Avertir le modérateur

volnay

  • Deux repas arrosés ce dimanche

    A midi, un coup de champagne classe. La dernière bouteille de Grande Sendrée 2000, la cuvée qui n'a jamais été aussi fine.

    IMG_3177.JPG

    Avec l'estomac de cochon farci, le saint-émilion naturel du Château Meylet année 1990. Un peu éteint au début mais qui se revigore par la suite, il devient un vin de grande classe, digeste et dégraissant. Le prototype du "vin fin", vocable qu'utilisaient à l'époque les bonnes épiceries.

    IMG_3181.JPG

    Question digestifs, on a sorti trois jolies et sacrées bouteilles. La poire de la distillerie Maucourt en Moselle (on en reparlera) et celle de chez Manguin à Avignon. Si désormais je connais bien la première, j'avoue que la seconde est une très belle surprise. Jamais entendu parler de Manguin malgré mes séjours dans ce coin de la France. C'est incroyablement fruité et acéré, sans avoir le feu de l'alcool. A côté, le roi du cognac, celui de la famille Estève toujours aussi caressant. 

    IMG_3182.JPG

    Le soir même, Thomas apporte un petit bourgogne qui coule vraiment très bien (bourgogne La Taupe 2008 de Hubert Chavy). Un cran au-dessus évidemment (mais pas de photo), ce fut le volnay 2007 de Rebourgeon-Mure qui me semble maintenant bien mûr.

    IMG_3185.JPG

    En guide de dessert, les pruneaux à l'armagnac de Dartigalongue dont j'ai expliqué ici la prouesse gustative, à base de vrai sirop, de vrai armagnac et de vrais pruneaux. Effectivement, ça change tout. Facilité du sucre, amerture du pruneau gorgé et acidité apportée par l'alcool : c'est incroyable...

    IMG_3187.JPG

  • Beaune : comment réussir un pique-nique ?

    Partez un lundi ensoleillé de septembre : un moment parfait. Tout le monde bosse sauf vous, les touristes ne sont pas légion et tout (ou presque) est ouvert. Faites un détour par le fromager Alain Hess.

    P1160563.JPG

    Léchez-vous les babines devant les vitrines.

    P1160564.JPG

    Choisissez sans crainte un délice de pommard, triple crème au lait de vache pasteurisé. Il a d'ailleurs été inventé ici par Alain Hess lui-même. Rappelez-vous, c'est ce que nous avions mangé la veille à l'Auberge bourguignonne ; il fallait absolument le goûter à nouveau. C'est celui à droite, avec le son de moutarde qui l'enveloppe. Un régal pour quelques euros. Demandez où acheter un bon pain dans le coin, la vendeuse vous l'indiquera.

    P1160566.JPG

    Louez un vélo chez l'un des deux loueurs de la ville : ils sont situés avenue du 8 septembre, vers la gare. Enfourchez la bête et direction la véloroute à travers le vignoble. Quelle belle idée que ces petits chemins balisés et sans voiture à travers les vignobles entre Beaune et Santenay...

    P1160567.JPG

    Cette géographie donne soif : Beaune, Pommard, Volnay, Meursault, Puligny, Chassagne. 35 kilomètres aller-retour. Bon, nous nous sommes arrêtés à Chassagne mais on peut continuer jusqu'à Santenay comme promis sur la brochure.

    P1160579.JPG

    Pédalez jusqu'au premier village : Pommard.

    P1160616.JPG

    Jetez un coup d'oeil à droite, vous venez de passer le Premier cru Les Epenots. Recueillez-vous un instant et pensez aux belles bouteilles qui vont sortir d'ici.

    P1160575.JPG

    Pédalez encore. Dépassez le village de Pommard. Là sur la route qui mène à Volnay, il faut bien l'avouer, ça monte un peu. Accrochez-vous. Pédalez toujours, on n'a rien sans rien. Et puis à un moment donné, mettons au faîte de la côte, arrêtez vous. Et retournez-vous de 90°. Logiquement, vous devriez découvrir un paysage qui ressemble à cela. C'est encore Pommard.

    P1160584.JPG

    Posez votre vélo sur le bas-côté. Ouvrez grand les yeux. Respirez. Envoyez rapidement quelques textos aux copains pour les faire saliver. Puis passez aux choses sérieuses. Déballez le casse-croûte. Posez le délice de pommard face au village de Pommard.

    P1160594.JPG

    Prenez un brin d'herbe et tendez-le bien : il va servir de couteau pour couper le fromage. Dégustez avec les doigts puisque vous avez oublié les couverts, toujours les yeux tournés vers Pommard. D'accord, vous avez aussi le droit de regarder Volnay sur votre droite.

    P1160601.JPG

    Dernier conseil. Surtout, ne faites pas comme nous : n'oubliez pas de ramener du vin. Même si on se dit : "ouais, on va être bourré sur le vélo, c'est dangereux et idiot". Pas faux. N'empêche que sans un pommard ou un volnay dans le verre, c'est ce pique-nique qui est un peu idiot.

  • La Crémerie : deux vins étincelants

    J'ai l'impression de mieux goûter les vins à la Crémerie plutôt que chez moi. Si j'achète une bouteille et que je la ramène à la maison, la dégustation ne sera pas aussi réussie. C'était le cas pour la Chute Derain, le pétillant naturel des Derain en Bourgogne : une fois à la maison, d'accord il est très bon. Mais mon souvenir du même vin bu à la Crémerie est plus vivace.

    J'ai un peu peur qu'il m'arrive un jour la même chose avec les deux bouteilles de ce soir. Thomas a eu beaucoup de chance : lui qui vient régulièrement à Paris (mais pas tout le temps non plus) est tombé sur un jour béni à la Crémerie.

