique en-dessous de La Verticale. Par exemple, le poivre blanc de Kampot (...venu du Cambodge). Grains de tailles différentes, parfois rachitiques, parfois noirs... Le tri n'est pas aussi contraignant que chez Olivier Roellinger, la qualité est bien moindre. Bref je ne sais plus quoi penser de notre homme.

  • Hanoï : le classicisme étriqué de la Badiane

    Quelle place pour une adresse gastronomique dans une ville tant marquée par la nourriture de rue ? La strite foude (en bon inegliche) est partout à Hanoï et elle est d'une grande qualité. Il faut donc trouver sa place quand on ouvre un restaurant en dur.

    Benjamin Rascalou, chef français passé par Taillevent avant d'ouvrir en 2008 La Badiane, s'est forgé une identité : une cuisine fusion, mêlant les traditions françaises et les produits vietnamiens. Forcément, cela a un coût bien plus élevé que la nourriture de rue, avec un menu relativement raisonnable à 12 euros le midi. Le soir, les prix s'envolent, avec la dégustation à 55 euros. Une somme faramineuse dans le pays. Le salaire minimum au Vietnam c'est 39 euros, et le salaire moyen c'est 91 euros selon le Moci. Ce n'est pas un resto pour le péquin vietnamien moyen.

    Et cela tombe bien, ce n'est sans doute pas l'idée des patrons. C'est un restaurant qui est souvent salué dans les guides touristiques, sur TripAdvisor (qui a un réel impact dans cette partie de l'Asie) ou par les expatriés. On l'aura compris, c'est un peu aseptisé. 

    Parlons plutôt des assiettes, des très belles entrées. Un genre de rouleau de printemps (ce que l'on appelle "nem frais" au Vietnam) au crabe. C'est beau, c'est bon.

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    Idem pour ces asperges de Dalat, il y a là une vraie recherche du produit local. Oui, on peut râler : les adresses sont un peu trop chiadées, un peu trop tape-à-l’œil, un peu trop "je-suis-un-cuistot-français-et-je-vais-vous-le-montrer"... C'est peu de le dire.

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    Autant les entrées ont convaincu, autant la suite est plus bancale. Ainsi cette brandade de crabe, avec trop de pommes de terre. On se tue à le répéter, il n'y a pas de patate dans la brandade, bordel ! Dans la bouche, pas d'étincelles.

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    Je passe totalement à côté des desserts. A moins que ce soit la cuisine qui soit totalement passée à côté des desserts... Même pour les glaces maison pourtant bien réussies dans d'autres restaurants de la ville.

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    Déjà l'intitulé "glace au mojito" aurait dû me faire fuir. Seulement, c'était l'un de mes premiers repas au Vietnam, le décalage horaire m'avait évidemment mis une torgnole... Un dessert affreux.

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    Le lieu est très agréable, car calme. Ici on oublie la folie pétaradante du centre-ville. Cela, couplé avec les bonnes entrées, suffit-il à venir déjeuner ici ? Franchement non. Il y a plein d'autres restaurants en ville.

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    La Badiane, 10 Nam Ngu street, Hoan Kiem, Hanoï, +84 (4) 39 42 45 09.

  • Vietnam : on boit quoi quand on mange du chien ?

    Thịt chó. C'est simple : pour savoir où manger du chien au Vietnam, il suffit de scruter les inscriptions des devantures des restaurants ou des stands des bouchers itinérants. Ou, encore plus simple, de jeter un coup d’œil sur les étals. 

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    Quelques précisions avant d'aller plus loin.
     
    Trouver du clébard à grailler à Hanoï n'est pas chose aisée. En 5 jours de balade, j'ai compté les points de vente sur les doigts d'une main et demi. Au Vietnam, on ne mange pas de chien à tous les coins de rue. On lui préfère poulets, poissons et surtout légumes.
     
    Le chien, c'est assez cher. Bien plus coûteux que le porc ou le poulet. Donc personne ne t'en glissera subrepticement dans des nems. En France, on ne te fourgue pas en douce du foie gras dans ton sandwich au pâté.
     
    C'est une viande calorique, consommée plutôt l'hiver. Et en général par les hommes. Les Vietnamiennes croisées ne semblent pas goûter ce mets. Soyons précis, ce n'est pas tant le chien qui les rebute que l'odeur de cette terrible sauce à la crevette fermentée accompagnant traditionnellement le chien.
     
    Ici on ne mange ton Médor chéri, ni celui du voisin mais des bêtes destinées à la consommation. A de rares exceptions près, comme toujours ; des cas de transmission de rage après la cuisine de viande de chiens errants existent. Ajoutons qu'il y a beaucoup à redire sur les conditions d'élevage des chiens au Vietnam, au point que des campagnes de boycott surgissent régulièrement. Un peu à l'image de ce qu'il se passe avec la viande de poulet ou de bœuf dans notre beau pays... 
     
    Cependant, manger du chien appartient à la culture de cette partie de l'Asie. A la fin de chaque mois lunaire, cela permettrait de chasser les mauvais esprits. Certains trouvent ces pratiques culinaires ignobles mais franchement, qui sommes-nous pour juger ?

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    Revenons à nos toutous. La scène se passe dans une maison d'hôtes derrière la gare d’Hanoï. La cuisinière vietnamienne esquisse un sourire et s'interroge. "Ah bon ? Vous voulez goûter du chien ? D'habitude les étrangers n'aiment pas ça du tout..." 
     
    Une voyageuse française en face de moi me prend carrément à partie. "Vous allez manger du chien ??? Bon, je ne vais plus vous adresser la parole... Vous vous rendez compte, le meilleur ami de l'homme !". Et le cheval, cette fameuse "plus noble conquête de l'homme", on en mange bien ? J'ai toujours pensé que la curiosité n'était pas un vilain défaut.  
     
    Quelques minutes plus tard, l'hôte arrive dans sa cuisine, un sac plastique bien rempli sous le bras. Une bonne dizaine d'euros pour 500 grammes de viande grillée. Pas donné pour un budget vietnamien.

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    Vendue avec la viande, la sauce à la crevette fermentée emporte tout sur son passage. Voilà une des choses les plus épouvantables qu'il m'ait été donné de respirer dans ma vie. On goûte, ça picote, on la mange pour faire comme les locaux mais le cœur n'y est pas. Et là, je parle bien de la sauce, pas de la viande.

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    Et la viande donc ? Voici quelques bouts de cuisse de chien.

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    Ensuite, quelques morceaux de poitrine de chien (assez carbonisée en vérité). Et sur la droite de l'assiette, du boudin de sang de chien mélangé à des haricots.

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    Verdict ? Franchement, c'est plutôt bon. L'odeur n'est pas trop forte, le goût navigue quelque part entre le bœuf et l'agneau, en plus tenace peut-être. La sauce à la crevette fermentée dénature la chose, on l'écarte rapidement. La cuisinière dit de croquer en même temps dans le blanc de la citronnelle pour accompagner la viande. Mais on aurait bien vu une salade verte à la place. 

    Le souci fondamental de cette expérience, c'est la cuisson. Grillée, la viande possède une mâche coriace. La cuisse, le meilleur morceau, aurait gagné à être braisée. Une bonne daube de chien, ça ne vous dit pas ? Le boudin s'avale sans souci même si le haricot est trop présent. Encore une fois, on mélange cette viande noble à un ingrédient qui l'est moins pour gagner en poids. 
     
    Et on boit quoi avec ça ? On aurait pu penser à un vin rouge avec du répondant. Un genre de rottweiler imposant sur ses quatre pattes. Un truc du Languedoc ou du Roussillon, bien élevé, sans macération carbonique. Allez, nous sommes à plus de 9000 kilomètres de ces régions, buvons local plutôt. Faisons comme les Vietnamiens qui aiment manger cette viande avec de l'alcool fort. 

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    On sert ce Rượu Táo Mèo, un "calvados vietnamien". Une aberration sémantique pour les Normands et les autres, d'où les guillemets. Littéralement, on parle de "vin de pomme-chat". Ces fruits, une variété de pommes sauvages provenant de la région de Sapa dans le nord montagneux, macèrent dans de l'alcool.

    A l'instar de la viande de chien, c'est, disons, agréable. Soyons honnêtes : on n'y reviendrait pas tous les jours non plus.

  • Le banh-mi vietnamien, la première petite claque de 2011

    C'est à peu près la seule chose que j'ai retenue de la lecture du nouveau magazine Fricote : l'adresse de cette petite gargote à la façade noire rue Volta. Pas d'enseigne, pas de nom, rien. Autour, quelques rues étroites forment le plus ancien quartier chinois de Paris de sinistre réputation question miam-miam.

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    Intérieur étroit et petit foutoir mais on s'y est très vite senti à l'aise. Le temps de commander le banh-mi.

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    Le banh-mi, c'est en quelque sorte le jambon-beurre vietnamien. Héritage colonial oblige, il est justement composé d'une demi baguette de pain taillée dans le sens de la longueur et remplie de concombre, carottes râpées, persil plat (ou coriandre ?) et de morceaux de viande (porc, poulet ou boeuf). Le tout arrosé d'une sauce bien brune, pimentée ou non.

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    On paye (4 à 5 euros pièce), on ressort et on croque. Petit moment d'extase. Point fondamental du sandwich : il faut que l'ingrédient principal, à savoir le pain, réponde présent. Ici, il est frais, d'il y a quelques heures. Une croûte croustillante et une mie moelleuse. Les carottes bien vinaigrées et le persil ne semblent pas avoir végété trop longtemps dans le frigo. Le porc est fondant, le concombre croquant et la sauce napante. Enfin de la street food excitante à Paris. Malgré le froid et le sandwich ingurgité, on se sent plus léger.

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    Le Banh-Mi, 7 rue Volta, 75 003 Paris.

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