    Un premier vin extra (une trentaine d'euros) : le savagnin 2000 d'Emmanuel Houillon-Pierre Overnoy. La bouteille avec le bouchon de cire jaune, puisque la cire beige c'est du chardonnay. Selon les infos, les dates diffèrent : quand Houillon a-t-il pris la suite d'Overnoy ? 1999 ? 2001 ? Bref... Ce vin est une vraie bombe. Puissante, indéfiniment longue : je l'avoue, j'ai vraiment eu un coup de coeur pour une complexité sans pareil. Elles sont vraiment rares les quilles comme ça. J'ai été subjugué, j'en viens même à me dire que jamais je n'avais goûté un vin blanc de cette classe.

    IMG_0457.JPG

    Il faut dire que j'adore le cépage savagnin. Ce n'est pas forcément le cas de tout le monde : ce côté oxydé ou passé déroute beaucoup. Peut-être aussi parce qu'il n'est pas réalisé avec tant de classe que cette bouteille-là. La particularité ? La technique de l'ouillage. J'avoue que je m'y perds un peu : une âme charitable saura sans doute m'aider. Ici, vu sa complexité et son goût surnaturel, je pense qu'il s'agit du savagnin non ouillé. Mais j'ai peut-être totalement tort... Je m'explique.

    Houillon-Overnoy font-ils des vins ouillés ou non ouillés ? Ou les deux ? Selon les infos que je recueille, Overnoy dit que pour lui, le chardonnay c'est forcément ouillé. Soit. Mais rien n'est précisé sur la bouteille. Peut-être que certaines années on fait du "ouillé" et d'autres du "non ouillé" ? Et le savagnin, on en trouverait des "non ouillés" mais aussi des "ouillés" durant plusieurs années. Ça se complique encore. Et surtout comment les reconnaître sur l'étiquette qui ne donne que peu d'indications ? Il y a bien un bon connaisseur du Jura qui pourra m'expliquer la chose...

    S'il est très important de savoir ce que l'on boit, il est aussi très important de le boire tout simplement. Et bien, ce savagnin avec la burrata et un morceau de comté, c'est le paradis.

    IMG_0458.JPG

    Thomas a eu beaucoup de chance avec le premier vin et pourtant il n'est pas comme moi, partisan absolu du savagnin. Il leur préfère les rouges de Bourgogne, on ne peut pas non plus lui donner tort. Et là, on a été servi. Je ne connaissais pas les vins de Catherine et Claude Maréchal, je m'en mords les doigts de ne pas en avoir bu avant. Même après le savagnin, le volnay a terrassé nos palais (une trentaine d'euros aussi, y a pas de surprise). Le parfum de la Bourgogne et l'aristocratie de Volnay dans la bouche. Un délice. A goûter absolument les autres cuvées moins célèbres, comme les chorey, savigny ou bourgogne générique.

    IMG_0459.JPG
    IMG_0462.JPG

    Pour l'accompagner, le seul plat chaud de la Crémerie, le tian de légumes. Préparé du jour avec les légumes du marché Saint-Germain tout proche, avant de confire plusieurs heures au four.

    IMG_0464.JPG

    Cette soirée-là, nous avions commencé avec le morgon 2009 de Lapierre puis un verre à l'Avant-Comptoir de Camdeborde avant d'atterrir à la Crémerie. Nous sommes rentrés à la maison en vélib, en sillonnant le centre de Paris. Sains et saufs.

    IMG_0470.JPG
    La Crémerie, ma planque.
  • Pommard : ça fleurit chez Rebourgeon-Mure

    Tout au fond de la cave du XVIIe, à la lueur d'une bougie, le cérémonial attise la curiosité. Les étiquettes des bouteilles sur la table aussi.

    IMG_9229.JPG

    A vrai dire, nous étions venus sur les conseil du suppléments Vins de Marianne, qui parle du simple bourgogne rouge produit ici comme d'un vin "au goût de pommard". Ce qualificatif qui semble tant alléchant que louche nous a décidé à vérifier par nous-même.

    IMG_9241.JPG

    L'accueil est cordial, les explications sont précises et teintées d'une bonne culture historique nécessaire en Bourgogne. Tout comme ses ancêtres qui cultivaient déjà la vigne il y a près de 500 ans, Daniel Rebourgeon-Mure chérit ses volnays et ses pommards.

    IMG_9237.JPG

    Encore une fois, on ne va pas se la jouer grand dégustateur et chercher le cuir de Russie après la pluie dans du jus de raisin fermenté. Mais juste quelques impressions.

    Le fameux bourgogne cuvée Maison-Dieu enveloppe la bouche. A un peu plus de 5 euros la bouteille, c'est effectivement un vin d'un grande tenue. On retrouve ce soin pour les "petites" cuvées dans le volnay villages qui nous a presque plus parlé que ses grands frères 1er crus. Le pommard 1er cru Grand Epenots mérite comme toute la gamme de rester un peu en cave, les beaunes étant encore plus en retrait. Mais lorsqu'on va les ouvrir, je m'attends à un festival...

    IMG_9240.JPG

    Ce qui m'attire ici aussi, c'est le souci de digestibilité de ces vins. Ils coulent de manière cohérente et évidente. Sans doute de grands bourgognes. A petit prix, car je n'ai rien vu qui dépasse la trentaine d'euros. Deux caisses m'ont été livrées à Metz, il faudra un peu attendre pour les dégustation. Tant mieux, le vin restera en cave et je ne manquerai pas d'en parler ici à chaque fois.

    IMG_9249.JPG
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu